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Autant le dire… : Ils attendent quoi pour le condamner !

Un ancien militaire, radié du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) aurait attenté (isolement ?) à la vie du président du Faso en s'attaquant, à la kalachnikov, à sa résidence. Heureusement que les éléments de la sécurité ont réussi à le neutraliser.

En vérité, j'ai cru avoir mal écouté l'information jusqu'à ce que, à plusieurs reprises, je suive l'intervention (somme toute mesurée) du substitut du procureur du Faso sur les ondes de la télévision nationale et de radios étrangères. Romuald Tuina voulait-il réellement abattre le président du Faso ? Si oui, pour quelle raison ? En attendant que la justice avance dans ses enquêtes et nous situe, on ne peut que condamner avec la dernière énergie un tel acte.

On aura voulu aussi, que les Burkinabè dans leur ensemble condamnent fortement un tel acte. Notamment les partis politiques, de l'opposition comme de la majorité eux qui, pour un oui ou un non, sont prompts à se plaindre ou à s'afficher dans les colonnes des journaux et sur les ondes de radios et de télévision. Il devrait en être ainsi, également des organisations de la société civile et même des syndicats. Parce qu'en vérité, il ne s'agit dans le cas présent, ni plus ni moins que d'une atteinte grave à l'ordre constitutionnel, à la démocratie et aux fondements même de la République incarnés par le chef de l'Etat, mais également d'une tentative d'assassinat sur la personne physique de Blaise Compaoré.

Aussi, voudrait-on entendre la voix ou les condamnations avec la dernière énergie des fervents défenseurs de la démocratie, des droits de l'Homme et des peuples, mais également, de ceux qui, d'une manière ou d'une autre, luttent inlassablement pour la paix, les libertés individuelles ou/et collectives. Exactement comme ils l'ont fait quand les étudiants ont été « brutalement chassés » des cités universitaires ; tout comme ils le font habituellement quand il s'agit de la défense des intérêts des Burkinabè, de lutter contre la mise en place du Sénat...En tout cas, le principe voudrait qu'il en soit ainsi.

A supposer que Romuald Tuina ait réussi son « coup » (touchons du bois). Qu'en serait-il aujourd'hui de la vie de la nation sur les plans politique, économique, social... ? Quel chemin emprunterait le processus démocratique avec la tension actuelle autour de la mise en place du Sénat ? Son acte (si ce n'est déjà fait) doit-il être lié à la grogne actuelle contre la mise en place du même Sénat ? Une vie est une vie. Attenter donc à une vie quelle qu'elle soit est bien grave ; quand il s'agit de celle du chef de l'Etat, c'est encore plus grave, au regard du symbole qu'il représente. A l'unanimité donc, les Burkinabé devraient se soulever contre de tels actes qui sont de nature à ramener en arrière les efforts consentis par tous depuis plus de 20 ans pour bâtir le développement et la paix dont nous sommes fiers aujourd'hui.

Malheureusement, pour l'instant, les uns et les autres gardent le mutisme. Coupable ou non ? Donnant du même coup l'impression que cette tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat à travers la personne du chef de l'Etat, ne concerne strictement que Blaise Compaoré et sa sécurité.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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