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La police tunisienne travaille avec un nouvel état d'esprit qui diffère de celui d'avant la révolution, basé sur la répression. La déclaration est du commissaire supérieur adjoint du chef du bureau central national d'Interpol à Tunis, Riad Rekik, qui, dans cet entretien, évoque les relations entre les services de police tunisiens et leurs homologues algériens, mais aussi la situation dans son pays.   - Votre participation à cette conférence, au moment où la Tunisie traverse une situation sécuritaire difficile, sera-t-elle bénéfique pour la lutte contre le terrorisme ?   Vous la qualifiez de difficile, moi je vois le contraire. Elle n'est pas du tout difficile. Nous sommes en train d'aller de mieux en mieux. C'est vrai, il y a une activité politique et sociale assez intense.   - Mais aussi terroriste...   J'y arrive. Tous ces mouvements sont tout à fait ordinaires dans une situation de transition. Bien sûr, les groupes terroristes vont profiter de ce désordre politique et social pour commettre des actions. Mais nous sommes en mesure de leur faire face et, avec l'aide de nos collègues algériens qui sont de l'autre côté de la frontière et font très bien leur travail, nous sommes capables de neutraliser la menace. Je ne dirais pas que nous sommes en face d'une crise sécuritaire, mais plutôt d'une problématique qu'il faudra cerner.   - Ne craignez-vous pas une dégradation de la situation, notamment avec la prolifération des armes et la recrudescence de la violence islamiste en Libye ?   La coopération en matière de sécurité est intense entre les autres services de sécurité des pays de la région. Dans mon domaine, qui est la coopération policière, il y a une bonne coordination entre les services de police, mais aussi dans les domaines de l'entraide judiciaire en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Vous savez qu'au niveau des frontières, ce sont les militaires qui assurent la sécurité et ils travaillent en coordination avec leurs homologues des pays de la région pour en assurer la sécurité.   - Pour un chef de police, qu'est-ce qui est difficile : faire face à un bouleversement socio-politique ou à une situation explosive au niveau des frontières où la décision doit être prise en concertation avec les pays concernés ?   Vous savez, aujourd'hui, le policier tunisien travaille avec un nouvel esprit. Les manifestations, toute la contestation sociale ou politique ne nous concernent plus. Notre seul souci est de préserver l'ordre public. Les gens sont libres de s'exprimer et notre devoir est d'assurer leur sécurité. Pour nous, c'est nouveau parce qu'avant, il y avait uniquement l'esprit de répression. Tout était réprimé, y compris l'idée de  manifester. Ce qui est difficile, c'est de faire face à des mouvements armés qui s'infiltrent parmi les manifestants pour passer à l'action violente. Et il est vrai aussi que lorsque le danger vient des frontières, la situation devient encore plus difficile et plus complexe.   - Comment voyez-vous aujourd'hui la coopération avec l'Algérie ?   La coopération avec l'Algérie a de tout temps été excellente. Elle reflète l'histoire assez particulière qui lie nos deux pays. Ce n'est pas parce qu'il y a eu la révolution qu'elle doit changer. Entre les services de sécurité algériens et tunisiens, les relations ont de tout temps été bonnes.   - Certains politiques tunisiens ont déclaré que les groupes terroristes qui activent en Tunisie venaient d'Algérie et ont accusé les autorités sécuritaires d'avoir fermé les yeux sur leurs mouvements. Qu'en pensez-vous ?   Ce sont des allégations sans fondements. L'Algérie est un pays responsable. Jamais elle ne fermerait les yeux sur le passage de groupes terroristes vers la Tunisie. C'est impensable. Nous connaissons les principes de l'Algérie, nous avons vu comment elle a fait face à une immense opération terroriste contre ses installations au sud du pays. Nous savons aussi qu'il y a eu des mouvements militaires au niveau de la frontière avec le Mali, pour empêcher les groupes terroristes de s'échapper pour aller se réfugier en Algérie, en Tunisie ou ailleurs.   - Y a-t-il eu des opérations antiterroristes ou contre la criminalité organisée coordonnées entre les services de sécurité algériens et tunisiens ?   Il y a eu une coopération, mais pas des opérations communes proprement dites. Cependant, je peux vous dire qu'avec le chef du bureau central national d'Interpol d'Algérie, j'ai eu de longues discussions et des échanges très fructueux. D'ailleurs, nous sommes en train de préparer quelque chose de très important pour les jours à venir.   - Une opération commune ?   Je ne peux en dire plus...  

El Watan

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