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Autant le dire… : Qui autorise les djandjobas sur la voie publique ?

Dimanche 1er septembre. Il est quatorze heures quand un taxi débarque son contenu de haut-parleurs « entonnoirs », et de gros baffles dans la rue voisine. Quelques instants après, ce sont des tricycles qui y débarquent de nombreuses chaises métalliques et plastiques. Auparavant, les tentes qui y étaient dressées depuis le matin ont été réinstallées, mais cette fois-ci, complètement sur la rue où sont également déposées les chaises.

Des femmes, joliment parées pour la plupart de boubous bazins brodés, arrivent par groupes de toutes parts. Très rapidement, la rue est coupée et l'orchestre donne de la voix. Les haut-parleurs retentissent à fond. Les voisins qui pensaient jouir en toute quiétude de leur dimanche soir en attendant la reprise du travail le lendemain lundi, ont vite déchanté. Ceux qui ne supportent pas le bruit strident de la guitare ou la voix perçante du « griot » ou encore de la griotte, ont dû quitter leur domicile en direction d'on ne sait où. L'essentiel étant de ne pas subir gratuitement cette martyrisation dont ils sont l'objet. Quant aux usagers, ils sont obligés de faire demi-tour parce que la voie est barrée et tenez-vous bien, sans la moindre signalisation et sans autorisation de l'autorité communale.

En effet, s'il y a un phénomène en vogue à Bobo-Dioulasso ce sont bien les djandjobas. Si la réjouissance elle-même ne pose pas de problème (quand bien même ! ?), l'occupation anarchique des rues et souvent, des voies à grande circulation, et les nuisances sonores dans les secteurs causent bien de désagréments. Si bien qu'on est tenté de se demander qui autorise tant l'occupation anarchique des rues et permet ainsi de nuire bruyamment aux autres dans la commune ? Le comble de cette occupation anarchique a été atteint lorsque des gens ont eu le courage (pour ne pas dire le culot) d'organiser un djandjoba pratiquement devant la morgue de l'hôpital Sourô Sanou (sic !). Tout le monde reconnait que le djandjoba à Bobo-Dioulasso est devenu un véritable problème social qui s'invite naturellement dans plusieurs manifestations. Que ce soit dans des meetings politiques, des mariages ou encore des baptêmes, le djandjoba vient comme pour agrémenter la fête. Mais de là à faire en sorte que les co-habitants qui ne sont pas concernés subissent des préjudices, il y a un problème qu'il faut nécessairement résoudre.

La mairie de la commune devrait soumettre l'organisation des djandjobas à une réglementation et d'abord par une autorisation préalable d'occupation de la voie publique et en des lieux prédestinés. En d'autres termes, des espaces devraient être identifiés pour l'organisation de ces cérémonies qui ressemblent beaucoup plus à des séances de m'as-tu-vu et de gaspillages. Ensuite, des heures devaient être bien définies au-delà desquelles les organisateurs s'exposent à des sanctions. Et ce, afin de ne pas troubler durablement la quiétude des autres usagers et des voisins. Car, le bon sens voudrait que dans les relations de la vie en communauté, on tienne compte de la liberté des autres. Malheureusement, cela n'est pas toujours le cas dans nos villes. C'est pourquoi, la commune devrait réagir. N'est-ce pas ce que Casimir Marin Ilboudo, le maire de Ouagadougou veut faire à travers la lutte qu'il a engagée contre les nuisances sonores et la prolifération des débits de boisson dans les cours d'habitation ?

Il est vrai que le phénomène du djandjoba est déjà bien installé. Cependant, il n'est pas tard de travailler sincèrement à le réglementer quelque peu. La mairie pourrait ainsi en tirer profit à travers la paie de taxes d'occupation du domaine public.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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