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Hôpital Beni Messous à Alger, 26 septembre 2008 / REUTERS
Hôpital Beni Messous à Alger, 26 septembre 2008 / REUTERS

Algérie: Il faut soigner l'hôpital en urgence

Dans les hôpitaux publics, la qualité et l'accessibilité des soins ne sont pas au rendez-vous.

Le système de santé algérien est censé être gratuit et accessible à tous. Pourtant tous ceux qui en ont les moyens se font soigner à l’étranger (tel un certain président Bouteflika…) ou dans des structures privées. El Watan livre le diagnostic de ce secteur défaillant.

La constitution algérienne, dans son article 54, «garantit la protection de la santé pour tous les citoyens». Mais dans les hôpitaux publics,  il n’est parfois même pas possible d’obtenir un lit décent, explique le quotidien. Les médecins déplorent le manque de matériel, la pénurie de médicaments… Ils sont nombreux à quitter le pays pour des lieux où ils pourront exercer dans de meilleures conditions.

Sur les 28.000 malades du cancer qui nécessitent une radiothérapie, ils sont seulement 8.000 à y avoir accès chaque année. Et encore, nuance le site, ces patients devront attendre 2014 ou 2015 pour décrocher un rendez-vous.

Exploits médicaux et gratuité

Pourtant, après l’indépendance, le système médical algérien réalise des exploits dans le domaine de la santé en éradiquant de nombreuses maladies infectieuses telles que la typhoïde. Les réseaux de soins mis en place par la puissance coloniale française sont remis sur pied dans les années 1960, d’après le professeur Farid Chaoui, interrogé par El Watan.

En 1973, le gouvernement de Boumediene instaure la médecine gratuite et la totalité du peuple algérien peut alors bénéficier d’une couverture médicale, note le journal. Mais ce choix idéologique «n’a toutefois pas résisté à l’importante explosion démographique qui suivra». Dans les centre de santé public, les soins ne sont pas toujours accessibles à cause de l’affluence et leur qualité s’en ressent fortement.

Un secteur sous perfusion

Le spécialiste sollicité par le journal dénonce aussi deux effets pervers de cette nationalisation du système médical. D’après Farid Chaoui, l’Etat ne supporte que 30% des dépenses de santé publique, le reste étant financé à hauteur de 10% par les cotisations directes des ménages algériens et à 60% par la Sécurité sociale. Les réserves de la Sécurité sociale ont donc été «siphonnées» par l’Etat, déplore le médecin.

Enfin, l’expert accuse aussi «une destruction du système d’information». Avant l’ère de la gratuité, les professionnels de médecine étaient payés à l’acte effectué, rappelle-t-il. Chaque malade, chaque pathologie étaient donc enregistrés. A partir des informations collectées, le ministère de la Santé pouvait donc évaluer les besoins de santé des populations et les difficultés rencontrées sur le terrain pour construire des programmes adaptés, explique le médecin.

Aujourd’hui, ce système d’information n’existe plus et le secteur de la santé en Algérie peine à s’adapter aux besoins des patients, conclut El Watan.

Lu sur El Watan

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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