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Insécurité dans les constructions : La situation toujours alarmante

Les bâtiments ne répondant pas aux normes de construction requises pullulent au Sénégal. Une situation qui engendre, chaque année, son lot de désolation. Même si cette fâcheuse tendance peut être renversée.

Les dégâts causés par l'insécurité dans les bâtiments sont considérables sur les plans social, psychologique et économique. Le triste bilan engendré par l'effondrement et l'incendie de certains bâtiments vétustes ou mal construits de ces deux dernières décennies fait froid dans le dos.
Décompte macabre

L'effondrement d'un immeuble R+4 a fait, récemment, 2 morts dans le quartier de Ouakam. Au mois de février de cette année, 9 enfants talibés ont perdu la vie, brûlés vifs dans une maison ne répondant pas à la norme de construction requise. En 2010, à Matam, 11 personnes périssaient suite à l'effondrement d'un bâtiment au quartier Nawel près du centre ville. Une année auparavant, à la rue 37x30, en voulant sauver des vies, 4 sapeurs pompiers périront, dans un incendie qui s'était déclaré dans un immeuble de ce quartier qui finalement va s'effondrer. Président de l'Association des bureaux de contrôle technique et d'inspection agréés du Sénégal (Acias), Abdoulaye Sène déplore «la récurrence de ces sinistres qui nous hantent tous les jours». Un fait dû à «l'accroissement des programmes d'habitats et des projets de construction de grande envergure et l'introduction des programmes de génération emplois». Le président de l'Acias estime que «tous ces facteurs ont permis la conversion de mécaniciens, d'électriciens, d'anciens vendeurs de matériaux de constructions, de menuisiers, de poseurs d'étanchéité, de dessinateurs... en entrepreneurs de bâtiment». Et de poursuivre : «Au Sénégal, le Btp est devenu le refuge de tout venant. Où tout le monde prétend savoir tout faire. Dans ce secteur, l'informel et le dilettantisme règnent». Non sans regretter «la recherche de l'économie à tout prix qui se substitue aux soucis de qualité, de durabilité et de sécurité, ainsi que la non application des textes réglementant le secteur et des sanctions prévues ; ce qui profite à l'imbroglio des acteurs, de leurs rôles et de leurs responsabilités».

Solution en vue

Une situation qui, pourtant, pourrait être réversible, d'après Abdoulaye Sène, «si les travaux sur la classification et qualification des entreprises entamés depuis plus d'une dizaine d'années sont enfin finalisés». Ce code de classification et de qualification des entreprises du Btp devra permettre que les choix se fassent «selon les compétences et les moyens humains et matériels dont elles disposent». Une nécessité primordiale qui assurera la sécurité des constructions. Le directeur de Scat international recommande aussi la cession «des missions limitées à la simple vérification technique des plans sans contrôle sur sites au moment de travaux pour les bureaux de contrôle». Pour Abdoulaye Sène, la qualité des matériaux de construction participe à la mauvaise construction de bon nombre de bâtiment. Donc, un contrôle de qualité est «désormais nécessaire à l'importation et au débarquement dans nos ports». Pour ce qui est de la qualité des matériaux produit localement, il préconise l'instauration d'une loi et règlement sur contrôle périodique externe. Et à l'Etat, qu'il se dote «d'un laboratoire national d'expérimentation, pour assurer l'ensemble des tests nécessaires à cet effet». Sur la liste des recommandations, les collectivités locales devront «prendre à c½ur la gestion des immeubles menaçant ruine». Du côté du ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat, le discours est à l'harmonisation et à la prise en compte des textes du code de la construction. Venue présider l'atelier de la Conseil national du patronat (Cnp) et de l'Acias, Mme Khoudia Mbaye informe que «les arrêtés de ce code sont en cours de finalisation».

Christine MENDY

Rewmi

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