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Les livres scolaires : un business florissant

Considéré comme la base de la formation des écoliers, le livre scolaire est devenu aujourd'hui  un produit de consommation générant un grand business aussi bien pour les librairies que pour certaines écoles, s’éloignant ainsi de son but éducatif.

Comme à chaque rentrée, les parents doivent allouer un budget aux fournitures scolaires. Pour les parents dont les enfants sont dans les écoles privées, ils se  retrouvent devant une grande liste de manuels étrangers. Entre le livre d’exercices, le livre de lecture, celui pour les mathématiques et les manuels d'anglais, les parents en ont au moins pour 1000 dhs de dépenses consacrées uniquement aux livres, avec des prix qui varient selon la librairie et selon l'école!

«Le gouvernement devrait appliquer une loi pour l'uniformisation du prix des livres scolaires pour tous les cycles et toutes les écoles», réclame Mounir, père de deux enfants.

 

Hachette, Nathan, Belin, Bordas... sont autant d'éditeurs qui proposent chaque année de nouveaux manuels scolaires, une opération plus commerciale que pédagogique où l'élève est devenu « un client ».

«Les éditions changent chaque année, et les livres de l'année précédente ne peuvent être ni vendus ni échangés comme avant», s'indigne un père. « Il y a quelques années à peine, nous pouvions vendre les livres aux bouquinistes à moitié prix ou les échanger, ce qui allégeait  nos dépenses. Aujourd'hui ce n'est plus le cas! Nous sommes obligés d'acheter les livres à la direction de l'école».

La situation irrite de plus en plus de parents et met les plus modestes d'entre eux dans l'impasse.

Un bouquiniste du quartier Maârif est catastrophé par la régression de la vente des manuels d'occasion. « Je me demande pourquoi certaines écoles changent chaque année de manuels. Les changements effectués dans les nouvelles éditions sont très basiques.  Sur ce manuel par exemple, seulement deux ou trois pages ont été ajoutées. Ce changement semble inutile!» déclare-t-il, scandalisé. « La base de la conjugaison est la même, les règles d'orthographe ne changent pas… alors pour sortir de nouveaux manuels chaque année? Tout laisse à croire qu'il s'agit d'un vrai business », explique le bouquiniste.

Aujourd'hui l’enseignent est devenu, pour certains, un outil facile pour gagner plus d'argent au détriment des élèves et des parents. « Il faut que l'enseignement privé soit règlementé et qu'il bénéficie d'un contrôle permanent aussi bien sur les frais de scolarité pratiqués que sur les manuels scolaires imposés» réclame Adil, bouquiniste depuis 15 ans.

Une chose est sûre, le marché des livres scolaires est devenu fortement concurrentiel, il s'est éloigné de l'univers de l'éducation pour devenir un produit de consommation comme un autre, vendu sans aucune surveillance.

Asmaa Loudni

La Nouvelle Tribune

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