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L’outarde repeuple l’Atlas saharien

Chassée en Algérie par des braconniers nationaux et étrangers jusqu'à provoquer sa quasi-disparition, l'outarde Houbara, un grand oiseau de la famille des Otididae, est en passe de retrouver ses droits sur les terres steppiques du Grand-Sud. El Bayadh. De notre envoyé spécial   Depuis la mise en ½uvre d'une convention de coopération entre le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, représenté par la Direction générale des forêts et le centre d'élevage émirati Emirates Bird Breeding Center for Conservation (EBBCC) portant sur la préservation des dernières populations sauvages d'outarde Houbara et sa multiplication, un début de repeuplement de cet oiseau est aujourd'hui constaté dans la région. Des observations de scientifiques, confirmées par le témoignage des populations locales, attestent aujourd'hui du retour progressif et de la réapparition de l'outarde dans certaines wilayas de l'Atlas saharien. Il faut dire que la mise en place du centre d'élevage algéro-émirati dans la commune de Labiodh Sidi Cheikh (wilaya d'El Bayadh) y est pour quelque chose. En effet, le centre, qui possède depuis 2007 une antenne à El Bayadh s'étendant sur 400 hectares, s'est fixé pour objectif de protéger cette espèce d'avifaune menacée d'extinction, de l'élever en captivité et de libérer annuellement 5000 jeunes outardes. Mardi dernier, la Direction générale des forêts a organisé, conjointement avec l'EBBCC et l'association Bird Life International, la troisième opération de lâcher d'outardes où une centaine de jeunes oiseaux ont été relâchés dans la nature dans la région de Zeboudj, dans la commune de Brezina, à El Bayadh. Selon le directeur général des forêts, Mohamed Seghir NouaI, «ce lâcher s'inscrit dans le cadre du programme de préservation des réserves naturelles, conformément au programme national du renouveau rural, qui a donné lieu, ces trois dernières années, au lâcher de 1500 jeunes outardes, 700 en 2011 et les 800 autres en 2012». Les techniques de collecte et d'éclosion des ½ufs d'outarde, suivies et appliquées dans le centre algéro-émirati, ont permis aux techniciens algériens d'acquérir un savoir-faire de première main, «si bien que nous sommes capables, aujourd'hui, de créer notre propre centre dans d'autres régions du pays sans l'aide des Emiratis», nous confie un responsable au ministère de l'Agriculture. Pour lui, même si l'Algérie demeure quelque peu en retard dans ce domaine par rapport aux pays voisins du Maghreb, notamment le Maroc, l'on peut tout de même espérer parvenir, d'ici quelques années, à un équilibre où la densité naturelle de l'espèce dans son habitat permettra, à terme, de lever l'interdiction de sa chasse. Il convient de rappeler que l'outarde, au même titre que 22 autres espèces, est protégée par des conventions internationales et en Algérie par le décret n°083-509 du 20 août 1983, renforcé par l'arrêté du 17 janvier 1995. Mais, selon certaines indiscrétions, «il serait inutile d'éterniser cette interdiction si l'objectif du repeuplement et de la densité naturelle de l'oiseau est atteint». L'on entend par cette observation que la présence d'outardes dans l'Atlas saharien pourrait favoriser, sans porter préjudice à l'espèce, le développement de la chasse touristique ou du tourisme durable, une activité qui contribuerait dans une large mesure au développement socioéconomique du pays et synonyme de rentrées pécuniaires importante pour le pays. L'Organisation mondiale du tourisme définit le tourisme durable comme une activité «qui satisfait les besoins actuels des touristes et des régions d'accueil, tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l'avenir» ; il est vu comme menant «à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l'intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique et les systèmes vivants».

El Watan

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