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Les Touaregs restent fidèles à Kadhafi

C’est aujourd’hui un secret de polichinelle. Dès les premiers jours de l’insurrection en Libye, il a été rapporté que Kadhafi a utilisé des mercenaires étrangers, notamment des ex-rebelles touaregs maliens et nigériens dans sa lutte contre les insurgés.

C’est ce que démontre la revue de la Royal African Society, une organisation basée au Royaume-Uni et regroupant des chercheurs qui œuvrent à une meilleure visibilité de l’Afrique dans le monde.

Pour l’heure, aucune estimation n’est faite de l’importance de la taille des troupes de Mouammar Kadhafi. Mais la revue de la Royal African Society revient sur l’apport des combattants touaregs dans le conflit et aussi sur la façon dont ils étaient recrutés. Les chercheurs se demandent si l’enrôlement était fait de manière organisée par le régime déchu de Tripoli ou si à l'inverse, il a été effectué spontanément par les autres combattants pro-Kadhafi.

En tout état de cause, les Touaregs et les ex-combattants des rebellions touarègues du Mali et du Niger ont bien fait partie des troupes. Aïr-Info, un journal d’Agadez au Niger, mentionné dans l’article de la revue de l’African Royal Society, a même fait savoir que chaque Touareg recevait de Kadhafi la somme de 400 euros, un fusil et des munitions, avant de rejoindre le front pour aider à sauver le régime libyen. Ils étaient ainsi quelque 1500 combattants touaregs du Mali et du Niger à prendre une part active au conflit qui a duré six mois, ajoute la revue.

Les chercheurs qui ont mené diverses enquêtes sur place, expliquent cependant que la plupart de ces ex-rebelles ouest-africains étaient déjà présents en Libye lorsque le conflit a démarré.

Tous avaient obtenu le droit de vivre et de travailler en Libye, du fait de leurs anciennes relations avec Kadhafi. Les chercheurs précisent cependant que tous ces Touaregs ne combattaient pas seulement parce qu’ils percevaient un salaire en retour. Leur implication étaient motivée par un réel attachement au régime de Mouammar Kadhafi en reconnaissance du soutien que le Guide libyen leur a apporté pendant la rébellion dans leurs pays.

Seulement, la plupart des combattants touaregs sont maintenant de retour au Mali et au Niger. Mais, révèle la Royal African Society, ils ont probablement pillé des stocks d’armes de l’armée libyenne et même réussi à détourner une partie des armes parachutées par la France pour aider les combattants du CNT.

Lu sur Royal African Society