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Coalition gouvernementale II : Benkirane, Mezouar et…Aftati ?

Effectivement, c'est la grande interrogation. Qui aurait justement imaginé une alliance PJD/RNI, deux formations politiques qui s'adonnent depuis 2011 à des dénigrements pas tout à fait ''corrects'' d'un côté comme de l'autre. A vrai dire, les dirigeants de la Lampe et de la Colombe ont excellé en la matière. Et à vrai dire aussi, les multiples accusations sans répit ni relâche ont été bien trop virulentes et flagrantes pour tomber si vite dans les oubliettes.

 

On retiendra ainsi les déclarations suivantes de Benkirane à l'encontre de Mezouar : ''Crois-tu que les gens vont oublier comment tu as accédé à la présidence du RNI ?'', ''Je n’ai rien contre cet homme. C’est un homme charmant. S’il veut devenir ministre, on peut voir ce qu’on peut faire pour lui, mais jamais il ne pourra être Chef de Gouvernement. C’est un poltron ! Il ne peut pas dire non aux conseillers. Il sait qui sont ses mentors et ceux qui ont fait tomber Moustapha Mensouri'', ''Il est humiliant pour moi de faire partie d’un Gouvernement dirigé par Mezouar car c’est quelqu’un qui n’a pas le niveau. Ce serait une humiliation pour moi car tu n’as pas le niveau. Par contre, si nous accédons à la Présidence du gouvernement, tu peux éventuellement prétendre à un poste de ministre, mais jamais au poste de Chef du Gouvernement car tu n’as pas la carrure politique pour une telle fonction''.

 

Et de l'avis de beaucoup, cette phrase, « Crois-tu que les gens vont oublier comment tu as accédé à la présidence du RNI ?», a constitué une véritable épée de Damoclès pour Mezouar durant toute la campagne qui avait précédé les élections anticipées du vendredi 25 novembre 2011.

Passé le temps des élections, ce fut le tour de certains dirigeants du PJD d'assurer la relève anti-Mezouar et anit-RNI. Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, et le député oujdi Abdelaziz Aftati n'ont pas déçu ! Sur le tapis, le dossier des ''400 000 Dhs sous la table et autres primes qu'aurait touché illégalement Mezouar, alors ministre des Finances du gouvernement Abbas El Fassi''.

 

Aujourd'hui, Aftati ne serait guère prêt à revenir sur ses accusations, tout en se disant toujours prêt à présenter les documents attestant que pendant son mandat, Mezouar aurait touché illégalement des primes mensuelles d'un montant de 80 000 Dhs, ''et ce, en pleine crise économique mondiale''.

Le patron du RNI Salaheddine Mezouar, lui, n'est pas resté les bras croisés face à ce torrent d'accusations. Le ton acerbe, il ne cesse de demander à Benkirane  ''de démissionner'' et de l'accuser ''d'incapable en tant que Chef de Gouvernement''. Et  dans le même ordre d'idées, Mezouar accuse le Gouvernement ''d’inertie'' et ''d’idéation déficiente''. Mezouar qualifie même le modèle politique du PJD d'improductif et de très limité.

On retiendra toutefois cette conviction implacable que Mezouar ne cesse de rappeler à qui veut bien l'entendre : '' Pas question de s'allier avec les obscurantistes'', allusion faite, bien entendu, aux islamistes du PJD.

 

De ce fait et comme on le voit, serait-il politiquement et éthiquement concevable que Benkirane, Merzouar et encore plus Aftati ou Bouanou se retrouvent réunis au sein d'une même alliance gouvernementale ? Comment en effet deux adversaires pareils ont-ils pu, et en si peu de temps, tourner une page si récente, et marquée d'accusations, insultes, polémiques et autres ?

Salaheddine Mezouar aurait apparemment imaginé la réponse bien avant le retour de Benkirane vers lui (sic) : ''Nous devons préserver la crédibilité du jeu politique. Chacun doit rester fidèles à ses choix et à ses priorités. Qu’adviendra-t-il de notre crédibilité si demain Mezouar et Benkirane dépassent leurs désaccords profonds pour gouverner ensemble ? C’est la démocratie de notre système politique qui en prendra un coup'', avait bel et bien dit Mezouar en décembre 2011…

H.Zaatit

 

Encadré : 

Le communiqué de la réconciliation ! 

 

Le secrétariat général du PJD s’est félicité de “l’évolution positive” des négociations visant la formation d’une nouvelle majorité gouvernementale, réitérant l’adhésion de toutes les composantes du parti “pour préserver l’expérience distinguée” que vit le Royaume. Dans un communiqué, le parti précise que lors de cette réunion, Benkirane a été mandaté pour poursuivre les négociations visant la formation d’une nouvelle majorité gouvernementale, et pour convoquer, au moment qu’il jugera opportun, une réunion du Conseil National du parti.

 

 

La Nouvelle Tribune

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