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Ould-Khelifa, l’autre malade du système

L'absence du président de l'Assemblée populaire nationale à l'ouverture de la session d'automne du parlement remet au goût du jour la problématique du vieillissement du personnel politique algérien. Le phénomène touche notamment le personnel dirigeant qui, malgré le réservoir qui le compose, n'arrive pas à se renouveler et à se rajeunir.

En l'espace de quelques mois, en effet, les plus hauts cadres de l'Etat se sont révélés malades. A commencer par le président de la République qui, à 76 ans, est hospitalisé ou convalescents depuis au moins cinq mois. A ce jour, Abdelaziz Bouteflika est toujours incapable, du moins physiquement, d'assumer ses responsabilités de Chef de l'Etat. La preuve vient d'en être donnée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui a confirmé, lors d'une intervention au niveau de l'Assemblée populaire nationale, l'impossibilité de tenir une réunion du Conseil des ministres. Et contrairement à ce qu'il veut faire croire, cette réunion - institution - est plus que nécessaire pour l'adoption des Lois. Car les textes législatifs passent d'abord et avant tout par la réunion du gouvernement, le Conseil des ministres et, enfin, le Parlement.

Avant le chef de l'Etat, c'est le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, qui a été hospitalisé à Bruxelles pour un AVC. Le très actif ministre n'a pas donné signe de vie depuis au mois 6 mois. Il est souvent remplacé dans certaines rencontres internationales par Belkacem Sahli, secrétaire d'Etat chargé de la Communauté nationale à l'étranger. Mais le compte n'y est pas.

Personnel vieillissant

Cette fois, c'est donc le troisième personnage de l'Etat qui tombe malade. Agé de 75 ans, Mohamed-Larbi Ould-Khelifa, intronisé en juin 2012 à la tête de la chambre basse du parlement, a été évacué à l'étranger pour des soins après avoir été opéré à l'hôpital Aïn-Naadja d'Alger.

Comme tout être humain, Ould-Khelifa a le droit de tomber malade. Mais cette série noire d'hospitalisation des dirigeants rappelle étrangement une vérité : la majeure partie du staff dirigeant est composé de vieillards ! Une contradiction avec le discours des responsables qui assurent que « la place est aux jeunes ! ». Et une nouvelle mise à nue des dirigeants qui démontrent encore fois que « dire » n'est pas forcément « faire ».

Cela fait remonter à l'esprit une réplique donnée, il y a quelques années, par un général aujourd'hui décédé à un jeune cadre : « Si vous croyez que nous allons vous donner des cadeaux, vous vous trompez ! ». Autrement dit, « nous n'allons jamais lâcher ». Cela vient d'être confirmé.

Essaïd Wakli

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