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HRW :

Les autorités tunisiennes doivent immédiatement libérer le cameraman Mourad Mehrezi, dont l’arrestation pour avoir filmé quelqu’un jetant un ½uf sur le ministre de la Culture est un coup dur pour la liberté des médias, a déclaré Human Rights Watch ( HRW ) aujourd’hui. La seule preuve contre Mehrezi, accusé d'être complice de l’agression, sont de prétendus aveux, qu’il affirme ne pas avoir signés. Le directeur de sa chaîne de télévision a indiqué qu’il avait une autorisation de filmer. Un cameraman ne devrait pas être poursuivi juste pour avoir filmé une agression.

La police a arrêté Mehrezi, qui travaille pour la chaîne de télévision Astrolabe TV, le 18 août 2103, deux jours après qu’il ait filmé le geste du réalisateur Nasreddine Shili écrasant un ½uf sur le visage du ministre de la Culture Mehdi Mabrouk. Le 23 août le procureur a engagé des poursuites contre Mehrezi qui comprennent le complot visant à attaquer un fonctionnaire et la nuisance à la moralité publique. Le procès de Mehrezi débutera le 5 septembre, et s’il est reconnu coupable de toutes les accusations, il risque jusqu’à sept ans de prison.

« L’absence de preuves de complot signifie que Mehrezi est effectivement détenu pour avoir fait son travail, c'est-à-dire filmer les événements », a déclaré Joe Stork, agissant en tant que directeur de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les poursuites engagées contre lui sont un mauvais précédent pour la liberté des médias en Tunisie. »

Mehrezi filmait une manifestation au centre culturel Ibn Khaldoun à Tunis le 16 août à l’occasion du 40ème anniversaire de la mort de l’artiste tunisien Azzouz Chennaoui. Shili a perturbé l'événement en lançant un ½uf sur le ministre. La police judiciaire a arrêté Mehrezi deux jours après qu'Astrolabe TV ait publié des images de l’incident. La police lui a déclaré quand ils l’ont arrêté qu’ils le soupçonnaient de complicité dans l’agression du ministre, ce que Mehrezi nie.

La police a arrêté Shili quatre jours après l’incident et il est maintenant en détention.

Mehrezi et Shili doivent comparaitre pour les chefs d'inculpation de complot visant à agresser un fonctionnaire ; nuire à l’ordre public et la moralité publique ; diffamation d’un fonctionnaire, ivrognerie, trouble à la paix, à la tranquillité et au bien-être des citoyens ; et perturbation de la vie privée à travers les réseaux publics de communication, sous l’article 86 de la loi sur les télécommunications de 2001.

Ahmed Amine Ben Saad, directeur d’Astrolabe TV, a déclaré à Human Rights Watch qu’il avait demandé à Mehrezi de filmer la cérémonie et a montré à Human Rights Watch son ordre de mission écrit.

Human Rights Watch a examiné l'intégralité de la vidéo de l’incident filmé par Mehrezi. Elle montre le ministre en train d'être interviewé par un journaliste lorsque Shili s’approche de lui et lui écrase un ½uf sur la tempe gauche et le front.

Le bureau du procureur a déclaré dans un communiqué le 23 août que Mehrezi et Shili ont avoué qu’ils avaient préparé l’agression ensemble et que Mehrezi le savait à l’avance. Ayoub Gdhemsi, l’un des avocats de la défense de Shili et Mehrezi, a expliqué à Human Rights Watch que lors d’une visite en prison le 28 août, Mehrezi lui a affirmé avoir refusé de signer la déclaration de la police parce qu’elle contenait de fausses accusations au sujet de sa complicité dans l’agression.

Le maintien en détention de Mehrezi semble violer la loi tunisienne ainsi que le droit international des droits humains. L’article 13 du décret-loi 115-2011, qui réglemente la liberté de la presse en Tunisie, affirme qu'un «journaliste ne peut, être tenu pour responsable d'une opinion, idée ou information qu'il aura publiée conformément aux usages et déontologie de la profession ; il ne peut également être tenu pour responsable en raison de ses fonctions que s'il est établi qu'il a violé les dispositions du présent décret-loi. » L'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, un traité auquel la Tunisie est un État partie, garantit le droit « de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix », tout en permettant une restriction de ce droit seulement lorsque la loi le prévoit et que cela est nécessaire pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques, ou « par respect des droits ou de la réputation d’autrui. »

« Si les autorités tunisiennes ne libèrent pas Mehrezi rapidement et n'abandonnent pas les charges retenues contre lui, elles confirmeront que l’espace pour la liberté des médias se rétrécit », a conclu Joe Stork.
Communiqué publié le 3 septembre 2013

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