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Opposition burkinabè : La contre-offensive du pouvoir

Entre le pouvoir et l'opposition burkinabè, la bataille pour la conquête de l'opinion se poursuit. Avec en toile de fond, la présidentielle de 2015. C'est ainsi qu'après avoir fait reculer la loi sur le Sénat, l'opinion burkinabè observe depuis quelques jours, une volonté de reprise en main de la part des autorités.

Dans une approche combinant à la fois mesures politiques et sociales, les stratèges du pouvoir donnent assurément la pleine mesure de leur capacité de man½uvriers ; en montrant notamment qu'ils ont plus d'un tour dans leur sac. Le message est donc clair, après plus de 26 ans de pouvoir sans partage, ils n'entendent pas s'effacer aussi facilement.

Le 7 septembre 2013, à l'occasion de la tenue de la 50e session de leur bureau politique national, les notables du CDP ont donc sonné le rassemblement. Certes l'ambiance tranchait d'avec ce que l'on a l'habitude de voir jusqu'ici, en termes de démonstration de force.

Oui, mais tout était dans le symbole sans doute ! Signe évident d'une volonté de maintien, malgré les vents contraires qui soufflent. Et malgré les critiques et les appels en faveur d'un passage de témoin.

Maître du jeu jusqu'à l'annonce récente par le Chef de l'Etat de la convocation du comité de suivi sur les réformes politiques, l'opposition n'avait pas d'autre choix que marquer le pas et d'attendre, voire de concéder la seconde partie à l'adversaire.

C'est dans cette ambiance que l'on apprend que le Président du Faso initie une série de rencontres avec les communautés religieuses, à partir du 13 septembre 2013.

En commençant par les Evêques du Burkina, dont on se souvient du message sur la situation sociopolitique et économique du pays, dépeinte en des termes sans concession. Nul besoin d'ailleurs de chercher loin pour comprendre que le Chef de l'Etat, au regard de la batterie de mesures sociales annoncées par le gouvernement ainsi que des concessions faites autour du Sénat, tient à faire sa confession...

Dans le même temps, le pouvoir cherche désormais à casser la dynamique d'unité de l'opposition, en concoctant un document relatif à une version revue du statut de l'opposition au Burkina. Ce qui permettrait à certains partis politiques qui parlent et siègent au nom de l'opposition dans plusieurs instances de décision sans en avoir la qualité requise au regard de la loi, de s'inscrire dans une forme de légalité qui, jusque-là, leur fait âprement défaut. En d'autres termes, une opposition plus à sa convenance.

On l'aura sans doute compris, le régime Compaoré a décidé d'ouvrir plusieurs fronts à la fois en tentant à son tour de rallier une partie des burkinabè à sa cause. Poussés par une base sociale élargie, les opposants eux, ont déjà fixé leur ligne rouge : pas question répètent-ils, d'un nouveau mandat présidentiel pour Blaise Compaoré après 2015 !

Juvénal Somé

Lefaso.net

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