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Et si on parlait des relents de la Médiation Pénale, de ce Marché florissant

Médiation Pénale et Marché florissant

Un citoyen sénégalais dont je tairais le nom, à dessein, épinglé dans la traque des biens supposés mal acquis, pour éviter dit - on, un séjour carcéral (prison), a déboursé trois milliards six cents millions de francs CFA, sur le montant escompté qu'il détiendrait. Si cette liberté octroyée à ce dernier est réelle et définitive, l'objectif premier de cette traque serait dévoyé et se serait détourné de son point de mire, le but d'assainir la gestion des finances publiques et la moralisation de la fonction. Si cet objectif consistait au départ, croit-on savoir, à restituer l'intégralité des deniers acquis malhonnêtement et à encourir une peine d'emprisonnement proportionnée à l'importance du détournement ou de l'enrichissement illicite, pour délit de vol assorti d'une amende, le pays, dans le règlement définitif de cette question, en déviant de sa trajectoire initiale s'engagerait dans une mauvaise voie aux conséquences incalculables. Si le Détournement et l'Enrichissement illicite ne portent plus atteinte à la morale individuelle et universelle, alors, il n'est plus besoin ni nécessaire que leurs auteurs les nient parce que ceux-ci ouvrent un marché florissant, prospère qui marche très bien, juteux, facile, très intéressant et encourageant dans la malfaisance, dans la délinquance de la gestion financière des fonds publics. Ces auteurs sont sans crainte d'une action punitive puisqu'en remboursant une partie de ce dont ils se sont appropriés illégalement et en gardant le reste, ils s'en sortent à merveille.

Les retentissements sur le plan de la morale tout court, de la Diplomatie, de la respectabilité et de la crédibilité de l'Etat et du citoyen sénégalais honnête, placeront le pays dans une mauvaise posture sur l'échelle des valeurs. Celui-ci y perdra de sa dignité, de son honorabilité et de son prestige, dans des changements d'attitude inexplicables et d'un manque de fermeté dans une prise chancelante des décisions.

Le chef de l'Etat est interpelé au premier chef, pour rectifier le tir, en demandant à ceux qui ont en charge ces dossiers, d'aller jusqu'au bout de la logique juridique, pour éviter à la nation, le mépris des uns et des autres, et le quolibet. Oui, la Justice peut accepter des acomptes sur les montants détournés mais restera ferme dans ses principes, pour la loi elle-même, pour la société qui lui fait confiance et pour le monde entier qui la regarde faire, en sévissant sans faiblesse et sans état d'âme, si la culpabilité est prouvée, sans l'ombre d'un doute. C'est ce que le peuple attend d'elle. Sinon, le travail de l'Inspection Générale d'Etat(IGE),de la Cours des Comptes et de la Cour de Répression de l'Enrichissement illicite (CREI) et d'autres institutions du même genre, se réduirait au travail de Sisyphe ou du tonneau des Danaïdes, c'est-à-dire à un travail inutile, ou du moins, à une tâche au goût d'inachevé, ce qui n'est pas souhaitable.

Moralisation de la fonction

Que dire de ce fonctionnaire de l'Etat sénégalais qui, après 37 années de services faits, s'en est allé à la Retraite, avec moins de 100 000f à son compte en banque quand il quittait la Fonction publique. Il veillait sur sa probité et gardait un ½il sur la moralité de sa fonction. De tels agents et de personnes privées sont par milliers dans l'anonymat et restent propres même si, au demeurant, leurs comptes bancaires sont soldés ou déficitaires, dans l'endettement. Mais, ils peuvent être fiers dans leur pauvreté, contrairement à la personne poursuivie, dans sa richesse, pour détournement ou enrichissement illicite et qui, pour échapper à la prison, se tourne vers le Marché florissant du remboursement partiel encore plus humiliant et plus honteux que le vol lui-même dont l'auteur est pris la main dans le sac.

En fait, tout se ramène à une question d'éducation et de morale. Quand l'Education et la Formation balisent le chemin à suivre dans l'emploi rémunéré, ou dans la profession libérale, la conscience morale et humaine y guide l'individu qui agit de son libre arbitre par ce que conscient pleinement de ce qu'il fait. Dans les cas qui nous préoccupent, la Justice ne doit pas faire de quartier en transigeant, en reculant.

Résolution du problème sans coloration ni défiance politiques

La Réforme envisagée sur l'inéligibilité à un poste de responsabilité pendant une dizaine d'années pour décourager les éventuels détourneurs de deniers, est une solution politique qui me semble être inefficace, parce que n'atteignant pas l'individu et le blessant dans ce qu'il y a de plus cher en lui, son amour-propre. Mais la solution, à notre avis, elle est, à la fois morale, psychique et physique. Morale et psychique, quand la sanction fait peur et jette l'effroi au point de faire renoncer à l'idée, comme la certitude d'aller en prison pour de très longues années, période plus longue que celle prévue par la loi et effective, par exemple, 30 ans de détention sans possibilité d'une remise de peine et la perte de tous ses biens. La solution de la contrainte physique serait, à défaut d'une peine capitale qui n'est pas encore rétablie, pour les besoins de la cause (meurtres et détournements), la Réclusion à perpétuité, suffisamment dissuasive pour l'auteur qui n'aura plus l'occasion de jouir du fruit de son détournement.

Si l'assassin ou le meurtrier tue sciemment et froidement un individu en lui ôtant la vie que Dieu a rendue sacrée et mérite la mort, le détourneur, lui, ôte la vie à toute une société en la privant de ses ressources financières et de ses moyens de subsistance et de survie. Une différence énorme dans le rapport et qui saute à l'½il nu, au propre comme au figuré.
Le seul frein à cette dernière Réforme, à la proposition de ces deux solutions, est le manque de volonté politique de ceux qui nous gouvernent. Mais rien ne doit être négligé pour la survie d'un peuple pour le seul bénéfice immonde, abject et répugnant de certains de ses fils égoïstes, cupides et assimilables à des assassins endimanchés. Je l'ai déjà dit dans une contribution précédente et je le répète ici, « quand une Réforme ne fait pas mal, ne corrige par le mal déjà fait et ne prévient pas le mal, alors, elle est inutile. » c'est un point de vue. /.

Mamadou Moustapha THIAM,
Inspecteur - Adjoint
de l'Enseignement à la Retraite à Kaolack

Rewmi

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