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Une entorse à la Constitution. Une de trop. Le Premier ministre ne s'est pas embarrassé d'assumer publiquement que la tenue du Conseil des ministres n'était  «pas nécessaire». Une preuve formelle que le pays fonctionne en dehors des institutions. Comment le gouvernement peut se passer du Conseil des ministres, alors que la Constitution du pays exige que tous les projets de loi doivent obligatoirement passer par cette instance. La révision de la Loi fondamentale de 2008, qui a supprimé les prérogatives du chef du gouvernement remplacé par un Premier ministre-coordinateur rend encore plus nécessaire le passage par le Conseil des ministres pour valider les projets de loi. C'est lors des réunions du Conseil des ministres que les arbitrages sont rendus. La déclaration du Premier ministre apporte une preuve tangible que finalement les décisions peuvent se prendre en dehors du cadre fixé par la Constitution. Pour le chef du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, «c'est un cas unique au monde. C'est la fin du peu d'Etat de droit qui régissait encore la société». Il estime que «le président de la République étant à l'évidence incapable de tenir ne serait-ce qu'un simulacre de Conseil ministériel, il s'avère que la conduite des affaires publiques se fait donc outrageusement dans l'opacité et l'illégalité». Réagissant aux déclarations du Premier ministre annonçant que «le Conseil des ministres n'est pas nécessaire et que la loi de finances complémentaire est annulée», Soufiane Djilali juge que cette situation rappelle que «le blocage institutionnel est devenu patent. La maladie du Président pèse de tout son poids sur le pays». Il n'hésite pas à parler d'un coup d'Etat. «Il est clair, aujourd'hui, qu'un coup d'Etat rampant est mis en ½uvre», a-t-il affirmé dans un communiqué rendu public hier. Plus virulent encore et chargeant le clan présidentiel qu'il qualifie de «clan de la prédation», le président du Jil Jadid juge qu'en manipulant jusqu'au bout «l'addiction au pouvoir du Président, son entourage et son clan ont entamé la mise à sac du semblant d'Etat de droit, menant ainsi le pays vers  d'autres gravissimes dérapages». L'Algérie «glisse vers un Etat de chaos et de désordre», met-il en garde. L'ancien bras droit de Noureddine Boukrouh considère que la seule obsession de l'équipe dirigeante est de se maintenir au pouvoir. «En maîtrisant en totalité une assemblée préfabriquée et béni-oui-oui, en instrumentalisant les partis du pouvoir et de la pseudo-opposition, en ayant fait main basse sur l'ensemble des institutions par le népotisme et le clientélisme, le système bouteflikien s'est engagé dans une opération de pérennisation en faisant fi de la volonté populaire et des intérêts de la nation», raille-t-il. Soufiane Djilali ne rate pas au passage le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qu'il soupçonne d'être en campagne électorale. «Depuis plusieurs mois, le Premier ministre est entré en campagne avec l'argent du contribuable. D'une wilaya à une autre, d'un partenaire social à une clientèle patentée, le Premier ministre s'est arrogé le droit de dépenser l'argent de la nation, sans compter, sans retenue. Quelques dizaines de milliards par-ci, quelques centaines d'autres par-là, M. Sellal se veut aussi généreux qu'il est désormais en situation de hors-la-loi.» Le pays peut-il supporter encore longtemps une telle situation ?  

El Watan

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