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Au lendemain de la suspension des deux journaux de Hichem Aboud, Mon journal et Djaridati, «sur ordre venu d'en haut», selon le directeur général par intérim des deux éditions, Sami Si Youcef, qui cite les propos du directeur de l'imprimerie, SIA, lors du point de presse animée hier au siège du journal à Kouba, par l'avocat du directeur de la publication, Khaled Berghel. Les deux autres membres du comité de défense de Hichem Aboud, à savoir maîtres Ahmed Adimi et Ammar Khebaba, n'étaient pas présents «pour des raisons personnelles», dit-on. C'est Sami Si Youcef qui introduit le débat en s'interrogeant sur la décision de la SIA, qui a pourtant signé un échéancier avec Aboud Info pour le payement de la dette des deux journaux qui s'élève seulement à 4 milliards de centimes. Le responsable de l'imprimerie n'a envoyé, précise-t-il, aucune décision écrite au journal. C'est clair, Mon journal et Djaridati, ont été empêchés de parution pour des raisons autres que commerciales, puisque les deux parties ont dûment signé un échéancier de paiement. Le problème, c'est en fait la ligne éditoriale du journal qui a publié plusieurs enquêtes sur la corruption impliquant des responsables du pays. Pas seulement ! Ce qui n'a pas plu en haut lieu, c'est aussi la publication des articles sur la santé du président Bouteflika et sur son frère conseiller, Saïd, auquel les deux éditions de Hichem Aboud ont consacré plusieurs écrits. Maître Berghel, qui a animé la conférence de presse, a qualifié «d'inutile» la cabale dont fait l'objet Hichem Aboud qui a été obligé et poussé à saisir les instances onusiennes des droits de l'homme actuellement en réunion en Suisse. «Je regrette que le journaliste ait porté plainte contre l'Etat algérien qui aurait pu faire l'économie de cette mauvaise publicité au niveau international», ajoute le conférencier expliquant que le directeur de Mon journal n'avait pas d'autre recours, puisqu'il a épuisé toutes les voies en saisissant même le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui n'a jamais répondu. Selon maître Berghel, Aboud Hichem s'est plaint des pressions exercées sur lui par une partie de l'administration. Ses lettres sont restées sans suite. Et c'est la raison pour laquelle il a saisi la Commission des droits de l'homme, dont il est membre, en session à Genève. Pour le conférencier, le journaliste n'est pas seulement privé de son droit à l'expression et la circulation, des droits garantis par la Constitution de l'Algérie qui a ratifié aussi les traités et les conventions internationaux sur les droits de l'homme, mais aussi a été touché dans sa dignité, parce qu'il était mis sur écoute. «C'est une grave atteinte aux droits de l'homme», indique l'avocat qui critique le fait que dans le procès intenté contre le journaliste, il n'y ait pas de plaignant. Citant les chefs d'inculpation retenus contre Aboud Hichem, «atteinte à la sécurité de l'Etat», maître Berghel affirme que toutes les procédures dont fait l'objet son client sont illégales. «Elles rappellent, dit-il, la sinistre cour de sûreté de l'Etat et les cours spéciales de l'époque du parti unique : pour un article de presse, on a sorti un char.» On aurait pu apporter, selon lui, la contradiction par la publication d'un démenti, comme le stipule la loi sur l'information. Savez-vous que l'atteinte à la sûreté de l'Etat est passible de la peine capitale ? Tout ça pour un article de presse sur la santé du Président et sur la disposition constitutionnelle (l'article 88) qui appelle la destitution du chef de l'Etat en cas d'empêchement, d'incapacité physique due à une maladie durable. L'affaire Aboud Hichem est une «cabale gratuite», qui nuirait à coup sûr à la réputation de l'Etat algérien, souligne le conférencier qui dénonce aussi la mise sur écoute de maître Adimi qui était en contact avec le patron de Mon journal. Le conférencier s'insurge aussi contre l'arrestation du correspondant de la publication à Tébessa et de deux autres citoyens que Aboud Hichem a rencontrés. L'avocat reste malgré tout optimiste quant à l'issue de l'affaire qui aboutira, selon lui, à un non-lieu. Le conférencier appelle à la solidarité de la corporation. «La presse est, selon lui, un danger pour le régime.

El Watan

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