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Chronique d’une rentrée sans enthousiame

Les rentrées scolaires se suivent et... se ressemblent. Il est midi et demi, M. Zenati, directeur de l'école primaire Mohamed Ben Dadou, dans le quartier Trois caves II d'El Harrach, n'a pas pris de pause-déjeûner. Il est arrivé à 7h30 au premier jour de la rentrée scolaire. Depuis 39 ans, Abdelkader Zenati vit cet événement qu'il qualifie de «difficile». Cependant, M. Zenati se plaît lorsqu'il s'investit pleinement dans l'activité pédagogique. «Ce n'est pas facile de réussir la rentrée scolaire avec tout ce que cela implique», assure cet ancien pédagogue. C'est la raison pour laquelle M. Zenati veille en personne au bon fonctionnement de cette rentrée. Il profite de la pause-déjeûner pour évaluer le premier jour de la rentrée scolaire. Le monsieur aux cheveux gris tient à ce qu'il se  présente aux élèves en costume-cravate. Le choix de la tenue n'est pas fortuit pour cet homme ayant consacré plus de la moitié de sa vie à l'enseignement. «Le métier exige la tenue vestimentaire. Celui de l'enseignement exige à ce qu'on soit en tenue correcte», affirme le directeur de l'école Mohamed Ben Dadou. A 13h45, la cour de l'école grouille d'élèves. Les cris des enfants retentissent. Le directeur met fin à la discussion pour suivre le mouvement de ces derniers. C'est du balcon du premier étage qu'il surveille la rentrée des classes. 13h pile, les 397 élèves et leurs enseignants sont dans les classes. La salle réservée à une trentaine d'élèves du préscolaire demeure vide. Les jouets et tout autre outil pédagogique sont toujours dans des armoires attendant les nouveaux arrivés dans cette école. Les élèves inscrits en première année sont divisés en deux groupes : l'un est composé essentiellement d'enfants ayant fait le préscolaire et l'autre est réservé à ceux qui n'ont pas eu la chance de le faire. «Les élèves qui ont fait le préscolaires arrivent déjà à lire des mots. Tandis que d'autres, c'est leur premier contact avec l'école», explique une enseignante. Cette école semble échapper au phénomène de la violence. Raison ? «L'administrateur ne doit pas tolérer l'insolence», affirme M. Zenati qui se montre très ferme à l'égard des enseignants puis des élèves. Sur les 14 enseignants que compte cette école, trois sont nouvellement installés. «Je leur ai expliqué la méthode de travail dans notre établissement. Mais surtout comment se comporter avec les élèves. De par mon expérience, l'enseignant doit faire en sorte que l'élève l'apprécie. C'est de cette manière que cet élève pourra aimer l'école», explique le directeur. En dépit de ces directives, M. Zenati confie toujours les classes de la 1re  et la 5e années aux plus expérimentés. Comme il insiste également à ce que les élèves de la 3e année soient formés par un ancien prof. «C'est vers la troisième année que le formateur détermine l'intelligence des élèves. Il peut même identifier des éventuels attardés», soutient le directeur de l'école Ben Dadou. Revenant sur les bons résultats scolaires de l'année dernière, il insiste sur le fait que ce n'est pas le fruit du hasard. «Je ne tolère pas le retard ni l'absence injustifiée», exige-t-il. Toutefois, il regrette l'absence d'une association des parents d'élèves qui pourrait appuyer ses efforts, notamment le volet qui concerne les activités de loisirs pour les enfants. L'excursion qui a disparu du programme scolaire demeure un moyen de défoulement et d'épanouissement pour les écoliers. «Si tu fais sortir l'élève chaque semaine, ce dernier commence la semaine d'après avec beaucoup d'énergie. En plus, les sorties collectives (avec les camarades et les enseignants) sont plus fructueuses que les sorties en famille. Mais seul, je ne peux pas tout faire», regrette le directeur qui a tout de même doté l'école d'instruments de musique et d'un cybercafé. Mais la connexion internet tarde à venir. «J'ai formulé une demande à l'APC et j'attends toujours», révèle le directeur qui rappelle que l'école doit être un espace pour l'égalité des chances dans la mesure où des disparités sociales existent et existeront toujours. Par souci d'être au diapason de l'évolution technologique, M. Zenati dote son école d'un site internet où la page d'accueil a été dédiée aux meilleurs élèves. Il reste le problème de la surcharge des classes qui se pose aussi pour cette école. Cette année la moyenne par classe est de 40 élèves.            

El Watan

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