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EnterNext, marché pour la PME, l’exemple

Parmi les réformes importantes du marché financier casablancais, la création d'un compartiment dédié à la PME et aux toutes petites entreprises est projetée. En effet, le tissu entrepreneurial de notre pays étant constitué à plus de 85 % de PME, il serait légitime que celles-ci puissent profiter de la désintermédiation pour diversifier leurs sources de financements.

Il est inutile de rappeler que les PME sont principalement financées par les crédits bancaires et que les banques les tiennent un peu «en otage», les obligeant à donner un maximum de garanties pour les crédits investissements et même pour les crédits de trésorerie, moyens de financer leurs fonds de roulement et donc d'exercer leur activité. Avec la crise et le resserrement des liquidités bancaires, les PME ont pâti encore plus du ralentissement du financement bancaire et auraient besoin de nouvelles offres de financements immédiats, tant pour leur activité courante que pour leur croissance à moyen et long terme.  C'est ce que le marché boursier leur offrirait si elles y étaient cotées. Elles pourraient procéder à des augmentations de capital et émettre des obligations cotées, faisant ainsi jouer le financement à différents termes, à un coût certainement moindre que celui du crédit bancaire.

Aujourd'hui, les PME peuvent accéder au marché boursier marocain, mais à des conditions de transparence drastiques, comme l'exigence des trois bilans certifiés par un commissaire aux comptes ou encore plusieurs exercices bénéficiaires.

D'autres barrières se rapportent aussi au chiffre d'affaires imposé pour leur introduction en bourse. Il se situe à un niveau trop élevé, digne des moyennes et grandes entreprises.

L'on se demande d'ailleurs pourquoi l'État ne s'est pas interrogé sur l'échec des mesures fiscales d'encouragement aux introductions en bourse, pourtant très attractives en matière de réduction d'IS, de 25 % à 50 % en fonction de la forme de l'opération, respectivement par cession ou augmentation de capital.

Ces mesures incitatives ne tenaient tout simplement pas compte des vraies caractéristiques de la PME marocaine, qui est bien plus petite, avec un chiffre d'affaires inférieur au montant exigé et qui nécessite un réel accompagnement pour grandir et financer sa croissance.

Malheureusement, la réforme consistant à créer cet accueil des PME à la bourse n'est pas encore lancée et peut-être tombera-t-elle dans les oubliettes encore une fois ?

C'est pourquoi il faut attirer l'attention des responsables concernés sur ce qui vient de se passer pour EuroNext : Les petites sociétés sont désormais plus ouvertes aux investisseurs particuliers parce qu'une nouvelle structure EnterNext, a été créée dans cet objectif.

Depuis, les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) se financent différemment grâce à EnterNext, filiale de la Place de Paris. Cette nouvelle structure, créée en mai dernier par NYSE Euronext, a pour rôle de favoriser l’accès des PME-ETI au marché boursier.

De plus, un tel marché dédié à la petite entreprise s'avère être très rentable pour les investisseurs. Ainsi, par exemple, l’émission d’obligations sur ce compartiment par un holding de promotion immobilière dans l’Ouest de la France, a permis de tester l’appétit des investisseurs particuliers pour la dette des entrepreneurs de taille modeste. Le promoteur immobilier a émis des obligations d’une durée de 6 ans assorties d’un taux d’intérêt annuel brut de 9 %, ce qui porte le rendement actuariel à 9,20% contre moins de 3 % pour les émissions de dette classiques.

Le gouvernement français accorde en plus des bénéfices fiscaux aux particuliers qui investissent au bénéfice des entreprises françaises.

Bien sûr, la création d’EnterNext a pour vocation de répondre à une perte de substance de la cote parisienne car  jusqu’en 2007, les PME-ETI étaient nombreuses à accéder à la cotation. Depuis, l’éclatement de la bulle des sub-primes, l’effondrement de Lehman Brothers et la crise de la Zone Euro ont mis un frein à cette tendance porteuse.

EnterNext a pour mission de contribuer au financement et au développement de toutes ces sociétés, qu'elles soient françaises, mais aussi portugaises, belges et néerlandaises.

EnterNext a été dotée de moyens humains et financiers pour se déployer au plus prés des tissus économiques régionaux. Il propose la cotation classique d’actions, mais aussi de la dette obligataire.

Cette avancée arrive à point alors que les banques se veulent de plus en plus sévères en matière de garanties d’emprunts.

Voici une nouvelle occasion pour le Maroc de s'inspirer d'exemples réussis chez nos voisins et partenaires européens. Il faut espérer que l'on puisse prendre rapidement le train en marche, quitte à se rapprocher d'EnterNext pour un accompagnement, surtout que notre économie est encore plus favorable à ce genre de restructuration du marché boursier en faveur de la PME parce que celles-ci constituent la quasi totalité de nos entreprises…

 

Afifa Dassouli

La Nouvelle Tribune

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