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La nature fait une fleur aux oiseaux sud-africains

Une longue tige verticale, sans épines, et même sans branches. A sa base une fleur, qui, en guise de pétales, possède de longs tubes rouges. L’oiseau n’a plus qu’à s’y agripper, tête baissée, et enfoncer son bec pour retirer le précieux nectar. Nourriture contre fertilisation, un échange de bons procédés.

La plante, surnommée «Rat's Tail» (queue de rat) en Afrique du Sud, émerveille les botanistes, rapporte BBC News le 7 septembre. Cette espèce endémique de la région du Cap semble en effet avoir évolué spécialement pour permettre aux oiseaux de venir s’y poser, et favoriser ainsi la pollinisation des fleurs.

Une équipe internationale a présenté dans la revue Annals of Botany les résultats de son étude, qui «soulève des questions sur l'influence qu’ont les pollinisateurs sur les stratégies de reproduction des […] fleurs et des plantes».

«C'est une découverte fascinante», commente le biologiste Simon Hiscock, de l'université de Bristol.

Dans la nature, certaines plantes atteignent des proportions impressionnantes pour attirer l'attention de leurs pollinisateurs. Selon les espèces, elles séduisent ainsi les insectes, les oiseaux et les petits mammifères à l’aide de fleurs aux formes rondes, colorées et au parfum savoureux.

Quand les scientifiques ont découvert la Queue de rat, ou Babiana ringens (de son vrai nom), ils soupçonnaient que sa structure extraordinaire avait quelque utilité. Ce qu'ils ignoraient encore, c'est que cette plante ne se donnait qu'aux oiseaux. Et elle est même encore plus sélective que ça, car seule une espèce vient s’y abreuver, les Souïmanga. En anglais, on les appelle «Sunbirds», oiseaux du soleil, à cause des reflets métalliques qui ornent leur plumage.

Cette espèce, qui se nourrit exclusivement du nectar des fleurs, aime à se percher au moment du repas. Selon le professeur Barret, co-auteur de l’étude, les oiseaux ne se risquent pas à boire le nectar d’une fleur située au ras du sol. Cela reviendrait à s’exposer aux prédateurs terrestres.

Ainsi, du fait de sa longue tige suspendue au-dessus de la fleur, les chercheurs ont conclu que la Babiana ringens s'était spécialisée pour la perche des Souïmanga.

Alors, inséparables, l'oiseau et la fleur?

«On a constaté qu'elle est aussi capable se reproduire toute seule et il est clair que la Babiana peut adopter d'autres stratégies d'accouplement […] en fonction de la disponibilité des Souïmanga».

Prudente, la Babiana ringens; elle ne met pas tous ses oeufs dans le même panier.

Lu sur BBC News, Science Daily