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La montagne, cette terre nourricière que l’on paupérise

Contrairement à la région des Hauts-Plateaux et au sud algérien qui ont bénéficié d'un plan de développement qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars, la montagne qui abrite près de 30% de la population du pays fait face à un manque criard de conditions de vie et de  commodités. La population montagnarde ne mène pas le même train de vie que les habitants de la plaine. Les services qui peuvent s'offrir à ces derniers comme les soins, l'école, le transport, etc., un montagnard dans plusieurs régions d'Algérie ne peut pas se les permettre. En outre, le manque d'investissement dans les zones de montagne et le sous-emploi qui en résulte ont fait fuir les jeunes vers les grands centres urbains dans l'espoir de trouver un travail. La conséquence de ce déséquilibre en matière de développement a fait également que plusieurs familles ont abandonné la terre des ancêtres qui ne fait plus vivre. L'exode qu'a connu la montagne et qui s'est amplifié avec l'avènement du terrorisme au début des années 90 ne semble pas s'arrêter. L'autre désastre est aussi celui de la mort de l'agriculture de montagne et la disparition des produits du terroir qui font la renommée de beaucoup de régions. Un fonds spécial pour la montagne Le directeur général de l'Aménagement et de l'attractivité du territoire, Mohand Saïd Benmerad, lors d'une journée d'étude sur la montagne organisé par le ministère de l'aménagement du territoire, de l'Environnement et de la ville, qui a lieu dimanche dernier à Tikjda, affirme qu'«il n'y a pas énormément de travail qui a été fait sur la montagne et on ne s'est pas intéressé à la spécificité des zones de montagne.» Selon ce dernier, les zones de montagne ont besoin d'un plan, d'une stratégie qui leur soient propres parce qu'elles présentent un certain nombre de spécificités qui font qu'elles se distinguent des autres zones. Haddadou Mehenni, P/APC de la commune d'Akfadou (Béjaïa), lui, a mis l'accent sur le manque de moyens auquel font face les communes à caractère rural et montagneux. De ce fait, il a fait appel aux autorités concernées afin qu'elles pensent à la création d'un «fonds spécial pour les zones de montagne». «Il y a le fonds des Hauts-Plateaux, le fonds des régions du sud, nous sommes pour cette idée, mais les zones de montagne ont aussi besoin d'un fonds pour se développer et surtout pour stopper l'exode», dit-il. «L'élu local n'est pas associé dans la plupart des grands projets de développement comme les PCD ou PNSD, alors qu'il est le mieux placé pour faire des propositions, agir et mieux développer sa région», regrette le P/APC d'Akfadou qui est le seul maire à venir assister à cette journée d'étude sur la montagne. L'environnement en péril Mme Adjali Samia, architecte et experte en aménagement des territoires et spécialiste des Aurès, dans sa communication sous le thème : «Problématiques et perspectives de développement socio-économique des zones de montagne», souligne que «superposer des projets et des programmes ne sert à rien.» «Il faut d'abord parler d'un projet global, sur une vallée par exemple, ou sur un territoire de la montagne de façon à ce qu'il y ait tous les acteurs. Et surtout former les jeunes aux métiers de la montagne. Des jeunes issus de la montagne», a-t-elle recommandé. Ainsi, selon M. Benmerad, l'un des problèmes majeurs qui freine la relance de l'économie de montagne demeure l'inaccessibilité. «Il faut des investissement énormes pour offrir des services de qualité aux populations montagnardes. Les zones de montagne sont un réservoir d'eau, elles sont d'une valeur patrimoniale en matière de ressources biologiques tellement importantes qu'elles ont besoin d'une attention particulière», dit-il. Par ailleurs, en matière de la protection de l'environnement, M. Benmerad affirme que l'aménagement des zones de montagne consiste à développer des activités spécifiques qui sont respectueuses de l'environnement, dont le tourisme, l'artisanat, petite industrie de pointe. Cependant, les montagnes algériennes se trouvent actuellement dans une situation lamentable. L'on constate, lors de cette rencontre régionale sur la montagne, l'absence des responsables  du secteur du tourisme, dont le rôle est aussi de faire de la montagne, qui englobe près de 722 communes, une destination pour les visiteurs nationaux et étrangers. D'où la relance de l'économie de montagne comme cela se fait à travers plusieurs pays du monde.  

El Watan

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