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Rapport : Sensibilisation sur le projet le dromadaire et l’autruche un espoir de développement intégré du mali

Le samedi, 31 août 2013, s'est tenue dans la salle Balla Moussa KEITA du Centre International de Conférence de Bamako (CICB) la journée de Sensibilisation sur le projet « LE DROMADAIRE ET L'AUTRUCHE : UN ESPOIR DE DEVELOPPEMENT INTEGRE DU MALI», sous la présidence de Monsieur Bruno MAIGA, ministre de la culture du Mali.

 

 

Après la présentation du programme de la journée par Madame N'Dèye SISSOKO, journaliste à l'ORTM, la parole est revenue à Monsieur Kagnoumé Jean Bosco KONARÉ, président du Groupe Vision pour la renaissance du Mali. Dans son adresse, Monsieur KONARÉ a remercié le Ministre de la culture pour son engagement personnel dans la tenue de cette journée consacrée au dromadaire et à l'Autruche. Le président du groupe a également remercié spécialement les  délégués venus de la Mauritanie et du Niger, ainsi que tous les acteurs de la culture de Bamako et de l'intérieur du pays. Monsieur KONARÉ a souligné l'importance du dromadaire que les populations de notre pays, notamment sa partie septentrionale, connaissent parfaitement. Le dromadaire et l'Autruche sont une ressource inestimable qu'il convient d'exploiter, précisera-t-il. L'exploitation du dromadaire et de l'Autruche, dira le président du groupe, est un facteur déterminant pour la réconciliation nationale car cette réconciliation passera aussi et surtout par le développement économique des régions du Nord.

 

 

Prenant la parole, à son tour, le ministre de la culture, Monsieur Bruno MAIGA, a souligné le partenariat fécond entre l'Etat et le privé à travers le projet « LE DROMADAIRE ET L'AUTRUCHE : UN ESPOIR DE DEVELOPPEMENT INTEGRE DU MALI». Le ministre a souligné l'importance de promouvoir des projets pluridisciplinaires comme celui du dromadaire et de l'autruche. Il a ensuite salué l'initiative de la ferme Klédu dont le promoteur apparaît comme un précurseur dans le domaine.

 

 

Après la présentation du roman POURQUOI IL NE NEIGE PAS ICI, par monsieur Ousmane KONATE, Monsieur Samba NIARE a pris la parole pour présenter le projet « LE DROMADAIRE ET L'AUTRUCHE : UN ESPOIR DE DEVELOPPEMENT INTEGRE DU MALI». Il a profité de l'occasion pour réitérer sa proposition de délocalisation de l'IPR de Katibougou à Niono pour que l'école retrouve la vie. S'en est suivi la projection du diaporama consacré au dromadaire et à l'Autruche où l'on a pu mesurer la présence planétaire du dromadaire et du chameau  et surtout du profit que le Mali pourrait tirer de l'exploitation économique de ces deux animaux. Monsieur Samba NIARE a également mis l'accent sur l'importance d'un chameaudrome dans le nord du Mali. Ce serait, a-t-il souligné, l'occasion de relancer le tourisme et l'économie de ces régions en particulier et du Mali, en général. Faisant allusion à son roman, POURQUOI IL NE NEIGE PAS ICI, Samba NIARE a conclu en ces termes : « le rêve ne deviendra jamais réalité tant que les croûtes ne tomberont pas ».

 

 

Après la pause, la visite guidée de l'exposition des produits artisanaux issus de l'autruche et celle de l'enclos des dromadaires et autruches, les travaux proprement dits ont commencé par l'intervention du représentant de l'IER, Monsieur Bantiéni TRAORÉ sur le thème CONNAISSANCE DU DROMADAIRE ET DE L'AUTRUCHE EN LEURS APPROCHES ÉCONOMIQUES. Dans son entame, Monsieur TRAORÉ a indiqué que le dromadaire constitue une grande potentialité encore mal exploitée car, excepté Sikasso et Bamako, le dromadaire est présent sur l'ensemble du territoire national. Il a surtout mis l'accent sur la production importante de lait de dromadaire. Poursuivant son intervention, Docteur Bantiéni TRAORÉ a présenté les quatre types génétiques du dromadaire présents au Mali.

 

 

 

Présentant l'autruche, Monsieur TRAORE a indiqué que dans cet animal « rien ne se perd, tout se transforme ». Malheureusement, dira-t-il, le braconnage a eu raison de l'animal qui a pratiquement disparu à l'état sauvage. Il mettra l'accent sur l'élevage périurbain notamment celui de la ferme Klédu avec laquelle l'IER a un projet de travail. Deux défis majeurs attendent le Mali, dira Monsieur Bantiéni TRAORÉ, à savoir la réintroduction de l'autruche dans son milieu naturel et l'élevage périurbain. Il a espéré que la journée de sensibilisation sur le dromadaire et l'autruche contribuera à relancer la filière de l'autruche.

 

 

 

La deuxième intervention a été celle de Docteur Nakani DIALLO, de la ferme Klédu, sur le thème : La connaissance de l'autruche et du dromadaire. Dr Diallo a fait l'historique de l'élevage de l'autruche à la ferme Klédu. Elle a ensuite présenté les caractéristiques physiques de l'animal, la ponte, la couvaison, l'alimentation etc. mais également son milieu naturel, les maladies auxquelles l'animal est confronté et qui prennent des allures inquiétantes à cause des difficultés liées à la faiblesse de l'environnement médical. Dr Diallo a ensuite mis en exergue l'immense profit qu'il y a à tirer de l'élevage de l'autruche dont le prix de vente par tête peut atteindre la somme surprenante de 600 000 mille francs CFA et les ½ufs fécondés à 100 000 FCFA. Dr Diallo a ensuite mis l'accent sur la valeur hautement commerciale des plumes, de la peau, de la viande surtout, excellente comme substitut à la viande rouge. Dr Nakani DIALLO a ensuite présenté le dromadaire dont elle a évoqué la difficulté d'élevage dans la ferme Klédu à cause de la nature du sol qui est inadapté à l'animal.

 

 

 

Prenant la parole, le délégué mauritanien, Monsieur Ichidou NAGI de TIVISKI, a précisé que son intervention ne sera pas académique. Il s'est surtout étonné que les maliens ne connaissent pas le chameau et consomme très peu ou pas du tout le lait de chamelle dont la valeur nutritive n'est plus à démontrer. Le Mali, dira-t-il, est un pays naturellement indiqué pour promouvoir l'élevage du dromadaire par son climat favorable. La viande de dromadaire, son lait sont des merveilles dont les bienfaits sont insoupçonnables. Monsieur Ichidou NAGI dira que l'initiative privée doit être à la base de notre développement et qu'il convient de compter d'abord sur nous-mêmes car l'occident ne fera rien pour la promouvoir s'ils n'y a  pas un intérêt certain.

 

 

 

Ce fut le tour de Monsieur Ilou ISSA, de l'association nigérienne pour la dynamisation des initiatives locales, ONG Karkara basée au Niger. Monsieur Ilou ISSA a mis l'accent sur l'importance du dromadaire au Niger, base de l'alimentation locale. L'animal, précisera-t-il représente 14% du cheptel du pays soit environ un million cinq cent mille têtes. Il est  ressorti de l'exposé de Monsieur Ilou ISSA la grande importance que revêt le dromadaire autant au Niger qu'au Mali. L'ONG Karkara s'attèle, dira-t-il à, entre autres :

 

 

- l'amélioration des connaissances sur l'élevage camelin au Niger,

- les aspects pratiques d'amélioration,

- les aspects zootechniques et sanitaires,

- les aspects économiques

Ce sont en tout quatre projets spécifiques au dromadaire qui sont mis en ½uvre par l'ONG Karkara pour la connaissance, la promotion et l'exploitation économique du dromadaire

 

 

 

Après chaque série de deux premières interventions, ce fut la séance des questions. Le représentant des Eaux et forêts, Monsieur Mamary KOKAÏNA, a, dans une contribution, regretté que son service n'ait pas été invité à faire une communication car, dira-t-il, l'autruche est une espèce intégralement protégée dont la chasse et l'élevage obéissent à une réglementation nationale et internationale en vigueur au Mali. Le modérateur, Monsieur Brahima Mariko, l'a invité à produire par écrit ses remarques et suggestions pour les besoins du rapport général de la journée de sensibilisation. L'ensemble des préoccupations soulevées par les questions ont été pris en compte dans les réponses données par les présentateurs. Mais comme l'a souligné le professeur KONARE, la présente journée a pour ambition de susciter la réflexion, de conduire à l'action ; il est donc impossible d'épuiser toute la question sur le dromadaire et l'autruche.

 

 

 

Dans le deuxième groupage des questions, Madame N'Dèye SISSOKO a souhaité que les représentants mauritanien et nigérien disent, s'il y a lieu, leurs expériences respectives dans l'élevage du dromadaire notamment comment on en est arrivé à le structurer pour ce qui concerne la Mauritanie. Elle a précisé ne pas voir la dimension développement intégré dans les communications tel qu'il apparaît dans l'intitulé du thème. Répondant aux questions qui lui étaient posées, Monsieur Ichidou NAGI a exprimé sa disponibilité à accompagner toute initiative malienne pour la promotion du lait de chamelle notamment l'implantation d'une usine au Mali mais pas la fabrication du fromage, a-t-il tenu à préciser, car ce fromage est un secret de fabrication. A propos de l'odeur que dégage le lait de chamelle, Monsieur Ichidou NAGI a déclaré que le dégazage permet de l'atténuer considérablement. Dans ses réponses, Monsieur Ilou ISSA a indiqué que la promotion du dromadaire au Niger s'est imposée d'elle-même car cet animal est l'un des rares à supporter les conditions climatiques rigoureuses du Sahel.

 

 

 

Après la pause-déjeuner, les interventions ont repris avec le Commandant Moussa Diallo, représentant le ministère de la défense sur le thème : Approches sécuritaires du dromadaire. Le Commandant Moussa Diallo a précisé que seule la garde nationale est dotée de dromadaires. L'utilisation de dromadaires répond à des préoccupations économiques, a-t-il précisé. Mais il y a aussi des contraintes du milieu. Le dromadaire pouvant rester des jours sans manger ni boire, est le moyen de transport le plus approprié pour couvrir des zones aussi vastes que les régions du nord. Les éléments à dromadaires jouent les mêmes rôles que les engins motorisés comme le transport du  matériel militaire et sanitaire. D'ailleurs, précisera le Commandant Diallo, le dromadaire est un matériel militaire avec un carnet et un matricule. Le Commandant Diallo a souligné la coopération transfrontalière entre méharistes du Mali et ceux de Mauritanie, en particulier. Ce fut après le tour du Commissaire principal Amadou Diakité, du ministère de la sécurité intérieure et de la protection civile de prendre la parole. Après avoir confirmé les propos de Commandant Diallo, Monsieur Diakité a déclaré que toutes les mesures sont prises pour remettre sur pied les méharistes du Mali.

 

 

 

Le thème Approches culturelles, touristiques et artisanales a été développé par Monsieur IYOR AG HAMAMA, membre du Festival au Désert. Dans son intervention, Ag HAMAMA a souligné la fierté qu'a le jeune Touareg à posséder un beau dromadaire, soulignant ainsi sa dimension culturelle. Il a ensuite mis l'accent sur la capacité d'adaptation du dromadaire ce qui fait de l'animal le compagnon indispensable du nomade.

Au nom de la Direction nationale de l'Artisanat, Monsieur Issa TRAORE a indiqué que la construction de chameaudrome dans le nord du pays servira l'artisanat local ; Monsieur Traoré a exprimé tout l'intérêt de son département pour le projet.

 

 

 

Le représentant de l'Office Malien du Tourismeet de l'Hôtellerie (OMATHO) a déclaré que la ferme Klédu, située non loin de la capitale malienne représente une opportunité majeure pour le tourisme au Mali dans la mesure où la majorité des touristes commencent leur visite du Mali par Bamako. Monsieur Mamary DIARRA a d'ores et déjà soutenu l'idée d'organiser les visites de la ferme exclusivement à dos de chameaux ou d'ânes. Ce serait, a-t-il souligné, une décision hautement écologique pour préserver l'environnement naturel de la ferme. Ces interventions ont été complétées par Monsieur Ilou Issa, qui a mis en exergue les approches artisanales et sécuritaires du dromadaire au Niger.

 

 

 

Les travaux ont pris fin par les mots de remerciement du Professeur Kagnoumé Jean Bosco KONARE qui a une fois de plus salué l'implication totale du département de la culture. Il a rendu un hommage particulier aux deux délégués de Mauritanie et du Niger dont les éclairages ont été d'un apport inestimable. Il a également salué tous les participants pour leur intérêt et leur implication.

 

 

 

Fait à Bamako, le 31 août 2013

 

LE RAPPORTEUR

Ousmane Konaté

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