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Revue de Presse. Bouteflika a-t-il mis en place un gouvernement de préparation de la présidentielle ?

Le président Abdelaziz Bouteflika a fait sa rentrée politique en procédant à un remaniement ministériel d'une ampleur inédite depuis son arrivée au pouvoir.

Des postes dits de « souve raineté » changent de mains et ce sont des proches du président qui les prennent à moins de huit mois de l'élection présidentielle prévue normalement en avril 2014. Car c'est la lecture qui domine sur ce remaniement : un gouvernement de préparation de la présidentielle vient d'être mis en place. A l'Intérieur Mohamed Belaiz, et Tayeb Louh ministre de la Justice, Garde des Sceaux, se retrouvent en charge directe de l'organisation de l'élection présidentielle. Bouteflika montre qu'il reprend la main et que s'il n'est pas de la partie dans la prochaine échéance politique, elle ne se dessinera pas sans lui.

Ces changements ne disent pas quelles sont les intentions - et les penchants - du président, ils montrent cependant qu'il a encore le moyen de peser sur les choix. En clair, on est encore dans la négociation de la succession et le locataire du palais, même affaibli par la maladie, a son mot à dire. Les mauvaises langues disent déjà que le grand perdant de ce « retour » présidentiel est le candidat plus que virtuel Ali Benflis. Les rapports entre Bouteflika et l'ancien Premier ministre se sont profondément dégradés avant et après l'élection présidentielle de 2004.

La perspective de le voir arriver au palais présidentiel -avec une présumée volonté de « revanche »- n'est guère prisée. Les indices d'une élection « ouverte » n'existant pas, c'est la seule lecture qui prévaut sur l'éventuel perdant de ce remaniement.

«Ce soir, la cote de Ali Benflis devrait avoir sensiblement baissé », estime un observateur en relevant qu'il existe une sorte de véto non déclaré de la part de Bouteflika à son égard. Mais rien n'est jamais clair dans un système politique où les décisions, les négociations ou tractations, se déroulent dans l'opacité. Quant à espérer une visibilité politique, c'est trop demander.

Mais la mise en place d'un gouvernement de la « présidentielle » devrait, en toute logique, débloquer la scène politique et permettre aux candidats virtuels - hormis Benbitour qui s'est déclaré de longue date - de s'afficher. Il sera intéressant de voir l'analyse qu'ils font de ce remaniement et de ce qu'il signifiera, selon eux, pour la prochaine élection.

LAMAMRA POUR REGARDER AU SUD DE L'ALGÉRIE

Par contre, le choix de Ramtane Lamamra au poste de chef de la diplomatie est accueilli de manière très positive. Ce n'est pas seulement le fait qu'il soit un diplomate de carrière respecté qui motive cette appréciation. Le long parcours africain de M.Ramtane Lamamra devrait permettre une vraie réorientation de l'action diplomatique de l'Algérie vers son « sud » immédiat qui est devenu une source de nuisance et de risques. On attendra donc avec intérêt de voir comment le nouveau ministre des Affaires étrangères va remettre en action une diplomatie devenue atone, adepte du profil bas.

Le contraire d'une diplomatie qui a fait son baptême du feu durant la guerre de libération. Mais la diplomatie Medelci est aussi le reflet d'un repli d'une Algérie qui a plongé dans une crise violente d'une décennie pour entrer dans une décennie de gel. On peut également observer la « victoire » de l'ancienne patronne de l'Arpt, Zohra Derdouri, sur Moussa Benhamadi dont elle prend la place. Benhamadi avait été dépassé par les dossiers Djezzy et celui de la 3G, au point de se faire « contrôler » la parole par le Premier ministère.

Son départ ne constitue pas une surprise, le nom de sa remplaçante, par contre, en est une. Autre départ significatif, celui de Cherif Rahmani qui se fait remplacer par Amara Benyounes... un « libéral », fidèle de Bouteflika, qui sait cependant jusqu'où il ne faut pas aller.

Lu sur le Quotidien d'Oran 

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