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Le Maroc, terre d’immigration !!!

C'est un grand pas qui vient d'être accompli avec la présentation au Roi du rapport du CNDH sur la situation des migrants dans notre pays. Un pas d'autant plus positif que le Souverain a donné ses instructions au gouvernement au sortir même de l'audience accordée aux responsables du CNDH venus présenter leur copie.

Désormais, plus question de tergiverser, de jouer avec les mots, et pire encore, les situations.

Le phénomène migratoire, clandestin essentiellement, a pris une ampleur certaine ces dernières années. Il est reconnu à présent comme une question essentielle pour le Maroc et ses autorités, alors que, malheureusement, on perçoit des signes de rejet, d'intolérance, de racisme, de plus en plus manifestes au sein de certaines couches de la population marocaine. Celle-ci que l'on dit accueillante, fait parfois preuve d'un racisme primaire, abrupt, inacceptable, et la presse nationale s'est fait l'écho à plusieurs reprises d'actes inadmissibles comme le rejet de locataires africains, les insultes proférées à l'encontre de nos frères sub-sahariens, lorsqu'on n'a pas à déplorer et s'indigner de l'assassinat d'un jeune Sénégalais pour une simple question de place assise dans un autobus !

Que dire encore des témoignages, filmés et largement diffusés sur Youtube, des conditions de vie scandaleuses, de la misère physique et morale, des bastonnades féroces, de la détresse de ces « candidats à l'Eldorado », ces harragas venus de tous les coins d'Afrique et qui, cachés dans les forêts qui surplombent Sebta ou Mélilla, attendent le moment opportun pour monter à l'assaut des barbelés qui entourent ces enclaves espagnoles.

Mais la question migratoire, aujourd'hui au-devant de la scène grâce à l'engagement personnel du Roi Mohammed VI, n'est pas uniquement d'essence africaine.

Le Maroc, qui malgré tout connaît une croissance économique que lui envient désormais bien de nos voisins européens, est un pays attractif pour les jeunes et moins jeunes qui, en France ou en Espagne notamment, désespèrent de trouver du travail.

Ils viennent chez nous, travailler « au noir » et cela fait l'affaire des bien des entreprises qui violent ainsi la législation du travail, comme le font d'ailleurs ces ménages aisés qui emploient une domesticité venue du Sud du Sahara, d'Indonésie, de Malaisie ou des Philippines.

Le Royaume vit ainsi un paradoxe nouveau, celui d'être, à la fois, exportateur et importateur de main d'oeuvre. Une situation qui mérite un examen attentif, des mesures judicieuses, dans le respect, avant toute chose, de la dignité des migrants, victimes des réseaux mafieux de passeurs dont les principaux animateurs se trouvent bien souvent en Algérie, plaque tournante grâce à son vaste territoire, des filières clandestines …

Certes, le Maroc, pour pasticher la formule célèbre de Michel Rocard, « ne saurait accueillir toute la misère du monde », alors que nos voisins du Nord tentent d'ériger la vieille et déclinante Europe en forteresse imprenable.

Une politique bien définie, respectueuse des droits de l'Homme, aussi généreuse que le permettent nos maigres moyens, doit être définie et implémentée pour trouver les meilleures solutions à la problématique migratoire.

Car à présent, volens, nolens, le Maroc, jusque-là terre de h'rig clandestin, de transit et de passage, est devenu terre d'accueil et d'installation durable.

 

Fahd YATA

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