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Femmes zambiennes, 2001 / REUTERS
Femmes zambiennes, 2001 / REUTERS

En Zambie, battre sa femme est un acte d'amour

Ce sont les propos délirants d'un ministre zambien, qui admet battre son épouse «parce qu'il l'aime».

«Battre sa femme est un acte d’amour». Difficile à croire, mais ces propos scandaleux ont été tenus par un membre du gouvernement zambien, le ministre de la Défense Geoffrey Bwalya Mwamba.

La blogueuse Sista Diaspora revient sur le tollé provoqué par cette sortie douteuse du ministre, qui a aussi affirmé que «certaines violences ‘’douces’’ envers les femmes sont acceptables dans [sa] culture».

Ironie du sort, ces mots ont été prononcés en mai 2013, lors d’une réunion de l’initiative africaine Brothers for Life. Cette campagne cherche à faire évoluer les mentalités et les comportements masculins en les encourageant à «respecter et protéger» les femmes.

Richard Delate, directeur de l’organisation sud-africaine Johns Hopkins Health and Education et partenaire de Brothers for Life, s’est aussitôt désolidarisé des propos du ministre, en rappelant qu’il n’y a «aucune excuse à la violence contre les femmes», précise le site.

De nombreuses ONG ont également condamné ces déclarations, regrettant qu’elles proviennent d’un homme installé dans une position de pouvoir et de confiance, susceptible «d’influencer d’autres hommes pour justifier la violence contre les femmes au nom de la culture», ont-elles affirmé dans un communiqué commun relayé par Sista Diaspora.

Certains demandent des excuses publiques au ministre, d’autres réclament sa démission du gouvernement, résume le Sista Diaspora. Pourtant quelques mois plus tard le chef de la Défense est toujours en place, déplore la blogueuse.

D’autant plus que Mwamba est déjà connu pour ce genre de frasques, ajoute-t-elle. En 2010, son épouse porte plainte contre lui après qu’il l’a battue et sa belle-sœur affirme qu’il l’a menacée physiquement. Une situation commune en Zambie, où les femmes sont considérées comme des citoyennes de second rang. Près de la moitié d’entre elles ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles dès l’âge de 15 ans, rappelle Sista Diaspora.

Lu sur Sista Diaspora

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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