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Le Congo ira en cassation face aux descendants de Savorgnan de Brazza

Le Congo va se pourvoir en cassation contre l'ordre qui lui a été donné par la justice française de rendre la dépouille de Pierre Savorgnan de Brazza aux descendants de l'explorateur, réinhumé en grande pompe à Brazzaville en 2006, a annoncé vendredi à l'AFP son avocat.

"Nous allons conseiller à notre client de former un pourvoi en cassation", a déclaré à l'AFP l'avocat du Congo, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Explorateur qualifié d'"humaniste" par ses admirateurs, Savorgnan de Brazza (1852-1905), Français d'origine italienne, avait en 1880 permis à la France de prendre possession du Congo à la faveur d'un traité de paix conclu avec le roi Makoko Iloo Ier.

Sa dépouille avait été ramenée d'Alger à Brazzaville en octobre 2006 et réinhumée dans un imposant mausolée de marbre et de verre sur les bords du fleuve Congo. Cette réinhumation est aujourd'hui au coeur d'une bataille juridique entre le Congo et des descendants italiens de l'explorateur.

Sensibles à la revendication de certains Congolais de voir l'explorateur réinhumé à Mbé -ville située à 150 km de Brazzaville- près de son "ami" le roi Makoko, les descendants de Savorgnan de Brazza s'étaient finalement résolus à signer en septembre 2006 à Rome un protocole d'accord avec les autorités congolaises, qui souhaitaient l'inhumer à Brazzaville.

Ils acceptaient cette dernière option en contrepartie d'une série d'engagements du Congo, notamment pour développer la région de Mbé.

Estimant que Brazzaville n'avait pas respecté ses promesses, et dénonçant une "instrumentalisation politique" de la mémoire de leur ancêtre, ses descendants ont rapidement saisi la justice française qui les a déboutés en première instance en 2011.

La cour d'appel de Paris leur a cependant donné raison mercredi, ordonnant la restitution aux descendants des restes mortuaires dans un délai de trois mois.

"Il y a eu une dénaturation du protocole par la cour d'appel", a estimé  vendredi Me Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Cette convention mentionnait selon lui une dizaine de conditions. "Son annulation n'était envisageable que si l'ensemble de ses prescriptions n'était pas respectée", a ajouté l'avocat du Congo.

"On peut en outre se poser la question de savoir si Savorgnan de Brazza, qui se considérait français, aurait envie d'être enterré en Italie", a-t-il relevé.

 

AFP

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