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Rentrée morose en zone rurale

Avec des fenêtres derrière des grilles et cachées par des lattes en bois (vieilles tables) qui donnent sur une route poussiéreuse, l'école primaire de Ayoune El Assafir II offre une image de désolation. La muraille qui l'entoure, comportant des graffitis, semble crier à qui veut l'entendre de lui donner un coup de pinceau. La couleur verte d'origine a perdu son éclat et a viré au bleu clair. Au niveau d'un des angles de cette muraille, l'on trouve des sachets d'ordures et une inscription en noir on ne peut plus claire : «Ne jetez pas les ordures espèce d'animaux !» Cette école, parmi quatre autres, se trouve à Ayoune El Assafir, une commune située à 6 km à l'est de la ville de Batna et présente la particularité d'être éloignée de 17 km du siège de l'APC situé dans la localité de Sidi Maânser (ex-Laveran). Ayoune El Assafir, communément connue sous l'appellation «El Qaria», n'était à l'origine qu'un village agricole pour servir plus tard d'aire de recasement pour les habitants de bidonvilles qui peuplaient la périphérie de la ville de Batna. Donc, quatre écoles primaires qui portent chacune un numéro, de 1 à 4, puisqu'elles ne sont pas encore baptisées, et qui souffrent du manque d'eau, d'ailleurs l'eau est un problème dont souffrent tous les habitants de la localité. Le seul forage qui les dessert est très insuffisant. Pour en revenir à notre école n°2, nous sommes reçus par une gardienne, une femme d'un certain âge, un bâton de 50 cm dans la main qui, à peine les présentations faites, s'est mise à parler de la situation des agents recrutés dans le cadre du filet social ! «Moi, nous dit-elle, voilà dix ans que je travaille ici. Je ne touche que 5460 DA par mois, et depuis dix ans mon statut n'a pas changé.» Puis, fondant en larmes, elle ajoute : «J'ai deux orphelins à nourrir.» Notre tentative de prendre une photo d'une des classes a été vaine. L'instruction dans un environnement hostile L'instituteur nous a prié de ne pas photographier car, nous explique-t-il, le directeur est absent. Dans la cour, un jeune homme qui fait office de secrétaire du directeur, avenant mais très prudent, nous a renseigné quelque peu sur cette nouvelle rentrée. «Nous avons six divisions avec une moyenne de 35 élèves par classe», dit-il, tout en précisant que certaines sont plus ou moins surchargées. A côté du secrétaire, un enseignant, la cinquantaine, un tuyau de gaz butane entourant sa main. «Juste pour faire peur aux enfants», s'est-il justifié, comme si c'était évident, et, nostalgique, il verse dans le lyrisme : «Je me rappelle qu'avant on avait hâte que les vacances finissent pour revenir au travail. Aujourd'hui, c'est tout à fait le contraire, nous avons plutôt hâte que l'année scolaire finisse.» La cour où nous sommes arrive à peine à contenir le nombre des élèves et c'est là qu'ils pratiquent leurs séances de sport ! Les classes sont ainsi «coincées» entre les bruits de la route et ceux des enfants qui font du sport. Mais comment les contraindre au silence ! L'absence du directeur est justifiée par une réunion avec le P/APC au sujet des cantines scolaires. La deuxième école, gérée par une directrice nouvellement installée, nous n'avons pas eu le droit de la visiter ni encore moins de prendre des photos. La responsable n'a pas cru utile de nous recevoir dans son bureau. Du seuil, elle nous exige une autorisation de la direction de l'éducation. Ce qui ne s'explique pas du tout, sachant qu'il s'agit d'une école publique, et qui n'est nullement tenue au secret. Nous rebroussons chemin pour rejoindre une troisième école où nous sommes reçus avec beaucoup d'égards par le personnel en l'absence du directeur. Ce dernier, de retour quelque peu après, s'est montré disponible pour nous renseigner sur son école. Celle-ci, très propre, contrairement à la première, est entourée d'une muraille. La cour est bordée de plantes, bien aménagée, peinte en vert avec des tracés blancs pour terrain de basket-ball, de handball et de lancer de poids. Les salles de classe sont bien aménagées, proprettes, devant sûrement donner l'envie aux potaches d'apprendre. Mais le souci majeur c'est l'eau. Le directeur donnera l'ordre au gardien, en notre présence, de fermer les robinets et de ne les rouvrir qu'une fois les résultats de l'analyse connus. «Nous utilisons une bâche à eau et nous prélevons des échantillons pour analyse au quotidien. Les enfants sont fragiles et nous ne voulons pas prendre le risque d'une quelconque contamination», nous explique-t-il. L'autre aspect soulevé par le responsable est celui de la gestion. En effet, les écoles primaires sont gérées par les APC et elles sont mal gérées. D'abord, elles sont mal conçues, avec une architecture qui ne tient pas compte de l'enfant ; ainsi l'on se retrouve dans des blocs en béton, lorsque ce n'est pas du parpaing, à angles droits, et donnant, pour la plupart, directement sur la route. Les cours sont généralement nues, sans préau et poussiéreuses. En plus des quatre écoles primaires, Ayoune El Assafir possède un CEM et le lycée programmé pour cette rentrée est encore, à ce jour, en chantier. Selon les informations recueillies sur place, «ce sont les dernières retouches, il sera inauguré cette semaine».     

El Watan

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