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Déclaration des Burkinabè du Sénégal : Les uns se démarquent, d'autres soutiennent.

Nous avons reçu à notre rédaction il y a quelques jours M.Bayipaki Mohamed Abembou qui se plaignait d'avoir été injustement cité comme signataire de la lettre ouverte au président du Faso à propos du sénat ; initiative à laquelle il n'est nullement mêlé. Dans cette tribune, Célestin Badolo, mercaticien, analyste politique, apporte par contre tout son soutien aux auteurs de cette lettre ouverte.

Chers compatriotes burkinabè vivant au Sénégal auteurs de la lettre du 10 août à l'adresse du président du Faso

Votre lettre adressée au Président du Faso en date du 10 août 2013 et à l'opinion publique transmise par le faso.net le 26 août 2013 au sujet de la mise en place du Sénat, impose admiration et respect d'où la présente analyse.

Dès l'entame de votre message, vous écrivez avec juste raison ceci : « La création du sénat et plus récemment, la violente expulsion et répression des étudiants sont l'épine dans le pied de cette paix et cette tranquillité qui fait, jusque-là, de notre pays un exemple de stabilité sociale dans la sous-région ouest-africaine voire en Afrique ». Oui, plus qu'une épine dans le pseudo paix que connaît notre chère patrie, le Sénat quelle qu'en soit la forme, pire celle proposée par les autorités (pardon les autoritaires) politiques de la IV République, est la preuve on ne peut claire que ne comptent pour celles-ci que leurs intérêts égoïstes.

L'expulsion inhumaine des étudiants, foulant au pied toute la législation relative au contrat de bail que les dignitaires du pouvoir Compaoré et leurs thuriféraires ont élaborée, suivie de l'arrestation de ces enfants du peuple qui n'ont commis de tort qu'être nés de parents démunis par un système qui n'offre aucune possibilité d'émergence aux individus, exagérée par un jugement macabre aux antipodes de tout bon sens juridique (heureusement que le siège a fini par sauvé la face en se donnant pour seule repère le droit) vient corroborer la thèse que seuls ne valent que les intérêts égoïstes du régime.

Vous constatez malheureusement dites-vous « ... que malgré les nombreuses mobilisations et marches contre la création du sénat, que malgré la menace lourde qui pèse sur la paix, que malgré l'abîme dans lequel s'engouffrerait le Burkina Faso si toutefois cette crise s'envenimait, le processus de mise en place du sénat se poursuit. », non seulement le processus continue, on se met en conclave pour conspirer contre le peuple mais aussi comme si l'histoire n'a de sens : « on ne change pas une loi par des marches ». Le régime reste dans sa logique car, il y a environ cinq ans un premier ministre de ce pays disait à des citoyens burkinabè en manifestation « au lieu de marcher, il faut courir » Le peuple est donc appelé par le régime d'exception de Compaoré qui dure depuis 1987 à changer de stratégie : les manifestations qui sont la voie légale consacrée par la Constitution, sont déclarées infructueuses par le CHEF (des armées) en personne. Imaginez un seul instant ce qui arriverait si nous répondons à leur invite...

A la faveur de la crispation de la situation sociopolitique actuelle, un dignitaire du système n'a pas trouvé mieux que de traiter les opposants d'étrangers. Comme si cela ne suffisait pas, au lendemain des rapports accablants de « International Crisis Group » et celui de la « Conférence épiscopale du Burkina Faso », les hommes forts décident de tirer sur la fibre religieuse en subventionnant pour la première fois de l'histoire du pays le hadj 2013. Considérant ces réalités en tant que témoin, chers compatriotes au Sénégal nous sommes au regret de devoir vous rassurer que vous espérez vainement quand vous écrivez : « nous avons cru (et nous espérons toujours ne nous être pas trompés) que la paix vous est plus chère que tout autre chose ». Au regard de cela, jugez par vous-mêmes si réellement l'homme et sa suite ont encore les mêmes repères que vous : ceux de la dignité humaine, de la fierté de nos aïeux.

Le président du Faso déclare dans la fameuse interview accordée en tout irrespect à son peuple en Côte d'Ivoire qu' « Il est là pour faire appliquer la Constitution ». Quel alibi tout trouvé quand il s'agit de se frayer le chemin pour un règne ad mortem !

Où est le garant de la Constitution et de son respect quand son système fabrique des lois toutes taillées telles la loi 026/2008 du 8 mai 2008 portant répression des actes de vandalisme commis lors des manifestations sur la voie publique, la loi 10/92 du 14 décembre 1992 portant liberté d'association au Burkina Faso hautement liberticides donc anticonstitutionnelles ?

Où est donc ce garant de la Constitution quand seulement 10% de la population détient plus de 80% des richesses du pays ? Ceci par des man½uvres frauduleuses que vous avez su, chers compatriotes identifiées : « La démocratie ne consiste pas à donner des avantages inconsidérés aux siens... ». Où est-il, quand chaque à heure au Burkina Faso une femme perd la vie en voulant la donner, quand l'état délabré de nos routes occasionne chaque jour des accidents crapuleux, quand les maigres richesses du sous-sol sont gérées et ne sont contrôlées que par une poignée d'individus qui s'arrogent tout droit même l'abusus sur la propriété légale d'autrui (l'affaire des 23 kg d'or en dit long) ... ?

Maintenant, oh vous, braves fils du Faso au Sénégal, vous, ambassadeurs de la fierté de l'homme intègre qui bénéficiez de la « teranga » sénégalaise au nom de l'unité africaine, humaine, votre acte est salué à sa juste valeur. Résistez à la résignation et au silence, dénoncez à temps et à contre temps les injustices et les violations faites aux droits du peuple Burkinabè, restez éveillés car au bout de l'effort se trouve la couronne de la liberté des peuples et de la dignité des hommes. Portez haut en tout ce que vous faites les couleurs du Faso. On est ensemble !

Fait à Ouagadougou, le 26 août 2013

Célestin Badolo
Mercaticien, Analyste politique.

Le Faso

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