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Mali:

Sitôt dit, sitôt fait! Euh… sitôt en train d'être fait. Bon, il faut encore attendre que les actes tiennent la promesse de la parole, mais IBK veut décidément aller vite avec le chantier de la réconciliation du Mali, qui tente de tourner au mieux la page de la longue crise militaro-politique qui a divisé le pays pendant 18 mois.

 

 

«Je serai le président de la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est nécessaire pour faire face aux exigences légitimes de notre peuple.» Dixit Ibrahim Boubacar Kéita – IBK pour faire cool -, porté à la tête de l'Etat malien à l'issue du second tour de l'élection présidentielle du 11 août dernier avec 77,62% des voix. Un «réconciliation man» qui veut se dévouer en priorité au «rassemblement de tous les Maliens et de toutes les Maliennes sans exclusive aucune, autour des idéaux de paix et de tolérance». Et qui, en plus, place son action au palais de Koulouba sous le signe de la «reconstruction d'un Etat de droit», du «redressement de l'armée et de l'école», de la «lutte contre la corruption» et du «développement économique et social».

 
Et pour bien montrer qu'il ne blague pas avec cette affaire de réconciliation, IBK, 68 ans, qui connaît le Mali comme sa poche – il fut Premier ministre et président de l'Assemblée nationale -, a carrément dédié un département ministériel à cette cause. Et c'est Cheick Oumar Diarrah qui s'y colle, en qualité de ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, dans ce tout premier gouvernement que dirige Oumar Tatam Ly, nommé le 5 septembre 2013. Diplomate chevronné, Cheick Oumar Diarrah doit donc opérationnaliser le désir de réconciliation des Maliens en le mettant en adéquation avec la volonté du chef de l'Etat, tout en prenant en compte les sensibilités des groupes du Nord, notamment des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

 
Quand on sait que ces derniers réclament, faute d'une indépendance pure et simple, l'autonomie du Nord, on peut légitimement se demander s'ils s'insèreront dans ce creuset ministériel de «développement du Nord». D'autant qu'ils ont déjà l'½il rivé au calendrier, attendant les nouvelles négociations qui doivent s'ouvrir avec eux dans le cadre des Accords de Ouagadougou du 18 juin dernier.

 
Aux termes de ces accords, en effet, les deux parties devraient reprendre langue 60 jours après la formation de l'exécutif issu de l'élection présidentielle. Le tout nouveau gouvernement a donc deux mois pour plancher sur cette rencontre, attendue avec espoir et appréhension.

 
En tout cas, les leaders et cadres de l'Azawad, eux, se préparent activement. Ceux du Gourma ont ainsi tenu, lundi dernier à Ouagadougou, une réunion de concertation afin de parler d'une seule et même voix au cours des «dialogues inclusifs» à venir. Le secrétaire général du mouvement, Bilal Ag Achérif, a indiqué qu'«il est important pour les populations de l'Azawad de discuter de leurs problèmes internes, de s'assurer de leur futur et de travailler ensemble pour faire face à ce qui est important pour elles».

 
Du point de vue de ses responsables, l'Union des communautés de l'Azawad est une «nécessité» aujourd'hui. Aussi, le secrétaire général du mouvement, également président du Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad (CTEA), tout en souhaitant bonne chance au nouveau gouvernement malien et au président IBK, l'encourage-t-il à «trouver des solutions pour le Mali, pour l'Azawad et pour les deux peuples afin qu'ils vivent dans la paix».
C'est sûr, «réconciliation man» a du grain au moulin de la réconciliation.

 

Source: journaldujeudi.com/ 13 septembre 2013

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