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Elections en Ouganda: le nord désabusé

Il y a peu d’espoir pour que s'améliore la situation des villageois du nord de l'Ouganda, malgré les élections législatives et présidentielles prévues le 18 février prochain. Ce triste constat est établi par Irin, le site d’information des Nations Unies sur les situations humanitaires. Ces perspectives pessimistes concernent particulièrement les anciennes populations déplacées aujourd'hui au nord du pays. Leurs besoins sont colossaux, mais les solutions se font attendre depuis des années.

Entre 1988 et 2006, l’Armée de résistance du Seigneur (en anglais Lord’s Resistance Army, LRA) dirigée par Joseph Kony avait engagé la rébellion armée contre le régime du président Yoweri Museveni, dans le nord de l’Ouganda. Pendant presque vingt ans, la région a été plongée dans la guerre civile. Les villageois n’avaient alors pas le choix; il fallait coopérer avec les rebelles, ou bien fuir. C’était le temps des enfants-soldats et des esclaves sexuels. Selon l’ONU, deux millions de personnes se seraient réfugiées dans des camps.

Depuis la fin des combats en 2006, la majorité a regagné les villages… à ses risques et périls. A leur retour, il trouvèrent encore moins d’infrastructures qu'avant le début du conflit. C’est pourquoi les milliers d’électeurs du nord qui se sont inscrits sur les listes en 2011 réclament des écoles, des hôpitaux, des routes mais aussi l’accès à l’eau potable, l’indemnisation du bétail volé ou des victimes des mines de guerre. Mais les témoignages recueillis par les Nations Unies indiquent qu'ils ont peu de chances d’être entendus

Obol Olyel a survécu à la guerre du LRA, et a perdu deux de ses fils en 2003. Il se montre sceptique:

«Nous avons déjà voté deux fois en espérant que notre situation s’améliore, mais rien n’a changé. Je suis content d’être enfin de retour chez moi. Mais qu'on vote ou non, le gouvernement ne se sent pas concerné par la situation de nos villages.»

Le président Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986, et c’est la seconde fois seulement qu’il organise des élections multipartites (il y a huit candidats cette année). Si Catherine Ashton (représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité) les considère comme «très importantes», les Ougandais du nord eux ne fondent plus de grands espoirs dessus.

Lu sur Irin News