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Statue de la justice, 2011 / REUTERS
Statue de la justice, 2011 / REUTERS

Dans les coulisses de la justice marocaine

Le système pénal du royaume est corrompu à tous les étages, témoigne un ancien détenu espagnol.

«La justice au Maroc n’existe pas, c'est la corruption qui existe». L’Espagnol Antonio Lopez a été durement marqué par son expérience du système judiciaire marocain. Dans un témoignage publié dans le journal El Faro et relayé par Yabiladi, il relate le calvaire qu’il a vécu.

Ce camionneur de 56 ans a été arrêté fin 2012, rapporte Yabiladi. Incarcéré pour trafic de drogue, il clame son innocence mais passe sept mois dans la prison de Tanger avant la tenue de son procès le 28 mai 2013.

Lopez raconte que son entreprise de transport a voulu l’envoyer au Maroc pour une mission qui lui a semblé douteuse. D’abord réticent, il se laisse convaincre par l’insistance de son patron, affirme-t-il. Mais à son arrivée au port de Tanger, lorsqu’il présente son passeport, il est directement conduit au commissariat, se souvient l’ex-détenu.

Il n’obtient aucune explication, selon lui. Puis, ajoute le camionneur, les policiers l’accusent d’être aux commandes d’un trafic de drogue international et lui proposent de verser 100.000 euros pour retrouver sa liberté «en douce».

Antonio Lopez ne peut ni ne veut fournir ce pot-de-vin. Il reste en prison jusqu’à son procès, pendant lequel un de ses collègues qui l’avait accusé reconnaît devant le juge qu’il n’est «qu’une innocente victime», poursuit Yabiladi.

Antonio Lopez réclame à présent une indemnisation pour avoir vu sa réputation bafouée. Il signale aussi que sa santé s’est détériorée en raison des conditions de détention. En effet, la corruption règne aussi dans les prisons et de nombreux détenus se plaignent de leurs conditions de vie, rappelle Yabiladi.

Les secteurs policier et judiciaire sont les plus corrompus, d’après un sondage de Transparency International relayé dans l’article. Pourtant, selon le site, «le gouvernement Benkirane avait fait de la lutte anti-corruption l’un de ses chevaux de bataille». Le ministre de la justice Mustapha Ramid a même sanctionné plusieurs juges sur ce chef d’accusation. Mais la lutte contre ce fléau a encore du chemin à parcourir, conclut Yabiladi.

Lu sur Yabiladi

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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