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Le Maroc promet une "nouvelle politique migratoire"

Confronté à des critiques sur sa politique migratoire, le Maroc s'est engagé mercredi à mettre en ½uvre une série de réformes, dans la foulée d'une prise de position du roi qui a reconnu des "préoccupations légitimes" en la matière.

S'appuyant sur un rapport du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), un organisme institutionnel, les ministères de tutelle (Intérieur, Justice et Affaires étrangères) ont indiqué dans un communiqué qu'une "nouvelle politique d'immigration" allait être mise en ½uvre.

Conformément à certaines recommandations du CNDH, le texte annonce l'instauration imminente d'un "cadre procédural" visant à des régularisations, "au cas par cas et selon des critères précis".

"S'agissant de l'asile, il sera procédé au lancement immédiat d'un processus de mise à niveau du cadre juridique et institutionnel", afin de répondre "aux standards internationaux".

Sur la question sensible des refoulements de migrants illégaux, les trois ministères réfutent les accusations de violences systématiques et réaffirment que "des instructions" ont été données pour "veiller à la protection" des "droits" et de la "dignité" des clandestins.

De récents rapports d'ONG et des faits divers, dont le meurtre d'un Sénégalais le mois dernier à Rabat, ont entraîné une polémique sur une montée des violences à l'encontre des migrants d'Afrique noire, alors que le Maroc, autrefois simple pays de transit, est de plus en plus considéré comme pays d'accueil.

A ce jour, quelque 20.000 clandestins se trouveraient ainsi sur son sol, selon des associations.

En mars dernier, notamment, Médecins sans frontières (MSF) s'était alarmée d'une "recrudescence importante" des violences contre ces migrants illégaux, en quête d'une hypothétique traversée vers l'Espagne voisine.

Dans son rapport, le CNDH a aussi déploré "de nombreuses violations des droits" des clandestins, lors de campagnes de refoulement vers les frontières algérienne et mauritanienne.

Interrogé par l'AFP, un haut responsable du ministère de l'Intérieur, Khalid Zerouali, a récemment assuré que la "stratégie sécuritaire" était uniquement "dirigée contre les réseaux criminels".

Un "renforcement du dispositif juridique et des actions de sensibilisation" contre les réseaux de trafic et de traite des personnes entreront en vigueur "dans les plus brefs délais", ont précisé mercredi les autorités.

Face aux critiques, le roi en personne est monté au créneau.

Commentant le rapport du CNDH, Mohammed VI a appelé lundi à gérer de manière "humaniste" la question migratoire, reconnaissant des "préoccupations légitimes".

Le lendemain, lors d'une réunion à Casablanca en présence du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, le souverain a réclamé "de procéder, sans délais, à l'élaboration et la mise en place d'une stratégie et d'un plan d'action appropriés", d'après un communiqué du Palais royal cité par l'agence officielle MAP.

Cette question migratoire est cruciale pour l'image du royaume, qui a mené au cours des derniers mois une intense activité diplomatique afin de renforcer ses liens avec des pays d'Afrique subsaharienne.

Désireux de renforcer sa présence économique sur le continent, le Maroc cherche aussi à consolider ses soutiens politiques autour de la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole qu'il contrôle mais qui est revendiquée par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.

Le dossier de l'immigration touche également à ses relations avec l'UE, auprès de qui il dispose d'un statut avancé.

Cette semaine, au même titre que les Nations unies, l'ambassadeur de l'UE à Rabat, Rupert Joy, s'est dit "très satisfait" du contenu du rapport du CNDH, qui doit aboutir à "une politique migratoire plus juste et plus efficace".

Dans leur communiqué, les autorités marocaines ont de leur côté exhorté Bruxelles à assumer ses responsabilités.

"Les partenaires du Maroc, notamment l'UE, (...) doivent faire preuve d'un engagement plus concret dans leur appui à la mise en ½uvre de cette nouvelle politique marocaine d'immigration", ont-elles estimé.

Dans le même temps, "les pays voisins", "autant concernés", ont été invités à adopter "une attitude responsable".

Si les frontières avec l'Algérie sont fermées depuis près de 20 ans, la plupart des clandestins entrent dans le royaume depuis ce pays, selon Rabat.

 

AFP

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