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Les créances en souffrances en hausse

 

Les crédits bancaires à l'économie ont progressé de 0,8 % à 724,7 milliards de dirhams. Les crédits immobiliers, malgré un ralentissement du marché, continuent à tirer le marché.

 

Le financement de l'économie nationale par le secteur bancaire tourne au ralenti, la faute à une conjoncture économique morose. En effet, selon les données de Bank Al-Maghrib à fin juillet 2013, les crédits bancaires à l'économie, qui constituent l'essentiel du financement de l'économie nationale, n'ont affiché qu'une molle progression de 0,8 % à 724,7 milliards de dirhams, à cause du ralentissement de tous les segments du marché, à commencer d'abord par les crédits immobiliers, principal moteur de l'évolution de l'encours des crédits bancaires au cours de ces dernières années. Le retournement de conjoncture au niveau du secteur, qui se matérialise par la baisse du régime des mises en chantiers et la morosité au niveau des ventes de logements, phénomènes qui commence même à toucher, selon des spécialistes, le segment social au niveau de certaines régions, est en grande partie à l'origine du ralentissement de la croissance de l'encours des crédits au niveau du secteur. En effet, au terme des 7 premiers mois de l'année, l'encours des crédits immobiliers n'a progressé que de 3,7 % à 228,26 milliards de dirhams. Toutefois, au niveau de ce segment, la hausse est le fait uniquement des crédits à l'habitat accordés aux particuliers, qui sont en progression de 4,9 % à 157,93 milliards de dirhams. Malgré une certaine montée des risques au niveau des prêts accordés à certaines couches de la population et aux MRE dont certains font face à des difficultés liés à la crise dans leur pays d'accueil, les banques continuent à financer le marché, notamment au niveau du segment social où la demande reste relativement forte dans certaines régions comme Casablanca et dans une moindre mesure à Rabat. Il faut souligner que grâce à l'hypothèque, les banques ne risquent pas gros au niveau du financement de ce segment. Toutefois, en ce qui concerne les prêts accordés aux promoteurs immobiliers, les banques sont de plus en plus réticentes et sélectives. Les projets sont passés au crible et les financements sont octroyés en fonction de la nature du projet (social, moyen ou haut standing), la région d'investissement, la solidité du promoteur, les perspectives de commercialisation, etc. De plus, les conditions de crédits se sont légèrement durcies avec des taux relativement plus élevés. De ce fait, au cours des 7 premiers mois de l'année en cours, l'encours des prêts bancaires accordé aux promoteurs immobiliers n'a pas varié d'un iota. Et par rapport à la même période de l'exercice précédent, il s'est contracté de -2 % à 68,13 milliards de dirhams.

 

Encours des crédits d'équipements en recul

 

A côté des crédits immobiliers, l'encours des crédits à la consommation s'est légèrement amélioré de 2,6 %à 40,65 milliards de dirhams et ce malgré la baisse des ventes d'automobiles. Cette hausse peut s'expliquer par le fait que de nombreux particuliers recourent aux prêts personnels accordés par le secteur bancaire et non aux sociétés de financement.

Par contre, au niveau des crédits d'équipements, l'encours des crédits a reculé de 2,1 % à 135,15 milliards de dirhams. Cette situation s'explique par une conjonction de facteurs. D'abord, face à conjoncture économique difficile avec des baisses de commandes et au manque de visibilité, les opérateurs économiques ont tendance à remettre à plus tard leurs projets d'investissement et donc leur demande de financement. Pour les banquiers, c'est la principale raison de la baisse de l'encours des crédits d'équipements. Ensuite, cette contraction s'explique aussi par les durcissements des conditions d'octroi de prêts aux entreprises par les banques du fait de la montée des risques et du renforcement des règles prudentielles de Bank Al-Maghrib. En outre, les banques, faisant face à des resserrements de liquidités, diversifient leurs sources de refinancement avec à la clé une hausse du coût de l'argent répercutée sur la clientèle et rendant ainsi les taux d'intérêt plus élevés.

Face à cette situation, et afin d'éviter que la PME ne soit pas davantage touchée par cette problématique de financement bancaire, Bank Al-Maghrib et ses partenaires (GPBM, CCG, etc.) ont mis en place de nouveaux instruments visant à encourager le financement de la TPE et PME.

Enfin, si l'encours des crédits bancaires à l'économie ralentit, les créances en souffrances, par contre, continuent à progresser. Ainsi, à fin juillet, et par rapport à décembre 2012, celles-ci ont augmenté de 12,4 % (+4,4 milliards de dirhams) à 39,67 milliards de dirhams, soit 5,5 % du montant total des crédits. Cette forte hausse atteste de la montée des risques qui touche plusieurs pans de l'économie nationale du fait de la conjoncture économique difficile.

MD

La Nouvelle Tribune

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