mis à jour le

Bourse de Casablanca : Les valeurs qui défient la baisse

Cela fera bientôt 6 ans que le Bourse de Casablanca tangue sous l'effet de la crise, de la désaffection des investisseurs, du manque de papier neuf de qualité et, depuis peu, de la baisse des résultats des sociétés cotées au niveau de la place. En conséquence, et hormis la parenthèse de 2010 qui avait vu la place enregistrer des opérations stratégiques majeures avec les sorties des holdings ONA et SNI de la corbeille casablancaise, qui lui avaient ainsi assuré un semblant de reprise, celle-ci n'a cumulé que des pertes depuis 2008. Ainsi, depuis fin décembre 2007, le MASI et le MADEX, les deux principaux baromètres de la place, accusent des pertes respectives de -33,43 % à 8 450,59 points et -34,41 % à 6 863,22 points. Et, selon les projections de plusieurs analystes, la tendance baissière ne devrait pas s'inverser d'ici la fin de l'année. En tout cas, la morosité de la conjoncture et les premières publications de résultats semestrielles ne plaident pas en faveur du marché, même si aujourd'hui le niveau de valorisation de la place est jugé relativement correct.

Dans ce contexte baissier, il faut souligner tout de même que certaines valeurs affichent une forte résilience au niveau de la place en continuant à afficher des performances boursières positives. Mais, à y regarder de près, on note que globalement, les valeurs qui ont montré une plus grande résistance face à la baisse du marché sont celles du secteur agroalimentaire, globalement liées à la consommation des ménages. Ainsi, les cours de Cosumar, Unimer, Centrale Laitière et Cartier Saada réalisent des performances positives depuis le début de l'année, avec des gains annuels respectives de 21,64 % à 1 900 dirhams, 11,18 % à 189 dirhams, 1,67 % à 1 401 dirhams et 11,56 % à 19,5 dirhams après avoir réaliser des performances boursières en 2012 de respectivement 9,87 %, 5,0 %, 6,95 % et 8,7 %. Mieux, depuis l'avènement de la crise, en 2008, les cours de Centrale Laitière, Cosumar, Unimer et Cartier Saada accumulent des performances respectives de 122,38 %, 122,22 %, 102,36 % et 4,95 %.

 

L'agroalimentaire

Les explications qui peuvent être avancées pour justifier le comportement de ces valeurs sont nombreuses. D'abord, globalement, ces valeurs sont moins exposées à la conjoncture économique actuelle. En effet, le secteur de la consommation demeure l'un des moteurs de la croissance économique et les ménages ne rognent, en général, qu'en dernier ressort sur leur budget de consommation. Ensuite, ces entreprises exercent dans des secteurs où même si la concurrence est existe, la structure des marchés demeure oligopolistique. Cette situation assure une certaine rentabilité aux acteurs du marché. En outre, ces opérateurs maintiennent globalement une rémunération correcte de leurs actionnaires via des distributions de dividendes qui prennent une importance cruciale durant les périodes de recul des cours boursiers. Enfin, il faut aussi souligner que les cours des valeurs Centrale Laitière et Cosumar ont bénéficié de l'impact positif des offres publiques d'achat initiées par les groupe Danone et Wilmar Sugar Holding, qui ont acquis une partie des participations de la SNI dans ces filiales.

Outre les valeurs du secteur agroalimentaire, on note aussi que le titre Label'Vie s'est bien comportée depuis le début de l'année avec un gain annuel de 7,46 % à 1 440 dirhams, après avoir réalisé un réalisé une performance positive de 4,35 % en 2012 et cumule un gain de 25,87 % depuis 2008. Outre le fait que ce leader de la grande distribution bénéficie de la dynamique de la consommation des ménages, l'action a aussi bénéficié des retombées liées à l'opération stratégique d'acquisition de la chaîne Metro Maroc.

 

Les minières, effet cyclique

L'investissement boursier étant un investissement à moyen et long terme, comme souhaitent le répéter les gérants de portefeuille, on notera que sur une période longue, certaines valeurs cycliques réalisent les meilleures performances du marché. C'est le cas des minières dont le début de la crise actuelle a coïncidé avec un nouveau cycle haussier impulsé par la forte demande de métaux des pays émergents, la Chine en tête. Ainsi, sur le moyen et long terme (2008-2013), on notera le bon comportement des valeurs cycliques comme les minières. Si globalement celles-ci affichent actuellement grise mine sous l'effet de ce qui ressemble fort à un début de retournement de conjoncture après la flambée des cours des matières premières au cours de ces dernières années, elles affichent les meilleures performances du marché sur la période 2008-2013. En effet, SMI, Managem et CMT affichent des performances boursières respectives de 528,60 %, 151,73 % et 139,80 %. Au-delà du rétablissement des résultats financiers des minières sous l'effet de l'évolution favorable des cours des métaux, il faut aussi souligner que ces performances, notamment en ce qui concerne Managem et SMI, s'expliquent aussi par un effet de rattrapage après plusieurs exercices difficiles qui ont vu les cours de ces valeurs chuter inexorablement avant la crise actuelle.

D'autres valeurs se sont aussi bien comportées sur le moyen et long terme. C'est le cas de la BCP et d'Afriquia Gaz qui affichent de bonnes résistances au cours de ces deux dernières années, comparativement à l'évolution du marché, tout en affichant un gain cumulé depuis le début de la crise de respectivement, en 2008, 65,29 % et 47,66 %.

C'est dire que même durant cette période de baisse généralisée au niveau du marché, il y a des valeurs qui ont permis aux investisseurs de réaliser de bonnes performances boursières. Partant du fait que les performances du passé n'assure en rien celles de l'avenir, les investisseurs qui souhaitent s'impliquer sur le marché doivent savoir anticiper sur les valeurs qui profiteront davantage de la reprise éventuelle du marché boursier. Outre celles dont les cours ont fortement baissé du fait de la conjoncture et dont certaines peuvent bénéficier d'un effet de rattrapage, il faudra aussi savoir miser sur les valeurs qui profiteront du nouveau cycle de croissance qui se profile à l'horizon, sachant que, comme le dit le dicton, «après la pluie c'est le beau temps»

Moussa Diop

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Peinture : Patrick Jolivet  Le Maroc renforce ses capacités de production en énergie solaire  Plus de 51.000 bénéficiaires de l’Initiative royale “Un million de cartables” 

bourse

AFP

Afrique du Sud: la bourse de Johannesburg est-elle toujours aux mains des Blancs ?

Afrique du Sud: la bourse de Johannesburg est-elle toujours aux mains des Blancs ?

AFP

Afrique du Sud: la bourse est-elle toujours aux mains des Blancs?

Afrique du Sud: la bourse est-elle toujours aux mains des Blancs?

La rédaction

8 sociétés publiques et des investisseurs étrangers pour réveiller la Bourse d’Alger

8 sociétés publiques et des investisseurs étrangers pour réveiller la Bourse d’Alger

Casablanca

AFP

Foot: John Toshack démis de ses fonctions au Wydad Casablanca

Foot: John Toshack démis de ses fonctions au Wydad Casablanca

AFP

Maroc: un mort, 19 blessés dans l'effondrement d'un immeuble

Maroc: un mort, 19 blessés dans l'effondrement d'un immeuble

AFP

Un pan d'un hôtel historique de Casablanca s'effondre: un mort, deux blessés

Un pan d'un hôtel historique de Casablanca s'effondre: un mort, deux blessés

valeurs

AFP

Hollande: nous allons "marcher pour les valeurs que la Tunisie représente"

Hollande: nous allons "marcher pour les valeurs que la Tunisie représente"

AFP

Mondial-2014: l'Afrique envoie ses valeurs sûres

Mondial-2014: l'Afrique envoie ses valeurs sûres

salsabil chellali

La “Une” islamophobe de Valeurs Actuelles qui s’inquiète de la naturalisation des musulmans de France

La “Une” islamophobe de Valeurs Actuelles qui s’inquiète de la naturalisation des musulmans de France