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Coups de feu mortels

Il ne manquait plus que ça dans l'atmosphère sociopolitique délétère de ces derniers temps : la témérité suicidaire d'un soldat mutin, braqueur et aventurier qui visiblement voulait faire un grand coup à la résidence présidentielle et dans la caserne y contigüe.

TUINA Romuald puisque c'est de lui qu'il s'agit, a-t-il voulu voler des armes, saboter la poudrière du camp Naaba Kom et pire attenter à la vie du président Blaise Compaoré ? ? Mort dans les échanges de tirs du 31 août, l'intéressé ne peut plus aider à répondre à ces interrogations.

Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que pour un braqueur recherché, un mutin reformé de l'armée, c'est plus qu'une audace de revenir à Ouagadougou, de surcroît aller rôder aux environs du palais présidentiel et indûment revêtu de l'uniforme militaire.

Cette attitude de cet ancien soldat reconnu pour sa bravoure et ses capacités sportives était plus que suspecte et l'analyse qui consiste à dire qu'il voulait attenter à la vie du président du Faso, n'est pas aussi farfelue que certains voudraient le laisser croire.

En effet, sûr de ses connaissances militaires et de la topographie des lieux, l'aventurier a voulu, il faut le redire, faire une action d'éclat. Etait-il seul, a-t-il bénéficié de complicités et à quel niveau, pour oser aller défier la forteresse de Kosyam ? ?

Ces questions restent pour l'instant sans réponse mais non sans une vibrante interpellation des démocrates burkinabè. N'avons-nous pas prêté le flanc et encouragé l'aventure suicidaire de Tuina Romuald ? ? Ne dit-on pas que qui invoque les fantômes, les fantômes viendront à lui ? ? N'est-ce pas que ces derniers temps on a entendu et lu ici et là, des appels à peine voilés pour que l'armée intervienne une nouvelle fois dans le jeu politique ? ?

Si selon toute vraisemblance, la grande muette pour l'instant reste de marbre face aux appels des pieds et des mains de certains contempteurs du pouvoir en place, il n'est pas à exclure que des individualités notamment parmi ceux qui ont été renvoyés des rangs de l'armée ou ayant un quelconque passif avec les autorités actuelles ne soient tentés par le diable, pas forcément républicain. Au contraire.

Ces coups de feu mortels aux environs du palais présidentiel à Ouaga 2000 sont une occasion d'en appeler une nouvelle fois à la responsabilité des acteurs politiques mais aussi des syndicats et des mouvements de défense des droits de l'Homme.

Sachez revendiquer. Ne prêtez pas le flanc aux pêcheurs en eaux troubles. Il n'y a pas de conflits liés aux divergences politiques ou sociales qui ne puissent pas se servir des mécanismes de régulation républicaine, pour se résorber. Avec une bonne dose d'ouverture d'esprit, des compromis constructifs sont toujours possibles.

Sur l'opérationnalisation du Sénat, le Comité de suivi de la mise en ½uvre des réformes politique vient d'en donner une nouvelle fois la preuve. Il est parvenu à un nouveau compromis consensuel sur cette question controversée. Il faut s'en réjouir et espérer que la République continue de grandir et la démocratie de s'enraciner.

Il faut néanmoins croire que certains comme feu Romuald TUINA pour des raisons plus personnelles que politiques ne veulent pas de cela. Tous les démocrates devraient alors se donner la main pour conjurer leur dessein putschistes scabreux.

Et pour cause ? ! Ce pays en a vu de vertes et de pas mûres traumatisantes dans les Etats d'exception. Va-t-on dans la construction d'une république digne du nom, avancer ou plutôt reculer au rythme de un pas en avant, deux pas en arrière ? ? Non. Il faut progresser en s'arc- boutant sur les acquis, en corrigeant les insuffisances et en s'inspirant des expériences des autres démocraties.

C'est l'unique alternative pour que le Burkina de demain soit meilleure, tout au moins sur le plan des libertés démocratiques à celui d'aujourd'hui. Pour ce grand objectif, un sursaut des c½urs sera toujours nécessaire et indispensable pour que des TUINA Romuald, en fantômes indésirables ne viennent pas rôder ni au palais présidentiel ni ailleurs dans les allées d'aucune institution de la république.

Dans cette perspective, il faut vite tourner la page de ces coups de feu mortels à Kosyam et souhaiter que la paix s'installe dans les c½urs et les esprits afin que le Burkina continue d'être l'exemple de stabilité qu'il a été depuis 25 ans. Pour ce faire, ce ne sont pas les fantômes des Etats d'exception qu'il faut invoquer, mais bien les colombes de la paix avec en tête cette maxime que l'on prête à Félix Houphouët-Boigny ? : ?« La paix, ce n'est pas un mot, c'est un comportement ».

Le comportement de feu TUINA Romuald avant et durant cette nuit du 31 août où il a trouvé la mort, n'en prenait pas la direction. Bien au contraire.

L'hebdo du Burkina

Par : L'Hebdomadaire du Burkina

Le Faso

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