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Syrie : Obama reporte un vote du congrès

Barack Obama va tenter, ce mardi, de rallier davantage d’Américains à sa politique syrienne, tâche compliquée par l’évolution rapide du dossier avec une proposition russe qualifiée de possible « percée importante » par un président au ton soudainement plus conciliant.

Le dirigeant américain, qui avait déjà semblé se raviser le 31 août en réclamant le feu vert du Congrès à l’usage de la force en Syrie alors que des frappes semblaient imminentes, a prévu de prononcer un discours solennel à la nation à 21H01 (mercredi 01H01 GMT) depuis la Maison Blanche.

Il défend depuis dix jours sa décision de déclencher une opération militaire « limitée » contre le régime de Bachar al-Assad afin de le punir d’avoir utilisé son arsenal chimique le 21 août près de Damas, faisant 1.429 morts selon Washington. Mais lundi, alors que la présidence avait appelé à la rescousse la populaire ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton pour soutenir le principe de frappes, la Russie a provoqué un nouveau coup de théâtre en annonçant avoir proposé à ses alliés syriens de placer leur stock d’armes chimiques sous contrôle international et de le détruire, une proposition accueillie « favorablement » par Damas.

Le changement de ton de la Maison Blanche a été immédiat : M. Obama, qui accordait lundi pas moins de six entretiens à des grandes télévisions américaines, a évoqué sur NBC une possible « percée importante » dans le conflit qui dure depuis deux ans et demi et a estimé que les menaces de frappes américaines avaient « fait réfléchir » le gouvernement Assad.

Interrogé par ABC sur la possibilité d’une « pause » dans le cheminement vers des frappes, au cas où les armes chimiques seraient sécurisées, M. Obama a répondu « tout à fait, si cela se produit ». Mais il a aussi mis en garde contre l’idée de donner carte blanche au gouvernement syrien: « Il nous faut rester sceptiques parce que ce n’est pas ainsi que nous les avons vus fonctionner ces deux dernières années », a-t-il affirmé.

Cette nouvelle évolution dans l’approche de M. Obama intervient alors que ses efforts de persuasion du Congrès, en particulier la Chambre, semblent encore loin d’avoir porté leurs fruits. Le président, face aux caméras de NBC, a d’ailleurs avoué ne pas être certain d’obtenir le soutien des élus à un recours à la force. « Je ne dirais pas que je suis confiant. Je suis confiant dans le fait que les élus du Congrès prennent cette question très au sérieux et l’étudient de près », a-t-il dit.

Ces dix derniers jours, tout en prévenant qu’ils n’avaient pas besoin du Congrès pour lancer des frappes, M. Obama et son équipe ont mené une opération de grande envergure pour tenter de convaincre les élus, aussi bien à la Chambre des représentants contrôlée par les républicains qu’au Sénat dominé par les alliés démocrates du président : « Si vous n’êtes pas prudents, vous en paierez le prix. »

Appels téléphoniques, rapports du renseignement, réunions d’explication à huis clos, barrage de déclarations de hauts responsables, interviews télévisées : il s’agissait pour l’exécutif de « saturer les ondes ».

L’opinion publique paraît elle aussi sceptique quant à la nécessité pour Washington de déclencher de nouvelles opérations militaires au Moyen-Orient, alors que les derniers soldats américains sont revenus d’Irak il y a moins de deux ans et que le déploiement en Afghanistan va entrer dans sa 13e année.

Selon une enquête CNN/ORC International diffusée lundi, 59% des Américains ne souhaitent pas que le Congrès vote une résolution autorisant le recours à la force en Syrie, même limité, et plus de sept sur dix affirment que des frappes ne serviraient pas les intérêts américains.

Pour Tom Baldino, spécialiste de la présidence américaine à l’université Wilkes (Pennsylvanie, est), M. Obama va avoir fort à faire pour convaincre mardi. « Dans ma vie, je ne me souviens pas d’un discours qui ait changé l’opinion publique », explique M. Baldino. « Certains discours ont eu de l’effet, mais une fois que l’opinion publique a pris une certaine direction, c’est vraiment difficile de renverser la tendance », ajoute-t-il.

AFP

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