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Oumar Tatam Ly : Un PM idéal, mais…

OUMAR TATAM LY

Oumar Tatam Ly, haut fonctionnaire de la BCEAO, est l'heureux élu au poste à haut risque de PM d'un pays sortant d'une crise multidimensionnelle. Un pays où, le peuple a beaucoup d'attentes légitimes et est en rupture avec sa classe politique qui l'a longtemps manipulé, roulé dans la farine et méprisé.

 

 

Il bénéficie de plusieurs atouts qui lui serviront  certainement, il s'agit entre autres : de sa jeunesse 49 ans, un âge de maturité, son expérience professionnelle, mais  surtout son coté apolitique donc neutre, donc sensé être à équidistance entre les membres de la classe politique et bénéficiant de la confiance du Président de la République qui l'a nommé. Cependant, il doit tout mettre en ½uvre pour que sa méconnaissance supposée des réalités du pays et de la mentalité du malien nouveau, que certains lui prêtent d'ores et déjà, ne soit pas un handicap dans sa volonté de reconstruire un pays en ruines où tout est à refaire. Oumar Tatam Ly, fonctionnaire de classe exceptionnelle de la plus grande institution financière, ayant commencé sa carrière à la Banque Mondiale à moins de 30 ans et occupant le poste de conseiller technique, chargé de mission de 1992 à 1994 à la présidence de la République sous Alpha Oumar Konaré, est un homme au parcours exceptionnel sur lequel, le président élu IBK vient de jeter son dévolu.

 

 

Il hérite de ce poste avec toutes les attentes d'un peuple meurtri par 20 ans de mauvaise gouvernance, de népotisme, et de corruption. M. Ly hérite de ce fauteuil au moment où, ce peuple sort de l'une des plus graves crises de son existence avec l'occupation de plus des 2/3 de son territoire par des bandits et armés et des narcoterroristes de classe mondiale. Il hérite aussi d'une armée totalement désintégrée et désarticulée. De sa nomination, on ne peut ni  affirmer que son Président lui a fait un cadeau, encore moins parler de promotion. Car cet homme a passé toute sa vie entre deux avions ou entre quatre murs de bureaux feutrés, bien rafraîchis par l'air conditionné.

 

 

Loin d'être une promotion, sa nomination à ce poste répond vraisemblablement à un souci de mieux faire face aux attentes du peule que le président de la République sait très nombreuses; donc il fallait un non partisan, un technocrate à l'expertise avèrée comme lui pour y faire face.

Il a certes le profil du Premier ministre idéal parce que neutre, mais d'aucuns le taxent déjà de dépaysé, ignorant totalement les réalités en général et la nature du malien lambda en particulier.

 

 

Mais sa jeunesse joue en sa faveur à un moment où, le débat

Sur l'alternance générationnelle au sein de la classe politique continue de se poser avec acuité.

Oumar Ly bénéficie également de l'entière confiance de son  patron, le nouveau président élu qui, lui à son tour, bénéficie de la confiance de tout le peuple à en juger par les résultats sans appel des élections.

 

 

Son baptême de feu commencera par les critiques qui viseront certainement son gouvernement dès sa composition, mais surtout le grand forum du nord que son mentor a annoncé la tenue avant  fin 2013. Il essuiera certainement beaucoup de critiques, certaines objectives, d'autres particulièrement crypto- personnelles. Il va falloir tout supporter.

 

 

Mais il faut croire qu'il sera bien protégé et guidé par

Son patron de président qui attend également beaucoup de lui.

S'il y a un secteur où il est vivement attendu et où

il peut réussir certainement avec brio, c'est sur le dossier de l'assainissement des finances publiques, de la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Mais aussi et surtout, la mobilisation des milliards que la communauté internationale avait promis pour le Mali à Bruxelles. Pour cela, il n'aura aucun mal à drainer tous ces milliards annoncés vers notre pays grippé, asphyxié et même suffoquant de son économie violemment atteinte depuis plus de deux ans.

 

 

Avec un carnet d'adresses extrêmement bien fourni, M. Ly n'aura aucun mal à attirer de nouveaux investisseurs étrangers  pour booster notre économie et amorcer le développement de notre secteur industriel extrêmement faible par rapport à celui des pays voisins.

 

 

Tout cela est possible, à condition que les uns et les autres  lui accordent, ne serait-ce que le bénéfice du doute et l'accompagnent de façon sincère et patriotique en lui évitant  les crocs en jambes et les pièges politiciens, à la malienne.

 

 

De toutes les façons, un homme de sa trempe saura se tirer d'affaires, surtout avec les conseils avisés de son entourage.  Bon vent et bonne mission, M. Ly.

 

 

Harber Maïga  

Mali Web

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