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Madagascar: la France a évincé le président Ravalomanana en 2009

L'ancien chef d'Etat malgache Didier Ratsiraka a affirmé que la France lui avait demandé son aide pour évincer le président Marc Ravalomanana en 2009, dans une intervention télévisée mercredi soir sur la chaîne privée "TV plus Madagascar".

"La France m'a demandé d'aider Andry Rajoelina pour évincer Marc Ravalomana", a-t-il déclaré, en évoquant les événements de début 2009 qui ont conduit au renversement de M. Ravalomanana.

"J'ai répondu, je ne suis pas en faveur des coups d'Etat" (....), a-t-il déclaré avant d'expliquer qu'il avait finalement accepté après qu'on lui ait montré qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'Etat. "On s'est mis d'accord que Marc Ravalomanana quitterait le pouvoir sans bain de sang. Et après son éviction, on devrait instaurer une transition concertée. (...) Andry Rajoelina a été d'accord (...)", a-t-il raconté.

Il a aussi rapporté que M. Rajoelina était alors venu chez lui à Paris, dans sa maison de Neuilly-sur-Seine baptisée "Villa Madrid", et l'avait assuré que lui-même serait bien accueilli à son retour à Madagascar.

En janvier 2009, M. Rajoelina, alors jeune maire d'Antananarivo et en conflit avec le régime, avait provoqué un soulèvement populaire pour dénoncer la fermeture de sa chaîne de télévision Viva, qui venait de diffuser une interview de l'ex-président Ratsiraka, alors exilé en France.

Prenant la tête de la contestation, M. Rajoelina s'était ensuite proclamé président d'une haute autorité de transition, acculant M. Ravalomanana, laché par l'armée, à la démission.

Des violences avaient fait une centaine de morts en février dont 36 personnes abattues par la garde présidentielle le 7 février, une tuerie pour laquelle M. Ravalomanana a été condamné par contumace.

Deux ans plus tard, M. Ratsiraka est rentré dans son pays lors de la formation d'un gouvernement d'union nationale fin 2011, avant de revenir se réinstaller définitivement à Madagascar le 18 avril 2013, marquant la fin de onze ans d'exil en France, l'ancienne puissance coloniale.

Agé de 76 ans, il s'est présenté à l'élection présidentielle avant que sa candidature ne soit finalement invalidée sous la pression internationale. 

Il ne remplissait pas les conditions du code électoral imposant six mois de résidence dans l'île pour être candidat. L'épouse de M. Ravalomanana, Lalo, a été invalidée pour la même raison. Le nom de M. Rajoelina a aussi été rayé de la liste des candidats.

Ancien militaire, il a été président de Madagascar de 1975 à 1993 et de 1997 à 2002. Aucun candidat ne le représentera au scrutin présidentiel dont le premier tour est prévu le 25 octobre, après avoir été repoussé déjà à deux reprises.

Lors de son retour en avril, quelques centaines de partisans étaient venus l'accueillir à l'aéroport, alors qu'en 1996 puis en 2011, à son retour au pays, ils étaient des milliers.

AFP

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