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Produits pétroliers : l’indexation entrera en application

Après de longues tergiversations, le système d'indexation des prix des produits pétroliers verra le jour dans les plus brefs délais. En effet, l'arrêté signé à cet effet par le Chef de gouvernement a été publié au Bulletin Officiel du 29 août. Le texte introduit un système de révision des prix à la consommation deux fois par mois dès que les variations des cours à la vente dépassent, à la hausse ou à la baisse, 2,5%. Les prochains tarifs des produits pétroliers (super, gasoil et fuel) seront donc fixés le 16 septembre à minuit et seront calculés sur la base des moyennes mobiles des cours internationaux. Il est à noter que le fuel numéro 2 destiné aux industriels, le gasoil et l'essence sont les seuls produits dont les prix devront subir l'évolution erratique des cours de pétrole à l'échelle mondiale. Le fuel de l'ONE et le gaz butane ne feront pas partie de ce remaniement stratégique.

Considérée comme étant une condition sine qua none pour la reconduction, par le FMI, de la LPL (Ligne de Précaution et de Liquidité) accordée au Maroc, ladite indexation trouve son fondement dans le souci du gouvernement de ne pas dépasser les crédits ouverts dans la loi de Finances 2013 qui se base sur un prix de 105 dollars pour le baril du pétrole brut.

Et c'est ainsi que les prix nationaux des hydrocarbures seront à la merci des différents évènements touchant, de loin ou de près, les niveaux des prix du brut à l'international. Actuellement, les cours de pétrole se maintiennent au-dessus de 105 dollars portés, essentiellement, par la montée en force des tensions en Syrie et les risques de guerre dans la région du Moyen-Orient. Tout cela devrait engendrer une flambée des cours internationaux de l'or noir et, en conséquence, se répercuter sur les prix de vente des produits pétroliers afin de permettre à l'Etat de maîtriser ses dépenses de compensation. Dans cette lignée, le décret qui vient d'être adopté définit le montant de la contribution de l'Etat qui sera de mise pour le reste de l'année. Il s'agit, à cet effet, d'une subvention forfaitaire par litre de l'année 2013 fixée à 2,6 Dhs pour le gasoil et à 80 centimes pour l'essence. Concernant le fuel, la subvention est, désormais, plafonnée à 930 Dhs la tonne.

Or, force est de constater que cette indexation risque de soulever plusieurs polémiques. En effet, les entreprises industrielles, premières bénéficiaires de la subvention étatique, pourraient voir leurs marges se rétrécir, davantage, surtout que la conjoncture économique devient de plus en plus tendue. Dans le secteur du transport, des professionnels mettent le point sur la nécessité d'indexer, également, les tarifs du transport. Et finalement, les ménages devraient voir leurs dépenses augmenter, à l'état actuel des choses, ce qui se répercuterait, négativement, sur la demande intérieure, et par ricochet, sur la croissance économique du pays. Une question se pose : Comment pourrait-t-on équilibrer les dépenses budgétaires sans pour autant altérer la croissance économique globale ?

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La Nouvelle Tribune

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