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Frappes contre la Syrie : Les occidentaux sont plus craintifs et prudents

Le gouvernement britannique n'a pas obtenu le soutien de la chambre des communes sur la question syrienne et les débats au congrès américain comme au parlement français à ce sujet révèlent que les pays occidentaux ne se sont toujours pas remis de la guerre en Irak, écrit mercredi le quotidien russe Vedomosti.
L’opinion publique, des deux côtés de l’Atlantique, est bien plus froide aujourd’hui qu’elle ne l’était auparavant vis-à-vis des opérations militaires à l’étranger.
Les ministres de la Défense, eux, doivent régler un maximum de problèmes avec un minimum de moyens. En Grande-Bretagne le nombre d’unités militaires, qui comptent actuellement 185 000 hommes, sera réduit prochainement à son plus bas niveau depuis 150 ans. A son tour la France compte réduire ses rangs de plus de 30 000 soldats dans les six prochaines années.
Le personnel des forces armées est en baisse et représente aujourd'hui moins de 0,5% de la population – l’indice le plus bas depuis plus de 100 ans. Et ceux qui ne travaillent pas en première ligne sont de plus en plus nombreux. Au fur et à mesure que l’armée devient plus coûteuse et technologique, les dépenses pour chaque soldat augmentent considérablement. Le risque d’être blessé ou tué sur un champ de bataille diminue significativement : au Vietnam et en Corée les Américains avaient perdu des dizaines de milliers de soldats. Pendant la première guerre du Golfe, on rapportait 147 morts au combat et moins de 1 000 pendant le conflit irakien de 2003. Aujourd'hui on compte moins de soldats tombés sur le champ de bataille que de militaires qui se suicident ou meurent par accident. L’élimination de l’ennemi par le biais des drones met parfaitement en évidence cette tendance : la guerre, derrière un joystick, n’est pas susceptible d’éveiller un grand esprit combattant.
Les généraux craignent que la transformation des opérations militaires en « jeu vidéo » entraîne une diminution du soutien apporté par la société aux militaires et génère de nouvelles réductions du budget de l'armée. Au Royaume-Uni cette pression est encore plus forte. Malgré la situation au Mali, c’est également le sort réservé à la France qui a besoin d’argent. Et même les USA, qui ne lésinent pas sur les moyens, n’y échapperont pas. Après la réduction des dépenses budgétaires de 2,4% prévue par Obama, les fonds de l'armée atteindront leur indice minimal depuis la Seconde guerre mondiale d’ici 2023.
Au cours des deux guerres mondiales, le nombre de soldats au Royaume-Uni et aux Etats-Unis représentait presque 10% de la population. Ces guerres habituaient les sociétés aux nouveaux principes d’égalité et rappelaient le rôle de l’Etat comme médiateur dans le secteur de l’industrie lors du développement de la stratégie économique et de la planification. Ces leçons n’ont pas été vaines et ont servi après la guerre pour poser les bases du capitalisme dirigé, pendant les années de l’ascension économique d’après-guerre.
Les armées d’aujourd’hui, peu nombreuses, efficaces et coûteuses ont apporté leur contribution à l’apparition d’Etats modernes bien plus craintifs et prudents. Aujourd’hui règne l'inégalité et les « acquis » sociaux des deux guerres mondiales ont été réduits à néant.
Au fur et à mesure que l’esprit combattant devient un vestige du passé, on perd non seulement le romantisme de la vie mais aussi les plus grands acquis des Etats du XXe siècle. L’une des plus importantes questions de notre époque est de savoir si nous arriverons à trouver un nouveau fondement pour une politique d’égalité comme à l’époque de l’après-guerre.

Selon Rian.ru.fr

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