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Campagne agricole 2013-2014 : Bakary Togola amélioire ses performances

Impressionnant. C'est le qualificatif qui vient spontanément à l'esprit lorsqu'on visite, comme l'a fait jeudi dernier le ministre de l'Agriculture, les fermes agricoles du président de l'Assemblée permanente des chambres d'Agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola à Marako et Dialakoroba. Le président de l'Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton du Mali (UN-SCPC), qui porte d'autres casquettes comme celle de président du Syndicat des cotonniers et vivriers du Mali et celle de deuxième vice-président du Réseau des chambres d'agriculture de l'Afrique de l'ouest se distingue par une augmentation de ses capacités de production d'année en année.

A Marako et Dialakoroba, où s'est rendue la délégation ministérielle, Bakary Togola exploite 467 hectares de cultures et si l'on ajoute les sites de Bougouni et de Niamala situés tous deux en zone CMDT, c'est au toyzl 1077 hectares que compte l'exploitation. A Marako, Dialakoroba et Bougouni, Bakary Togola a cultivé 500 hectares de maïs. L'or blanc a trouvé sa place sur 50 hectares à Niamala, village natal de Togola, situé dans la commune rurale de Koumantou (cercle de Bougouni). Niamala se taille aussi la part du lion dans la culture du riz qui se pratique sur 350 hectares. Au total toutes spéculations confondues, Bakary Togola a expliqué au ministre Baba Berthé qu'il est entrain de préparer des parcelles à l'Office du Niger (où il convoite un millier d'hectares) pour faire plus de riz.

Bakary Togola est un paysan ambitieux qui dispose des moyens financiers et techniques de ses projets. En effet, il dispose de nombreux équipements de production, de récolte et de transformation comme, entre autres, une dizaine de tracteurs, des charrues, quatre motoculteurs, sept semoirs, deux décortiqueuses à riz, deux moissonneuses batteuses, une mini-rizerie. Il pratique aussi l'élevage dans des parcs améliorés avec 500 bovins dont des races améliorées, plus d'une centaine d'ovins/caprins, un demi-millier de volaille et des étangs piscicoles.

Sur les sites de Marako et Dialakoroba, Bakary Togola a fait admirer aux visiteurs ses parcelles de maïs hybride ainsi que de niébé et d'arachide, le parc d'animaux pour la production de lait, la mini-rizerie où un important stock de riz décortiqué est conservé et prêt pour la vente. Toutefois, les parcelles de Bakary Togola à l'instar d'autres du pays ont souffert du manque de pluies, surtout celles de maïs hybride, dont la spéculation est très friande d'eau. Le paradoxe fait qu'alors que les pluies torrentielles causaient des dégâts matériels et humains très importants à Bamako, aucune goutte d'eau n'a arrosé ce jour les parcelles de Marako et Dialakoroba situées seulement à une quarantaine de kilomètres de la capitale.

Cette difficulté a été constatée au cours de la visite. Ce qui a incité Bakary Togola à demander au gouvernement de s'impliquer dans la promotion d'une technologie qui permettrait d'utiliser les eaux souterraines pour pallier les déficits pluviométriques.

L'exploitation de l'agro-pasteur Bakary Togola affiche un chiffre d'affaires global de plus d'un milliard Fcfa pour un résultat net (si l'on ne prend pas en compte les productions animales) de 750,2 millions Fcfa. Le ministre Berthé s'est félicité de cette performance économique et agricole. Il a estimé que l'agro-business peut parfaitement subsister au côté des exploitations agricoles familiales. « Des paysans comme Bakary Togola contribuent à améliorer la sécurité alimentaire, à créer un réservoir d’emplois ruraux divers (ouvriers agricoles, de la mini-rizerie, mécaniciens-réparateurs, man½uvres etc). Ils méritent l'accompagnement du gouvernement, car les deux modes de culture (agriculture familiale et agro-business) sont complémentaires », a fait remarquer le ministre Baba Berthé.

M. COULIBALY

 

Des terres dégradées récupérées  grâce à la technique « zaï »

Au début de la campagne agricole, le directeur général de l'Office riz de Ségou (ORS), Babougou Traoré, avait lancé une alerte pour attirer l'attention des autorités sur le déficit pluviométrique. Cette alerte n'est plus d'actualité en ce début du mois de septembre. Le ministre de l'Agriculture, Baba Berthé, qui a visité samedi les zones d'intervention de l'ORS dans le cadre de sa mission de supervision de la campagne agricole, a pu le vérifier.

Ainsi à Togou, un village situé sur la route menant à Dioro, la délégation a pu visiter des champs verdoyants sur des sites jadis dégradés et abandonnés par les paysans. C'était il y a une quarantaine d'années. Ces terres ont été rendues productive grâce à la technique agricole dite « zaï ». En quoi consiste-t-elle ? Les paysans creusent des petits trous dans la terre qu'ils fertilisent au préalable avec de la fumure organique avant de semer les graines de céréales.

Les résultats sont probants. Depuis trois campagnes, la technique a permis de façon progressive de récupérer une dizaine d'hectares de sols rocailleux et sablonneux. Les hommes sèment des céréales, tandis que les femmes s'occupent de leurs parcelles de légumineuses (arachide, niébé, soja) situées en face du champ des hommes. Le ministre Baba Berthé s'est rendu dans les parcelles des femmes pour leur rendre hommage et les encourager.

Aux hommes qui se sont portés volontaires pour récupérer les terres dégradées, la délégation a conseillé de semer des légumineuses entre les lignes de céréales. Ces légumineuses ont la vertu d'accélérer la récupération des sols en apportant l'azote indispensable aux plantes. Les visiteurs ont également recommandé l'utilisation massive de la fumure organique pour fertiliser les champs.

Après avoir visité ces champs de mil et de sorgho à Togou, la délégation est allée, une dizaine de kilomètres plus loin, sur le site du chantier de recalibrage du canal principal de Dioro actuellement complètement dégradé. Ces travaux s'inscrivent dans le cadre des activités du Projet d'appui au développement rural de Tien Konou et Tamani (PADER-TKT) financé par la Banque islamique de développement à hauteur de 2,011 milliards Fcfa et une durée d'exécution de 10 mois hors saison des pluies.

Le ministre était passé sur ce site en juin dernier pour procéder au démarrage officiel des travaux. Le recalibrage du canal principal qui est long de 20,4 kilomètres a débuté et l'entreprise a pu curer 8 kilomètres pendant des travaux freinés par des pluies torrentielles tombées ces dernières semaines dans la zone.

La Société malienne de dragage et de travaux publics (SMDTP-SARL) qui est l'entreprise adjudicataire du marché a promis de poursuivre les travaux tant que les pluies le permettront. Le cas échéant, elle suspendra les travaux pour les reprendre en décembre prochain à la fin des récoltes.

Le ministre  de l'Agriculture a salué le démarrage effectif de la réhabilitation du canal principal et fortement encouragé l'entreprise chargée des travaux à accélérer la cadence dès la fin de la saison des pluies.

M. C.

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Office du Niger : LES PROMESSES DU SRI

Of NLa technique augmente les rendements agricoles, mais se révèle très contraignante. Ce qui n'effraie guère les entreprenants

Le ministre de l'Agriculture, Baba Berthé, a visité vendredi et samedi derniers les parcelles de l'Office du Niger pour s'enquérir de l'état d'avancement de la campagne agricole d'une part et de l'état d'avancement de certains travaux d'aménagement en cours, d'autre part.

Accompagné du Président directeur général de l'Office du Niger, Amadou Boye Coulibaly, des directeurs nationaux de l'Agriculture, Daniel Siméon Kéléma, du Génie rural, Soumaïla Samaké, la délégation ministérielle s'est rendue sur le champ de Mamadou Coulibaly dans le village de Sokourani dans la zone de Kouroumari. Ce paysan qui a choisi d'être semencier produit de la semence par le système de riziculture intensive (SRI). Cette technique se révèle être très productive, quoique très contraignante. En effet, le SRI demande l'utilisation de la fumure organique, le planage parfait du champ et le respect strict des techniques culturales. Ainsi, le riz est repiqué en ligne et par plant soit un seul pied à la fois. Cette technique nécessite donc l'utilisation d'une abondante main d'½uvre locale. Or, et à l'instar de ce qui se passe dans d'autres zones de production agricole, les bras valides se font de plus en plus rares à l'ON en raison de la ruée vers les sites d'orpaillage traditionnel. Les jeunes qui ont déserté les campagnes préfèrent les conditions de travail pourtant très difficiles et risquées des placers.

Malgré ces contraintes, il reste des paysans enthousiastes à tenter l'aventure comme Mamadou Coulibaly qui produit des semences dans son champ. Notre homme escompte un rendement qui oscillerait entre 7 et 10 tonnes à l'hectare. Sa récolte après triage, épuration et certification par les services appropriés est vendue à d'autres paysans de la zone et d'ailleurs. Des producteurs de pays voisins comme le Burkina Faso et la Mauritanie viennent eux également s'approvisionner en semences de riz de qualité dans les zones de l'Office du Niger.

Amadou Sissako, lui, n'est pas intéressé par la production de semences de riz, mais plutôt par la céréale elle-même aux fins de commercialisation. Ce septuagénaire qui ne fait guère mystère de son ambition de produire pour vendre, s'est tourné lui également vers la technique du SRI. Cette année, il a emblavé 7 hectares de riz de la variété kogoni 91-1, autrement appelée « gambiaka sourouni » avec la technique SRI. L'année dernière, il avait cultivé du riz sur 12 hectares avec la même technique et c'est cette expérience réussie qui l'a incité à récidiver. Mais le déficit pluviométrique en début de campagne l'a incité à réduire ses ambitions, car le SRI est très contraignant et exige le respect strict du calendrier agricole.

L'agro-business a la cote. Pour fertiliser ses 7 hectares de SRI, Amadou Sissako assure avoir déversé un millier de sacs de fumure organique. Il utilise sa propre main d'½uvre qui ne suffit pas et emploie de nombreux jeunes qu'il rémunère à 35.000 Fcfa le groupe pour repiquer un hectare. Avec d'autres ouvriers agricoles, il convient d'un tarif oscillant entre 100.000 et 125.000 Fcfa par campagne pour mener les autres travaux champêtres. Ainsi, malgré toutes les contraintes qu'exige la pratique, le vieux Sissaka assure ne plus renoncer à la technique, car il veut fructifier son investissement en vendant son surplus de production.

Mamadou Traoré, exploitant du périmètre de M'Bewani et originaire de Diamarabougou (Markala) possède un champ d'un hectare et demi de riz de la variété Adny 11 qui présente un bon aspect végétatif. Il a assuré s'attendre à 8,4 tonnes par hectare. Il connaît la technologie du SRI, mais n'a pas osé tenter l'aventure cette année en raison, explique-t-il, des contraintes de main d'½uvre agricole locale.

Un millier d'hectares sont cultivés actuellement avec la technique du SRI dans les différentes zones de l'Office du Niger, a expliqué le PDG Amadou Boye Coulibaly. La direction générale envisage d'encourager davantage la pratique, car il a été prouvé que la pratique du SRI augmente les rendements de l'ordre de 20%, selon les spécialistes. Mais d'ores et déjà, son application à grande échelle dans les zones de l'Office est confrontée à un défi de taille, celui de disponibilité de la main d'½uvre agricole.

La délégation ministérielle a achevé sa première journée de visite des zones de l'Office du Niger par les périmètres de maïs hybride de l'opérateur économique Modibo Kéita. Ce dernier a emblavé cette année 1006 hectares et attend près de 10 tonnes de maïs à l'hectare. L'opérateur économique a fortement investi dans son exploitation avec l'acquisition d'équipements agricoles performants et d'infrastructures de stockage.

Le ministre Baba Berthé a encouragé Modibo Kéita et a souhaité que d'autres opérateurs se tournent vers l'agriculture qui est une activité est rentable. Il a cité les exemples réussis de la ferme piscicole moderne de Tanima que possède Boubacar Diallo dans la zone de l'Office du périmètre irrigué de Baguineda ; ou encore des fermes agricoles modernes comme celles de Bakary Togola et Amadou Sidibé, architecte de son état. Les entreprises agricoles créées par ces acteurs préfigurent le futur de l'agriculture malienne qui se veut moderne, rentable, performante et tournée vers la satisfaction des besoins nationaux et de commerce extérieur, a plaidé le ministre Berthé.

M. COULIBALY

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Zone de M'Bewani : 1400 HECTARES DISPONIBLES

Le Projet d'appui à la mise en ½uvre du contrat plan de l'Office du Niger (PAMOCP) a pour objectifs d'augmenter les superficies aménagées en zones Office du Niger et de moderniser la gouvernance de l'Office. Financé à hauteur de 19,6 milliards de francs Fcfa par l'Union européenne, il vise à contribuer à la réduction de la pauvreté et à l'atteinte de la sécurité alimentaire. Dans son volet aménagement, le PAMOCP doit aménager 2500 hectares dans le bloc D de la zone de M'Bewani et réaliser 42 kilomètres de drain. Les entreprises RC Construçoes du Portugal et China Zhong Hao sont les deux adjudicatrices des travaux à réaliser.

En raison des événements survenus l'an dernier, ces travaux avaient été interrompus avant de reprendre en début d'année. Le ministre de l'Agriculture Baba Berthé avait effectué un premier passage sur le chantier d'aménagement en avril dernier. Il avait souhaité que les entreprises impliquées dans les travaux puissent tenir les délais et livrer en partie le périmètre afin que les paysans puissent l'exploiter pour cette campagne. L'engagement a été tenu et 1400 hectares sur les 2500 hectares ont été livrés que la Direction générale a déjà répartis entre les exploitants. Le reste du périmètre sera prêt dès la fin du mois de septembre. « Il était de mon devoir de venir faire le constat de ce qui a été fait et de féliciter les entreprises tout en les encourageant à achever les travaux pour ce mois », a expliqué le ministre Berthé.

En attendant une visite complète du périmètre aménagé, la délégation a pu se rendre compte que le taux d'occupation des superficies aménagées reste encore faible en raison essentiellement du déficit pluviométrique accusé en début de campagne. La digue présente des faiblesses et laisse voir des affaissements par endroits. L'entreprise portugaise responsable des travaux doit y remédier avant la mise en exploitation intensive du périmètre.

Par ailleurs, au niveau du point A, point de départ des canaux d'irrigation du Sahel, du Macina et Costes Ongoïba, l'entreprise chinoise Synohydro avait obtenu le marché de dragage du canal du Sahel qui part de ce point A jusqu'à la fin dans la zone du Kouroumari situé à plus d'une centaine de kilomètres. Elle avait érigé là une base vie qu'elle a démolie une fois les travaux achevés. Synohydro est repartie en emportant tout ce qui pouvait encore lui servir pour l'exécution d'autres marchés. Par contre, elle a abandonné sur place du matériel et des produits qui ont servi au dragage. Le tout est passablement rouillé et répand une odeur pestilentielle. Cela n'a pas découragé la population de récupèrer ce qu'elle estimait utilisable. Sans trop prêter aux risques qu'elle encourt ainsi. Les mises en garde des responsables de la Direction générale de l'Office du Niger n'y ont rien fait.

M. C.

L'essor

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