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Centrafrique: Djotodia annonce la dissolution de la coalition Séléka

Le président de transition centrafricain Michel Djotodia a annoncé vendredi la dissolution immédiate de la coalition Séléka, groupe hétéroclite de rébellions et de groupes armés qui l'a porté au pouvoir, sans fournir aucune explication sur la manière dont il comptait neutraliser les ex-rebelles.

"A compter de ce jour, la coalition rebelle Séléka et la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP, rébellion dont une faction est alliée au Séléka) n'existent plus. Elles sont dissoutes", a déclaré en langue nationale sango M. Djotodia à l'issue d'une réunion au palais présidentiel à Bangui consacrée à la crise dans son pays.

"Tous ceux qui vont continuer à se réclamer de ces entités seront considérés comme des bandits", a-t-il ajouté sans autre précision.

Selon une source proche de la présidence, des textes précisant cette décision devraient être publiés prochainement.

Dans un pays où tout l'appareil d'Etat - déjà vacillant auparavant - a quasiment disparu depuis le renversement du président François Bozizé le 24 mars, la tâche s'annonce herculéenne pour les forces de sécurité - police, gendarmerie, unités éparses de l'armée - encore opérationnelles.

La coalition Séléka compte environ 25.000 combattants, dont 20.000 ralliés "de la dernière heure" au moment de la prise de Bangui le 24 mars, selon des estimations récentes du nouveau régime.

Nombre de ces hommes n'obéissent qu'à leurs chefs directs, qui se sont taillés des fiefs en province et à Bangui, comme ont pu le constater des journalistes de l'AFP.

Des combattants - "incontrôlés" selon les autorités - sont accusés de multiples exactions, de violences et de pillages à répétition contre la population.

M. Djotodia a déjà ordonné publiquement à plusieurs reprises leur désarmement et leur cantonnement.

Effets d'annonce

A Bangui, il a même interdit aux combattants de l'ex-rébellion de participer à toute opération de maintien de l'ordre, après un ratissage le 20 août dans un quartier contre de présumés partisans du général Bozizé qui avait fait 11 morts et s'était accompagné de pillages et d'incendies d'habitations.

Jusqu'à présent, ces annonces ont eu peu de résultats, même si les observateurs ont noté une légère amélioration de la situation dans la capitale. Ce n'est pas le cas en province comme en témoignent les derniers affrontements dimanche et lundi autour de Bossangoa (250 km au nord-ouest de Bangui).

Ces heurts entre forces du nouveau régime et partisans du général Bozizé ont fait près de 100 morts dimanche et lundi, selon un bilan non définitif fourni mercredi par la présidence. M. Djotodia a cependant assuré vendredi qu'il "n'y avait pas eu de combats".

"Il n'y a eu aucun combat dans la région de Bossangoa", a-t-il déclaré, ajoutant: "les assaillants sont plutôt venus avec un objectif précis: s'en prendre à un groupe donné de la population et faire des civils des boucliers humains en cas de riposte des forces de défense et de sécurité".

Selon l'ONG Médecins sans frontières (MSF), des "atrocités ont été commises par les deux parties au conflit". MSF a également dénoncé mercredi la "réthorique sectaire incendiaire" de certains combattants.

Selon la présidence, les partisans de l'ex-président s'en sont pris aux habitants de confession musulmane. Michel Djotodia est le premier président musulman d'un pays très majoritairement chrétien.

"Des familles de confession musulmane ont été massacrées, des maisons et des greniers incendiés, poussant la population civile à fuir, pour se refugier en brousse. En représailles, des personnes innocentes ont été tuées", s'est insurgé mercredi le Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

Ces affrontements ont encore aggravé une situation humanitaire et sécuritaire déjà chaotique dans le pays depuis la prise du pouvoir par le Séléka.

AFP

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