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La criminalité en Afrique menace l’existence des Etats

Au deuxième jour, hier à Oran,  des travaux de la 22e conférence régionale Afrique d'Interpol, il était évident que les interventions de nombreux pays africains tournaient autour de la difficulté des Etats à affronter la grande criminalité. Chacun des chefs de police des Etats africains présente la stratégie locale menée en matière de lutte contre les fléaux divers qui, de l'avis de nombreux intervenants, «menaceraient l'existence même de ces Etats» en tant qu'entité géopolique cohérente. Oran. De notre envoyée spéciale Au deuxième jour des travaux de la 32e conférence régionale Afrique d'Interpol, qui se tient à Oran, les restrictions imposées aux journalistes n'ont pas baissé, contraignant les professionnels des médias à faire le guet, durant toute la journée, devant la salle pour arracher des déclarations aux 170 hauts responsables des services de police de 44 pays africains ainsi qu'aux représentants d'une dizaine d'organisations internationales qui prennent part à cette rencontre de haut niveau. Même la très attendue conférence de presse des dirigeants d'Interpol et du directeur général de la Sûreté nationale s'est transformée en un point de presse, où les questions ont été limitées à moins de 35 minutes, suscitant la frustration des journalistes. Pour les responsables de la communication de la Sûreté nationale, l'organisation de cette rencontre relève du secrétariat général d'Interpol, une organisation qui fait de la communication son credo. En tout état de cause, il est important de noter que cette conférence intervient dans un moment difficile, où de nombreux pays africains sont durement confrontés à la grande criminalité, au terrorisme et à la piraterie marine, des maux dont les chefs de police devront débattre durant trois jours. Chacun d'eux aura à faire état de la stratégie menée par son pays afin de venir à bout de ces menaces qui compromettent l'existence même de leurs Etats. Mais étant donné les faibles capacités de riposte de beaucoup d'entre eux, ils sont tous convaincus de la nécessité d'une stratégie régionale commune, d'une coopération basée sur l'échange d'informations entre les services de police en temps réel afin de lutter efficacement contre toutes les formes de criminalité, notamment le trafic d'êtres humains, de drogue ou d'armes ainsi que la piraterie maritime et le terrorisme. Les travaux de cette conférence leur permettront de s'entendre sur une stratégie commune, une sorte de plan d'action africain, appuyée et assistée par Interpol, dont la présidente, Mme Mireille Ballestrazzi, a clairement déclaré, lors de son allocution d'ouverture, que «pour anéantir les groupes terroristes, il faut cibler leur capacité à fonctionner et à recruter (...). En cela, le démantèlement de filières se jouant des frontières constitue un défi supplémentaire». Pour elle, «les capacités des criminels à détourner l'innovation technologique à leur profit appelle à renouveler nos modes d'action. Parce que le crime organisé évolue de façon considérable, les coûts qu'il génère pèsent de manière croissante sur les économies nationales. C'est aux dépens de la sécurité, de la santé et de l'avenir des citoyens que la criminalité se développe». La présidente d'Interpol a cité le trafic d'êtres humains, de biens contrefaits et illicites ou encore de faux médicaments, ainsi que les crimes contre l'environnement qui, selon elle, sont des préoccupations majeures et croissantes pour les polices africaines, mais aussi pour l'organisation, «dont les initiatives et les projets dans ce domaine ne cessent de se développer», a-t-elle souligné, en précisant : «Nous sommes réunis autour des enjeux propres à vos polices (...), mais aussi pour continuer à travailler ensemble à la cause que nous nous sommes engagés à servir. Celle d'un monde sûr.» Interpol salue la contribution de l'Algérie Mme Ballestrazzi a salué «la contribution de l'Algérie à la sécurité de nos régions» et son «engagement résolu» dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée sous toutes ses formes. «La criminalité constitue une menace à l'échelle internationale, qui pèse sur l'économie nationale et son développement au détriment de la santé et de la sécurité des citoyens», a-t-elle conclu, en exhortant les chefs de la police à utiliser le réseau de données sur la criminalité mis en place par Interpol au profit de l'ensemble des pays membres et qui permet de partager les informations sur les criminels en temps réel. Pour sa part, le directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, a fait état des actions d'assistance technique et de formation initiées par la police algérienne au profit d'un grand nombre de polices des pays africains, notamment dans «les domaines concernant la lutte contre le crime organisé, la police technique et scientifique, les explosifs et la protection des hautes personnalités». Selon lui, le continent africain est confronté aux menaces, particulièrement par «le terrorisme et sa connexion avec le crime transnational organisé, tels le trafic de drogue, de psychotropes et d'armes, la corruption, la contrebande, le trafic de véhicules volés, la cybercriminalité et le blanchiment d'argent». Le DGSN a exhorté ses collègues africains et «de manière pesante» à la conjugaison des efforts à travers «une perception commune de ces défis, une définition des principes et des objectifs partagés et la mise à niveau des capacités de lutte», afin, a-t-il dit, «de réduire les vulnérabilités, d'endiguer les risques, de se préparer aux menaces et d'apporter les réponses adéquates». Face à ces défis, a noté M. Hamel, «la police algérienne a tiré les enseignements de ses expériences et placé la formation policière comme axe prioritaire dans sa stratégie de développement et de modernisation de ses services en les situant au c½ur du processus de revalorisation de sa ressource humaine». Selon le DGSN, «la société assiste à l'apparition de nouvelles formes de crimes qui nécessitent l'actualisation des connaissances et des informations pour les combattre (...) cela demande le renforcement de la coopération régionale et internationale à travers l'échange des informations et des expériences». En conclusion, il a exprimé la disponibilité de l'Algérie à «accroître le niveau de coopération territoriale et régionale et à exporter son expérience pilote en matière de lutte contre le terrorisme au profit des pays, dans le cadre des mécanismes d'Interpol». Il a également plaidé pour «le développement des mécanismes d'aide aux pays africains en matière de lutte contre les différentes formes de criminalité par l'exportation des connaissances et des experts dans le domaine de la formation et de l'assistance technique».  

El Watan

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