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L’attaque américaine contre la Syrie durera trois jours et comporte des risques

L’attaque à l’arme chimique perpétrée le 21 août dernier près de Damas ( Syrie ) n’aurait pas été autorisée par le président syrien Bachar el-Assad, rapporte ce dimanche le journal allemand Bild am Sonntag citant des sources au sein des services de renseignement .
Selon le journal, ces informations ont été interceptées par le Service fédéral de renseignement allemand ( BND ).
Le BND estime que le président Assad sera en mesure de rester au pouvoir pendant encore longtemps même en cas de frappe américaine contre son pays. Dans le même temps, la guerre civile sanglante qui ravage la Syrie depuis mars 2011 risque elle aussi de durer encore plusieurs années, a déclaré le chef du BND Gerhard Schindler lors d’une réunion à huis clos tenue plus tôt dans la semaine.

L’opposition s’affaiblit

Le journal cite en outre l’inspecteur général de la Bundeswehr Volker Wieker qui fait état d’importants changements survenus dans les rangs de l’opposition armée syrienne. Ainsi, selon lui, la dénommée Armée syrienne libre ( ASL ), principale formation militaire des anti-Assad qui bénéficie d’un important soutien occidental, connaît un affaiblissement continu. D’ailleurs, l’afflux dans l’ASL de soldats ayant fait défection de l’armée régulière fidèle au gouvernement de Damas a pratiquement cessé.
A l’heure actuelle, le président américain Barack Obama cherche à obtenir le feu vert du Congrès pour une opération militaire contre le régime syrien que Washington accuse d’avoir utilisé le 21 août des armes chimiques dans une banlieue de Damas.

Assad rejette les accusations occidentales

Le président syrien a rejeté ce dimanche les accusations de l’Occident à son égard concernant l’utilisation d’armes chimiques, a annoncé la chaîne TV américaine CBS.
« Assad nie avoir donné l’ordre d’employer des armes chimiques », a dit le journaliste de la CBS Charlie Rose après une interview avec Bachar Assad.
Selon le président syrien, les preuves de l’attaque chimique présentées sont loin d’être incontestables. M.Assad s’est dit préoccupé par le fait que les frappes sur Damas font baisser la combativité de l’armée syrienne et changer l’équilibre des forces gouvernementales et de l’opposition dans le conflit civil.

L’attaque américaine durera 72 heures

Une éventuelle intervention américaine dans le conflit syrien se poursuivra trois jours, rapporte dimanche le Los Angeles Times se référant à des sources au sein du Département US de la Défense.
« Plusieurs séries de frappes seront réalisées, suivies chacune d’une évaluation de la situation sur le terrain. L’opération durera 72 heures, et tout porte à croire que ce sera tout », indique le journal citant un officier de l’armée américaine proche du dossier syrien.
Selon le quotidien, le Pentagone envisage d’étendre l’ampleur de son opération syrienne en y impliquant, outre les navires de combat, des bombardiers de l’armée de l’Air. Dans le même temps, la Maison Blanche a demandé une liste élargie des cibles à frapper en supplément aux 50 cibles fixées initialement.
Auparavant, les médias ont rapporté que le porte-avions nucléaire américain Nimitz avec son escorte était en route vers la mer Rouge où il pourrait participer à des frappes contre les forces gouvernementales syriennes. Dans le même temps, un autre groupe de navires de combat US dirigé par le porte-avions Harry S. Truman se trouve à présent dans la partie occidentale de l’océan Indien

Les frappes comportent des risques.

Le secrétaire général de la Maison Blanche Denis McDonough a reconnu ce dimanche que des frappes américaines en Syrie pouvaient conduire au risque de se retrouver traîné au milieu d’une guerre civile, comme celui de représailles.

Les risques de frappes sont multiples, a-il  reconnu sur la chaîne CNN, l’un des nombreux plateaux où il était présent dimanche, dont celui de se retrouver traîné au milieu d’une guerre civile en cours.

Nous devons faire très attention, être précis dans notre ciblage, limité dans notre engagement pour justement ne pas s’y retrouver traîné dedans, a-t-il ajouté, répétant le caractère limité des frappes envisagées. Ce n’est pas l’Irak ou l’Afghanistan, ce n’est pas la Libye.

Réaffirmant qu’il n’y aurait pas de troupes au sol, il a néanmoins refusé de répondre à une question sur la mobilisation éventuelle d’avions de combat.

Il y a aussi, c’est évident, un risque de réaction et de représailles contre nos amis. Nous nous préparons à toute éventualité et nous sommes prêts, a-t-il ajouté.

Le responsable américain s’est félicité par ailleurs du soutien apporté par de nombreux amis qui se tiennent à côté de nous.

L’Union européenne dit que le gouvernement syrien doit être tenu pour responsable. On n’en est plus à débattre si ( l’attaque par armes chimiques du 21 août ) a eu lieu ou non, c’est important, dit-il.

Il s’est néanmoins refusé à préciser si des soutiens en équipement ou troupes avaient été promis par un autre pays laissant entendre que tel n’était pas le cas à ce stade.

McDonough a par ailleurs affirmé sur la chaîne Fox qu’il était trop tôt pour parvenir à une conclusion sur le nombre de voix au Congrès en faveur de l’intervention. J’ai parlé avec des dizaines d’élus cette semaine (…) Nous n’avons pas l’intention de perdre le vote, a-t-il ajouté.

La question posée au Congrès, qui doit en débattre à partir de cette semaine, est de savoir s’il faut répliquer à cette attaque chimique horrible, a-t-il martelé.

 Des « centaines de missiles » sur Israël

Bachar el-Assad promet de tirer des « centaines de missiles » sur le territoire israélien si l’Otan attaque son pays, rapporte mercredi l’agence d’information iranienne Fars.

« Il ne me faudra que six heures pour transférer des centaines de missiles et d’obus sur les hauteurs du Golan et les tirer sur Tel-Aviv », a déclaré le leader syrien au cours d’une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

L’agence Fars ne précise pas la date exacte de la rencontre. Toutefois, certains médias affirment que cette déclaration a été faite le 9 août à Damas. Toujours selon Fars, en cas de frappe contre la Syrie, l’Iran attaquera les bâtiments de guerre américains dans le golfe Persique et demandera au mouvement chiite libanais Hezbollah de lancer des tirs de roquettes contre Israël.

« L’Iran attaquera les navires américains dans le golfe Persique, et les intérêts américains et européens dans la région seront menacés », a déclaré M.Assad cité par l’agence iranienne.

Incendie dans tout le Proche-Orient

Les Etats-Unis déclencheraient l’incendie dans tout le Proche-Orient en intervenant militairement en Syrie, a estimé dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères.
« Nous sommes préoccupés par le bellicisme dans cette région. Ceux qui ont la vue courte et qui font résonner les tambours de guerre déclenchent un incendie qui brûlera tout le monde », a estimé Mohammad Javad Zarif lors d’une visite en Irak.
« Une ingérence (en Syrie) affectera peut-être directement les pays de la région, y compris l’Irak, qui sera touché d’un point de vue sécuritaire et humanitaire », a ajouté le chef de la diplomatie iranienne, qui effectuait sa première sortie officielle à l’étranger depuis sa nomination.
Avec Agences

Tunisie Focus

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