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Objet de critiques depuis sa nomination Les confidences de Sidiki Kaba

Certaines nominations dans le tout nouveau gouvernement dirigé par Mimi Touré, ont suscité de vives polémiques. Celle de Sidiki Kaba, au Ministère de la Justice, en a irrité plus d'un, l'avocat a subi les foudres de détracteurs, à travers la presse, pour avoir défendu, en 2009, une position favorable à la dépénalisation de l'homosexualité. Le tout nouveau Garde des Sceaux dit ne point être ébranlé. Il s'en est ouvert à ses proches.

«Je ne suis nullement ébranlé par les critiques portées à mon endroit, aussitôt après le choix porté sur ma personne, pour remplacer l'actuel Premier ministre à la Justice. Ma position en 2009, sur la question de l'homosexualité, était celle d'un militant, avocat des Droits humains, à la tête d'une des plus prestigieuses organisations de défense de droits de l'Homme, en l'occurrence, la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh). N'étant plus dans la même posture, je suis aujourd'hui en phase avec le chef de l'Etat, sur cette question précise», a confié Me Sidiki Kaba à ses proches. Répondant à certains de ses détracteurs, le Garde des Sceaux indique : «J'ai accepté ce poste, dans le seul but de servir mon pays, après de loyaux services, des années durant, dans les organisations internationales. Il ne s'est pas agi pour moi, de se faire une autre vie. J'ai eu, entre autres, à soutenir Alassane Ouattara et Alpha Kondé, tous devenus aujourd'hui, Présidents dans leurs pays respectifs : la Côté d'Ivoire et la Guinée-Conakry». Originaire de la partie orientale du pays, Me Sidiki Kaba, le premier fils de la localité à entrer dans un gouvernement, après l'accession de Macky Sall à la magistrature suprême, sera fêté ce samedi à Tambacounda. A la tête d'une forte délégation, sans compter celle du gouvernement, le discours du tout nouveau ministre est fort attendu par les populations de son terroir dépourvu de tout.

Levée de boucliers

Pour avoir défendu la dépénalisation de l'homosexualité, Jamra estime que Me Sidiki Kaba, nommé ministre de la Justice, doit démissionner. «Au lendemain du scandaleux mariage homosexuel de Mbao, à l'occasion duquel neuf homosexuels avaient été interpellés par la Police, en décembre 2008, aux termes de l'article 319 du Code pénal sénégalais qui condamne les unions contre-nature, Me Sidiki Kaba s'était distingué dans une célèbre déclaration désapprouvant ces interpellations, tout en réaffirmant sa position favorable à la légalisation des unions contre-nature», ont protesté les membres de l'Ong. Le tout nouveau Garde des Sceaux a aussi mis l'avocat de Hissène Habré, Me François Serres, dans tous ses états. Ce dernier lui reproche d'avoir tenu ces propos : «l'Afrique a la capacité de juger ses bourreaux sur son propre continent.» Dans une de ses sorties dans la presse, l'avocat inscrit au barreau de Paris exige «la démission sans délai de Me Kaba qui est le bourreau des droits de la défense.» Et c'est après lui avoir reproché de «violer la présomption d'innocence de son client».

«Une aubaine pour la Justice»

Contrairement à Me Serres, Mme le magistrat Aissata Raby Wane, présidente de la cour d'appel de Ziguinchor, est d'un tout autre avis. «Je salue l'arrivée de Me Sidiki Kaba à la tête du ministère de la Justice. C'est une aubaine pour le Sénégal et notre Justice. C'est un excellent juriste, un éminent avocat des Droits humains qui force l'admiration. Il voue un grand respect aux magistrats et à la Justice. Il tient au respect des institutions comme à la prunelle de ses yeux. En tant qu'avocat et militants des Droits humains, il a toujours assumé sa mission avec la plus grande responsabilité. C'est un patriote qui a répondu à l'appel de son pays. C'est un homme du sérail qui va réussir sa mission, parce que Sidiki Kaba a toujours fait de son travail un sacerdoce, il connait et maitrise le droit et les hommes qui animent la justice sénégalaise. Et je parle en connaissance de cause, pour avoir travaillé à ses côtés. Il s'est toujours battu pour le principe de la compétence internationale, pour que les crimes contre l'humanité ne soient plus prescrits. C'est un homme qui vient à son heure, car maitrisant les arcanes de la Justice», disait-elle dans une interview accordée à Rewmi Quotidien.

Sekou Dianko DIATTA





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