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Situation phytosanitaire : RELATIVEMENT CALME

La vigilance des SRPV a permis de réduire l'incidence des déprédateurs sur les cultures

Quelques attaques isolées de déprédateurs ont été constatées dans les champs et sur les parcelles maraîchères. Leur incidence a été limitée grâce à l'intervention prompte des agents de l'Office de la protection des végétaux

L’Office de protection des végétaux (OPV) produit un bulletin régulier sur la situation phytosanitaire de notre pays. Il ressort de ce document que l’OPV a mené plusieurs activités comme la gestion de la situation phytosanitaire, la formation, le recyclage des brigades d'intervention phytosanitaire, la collecte, la diffusion de l'information phytosanitaire et le suivi-évaluation des activités. Le document indique que la situation phytosanitaire est restée relativement calme dans l'ensemble des régions. Toutefois quelques ravageurs se sont manifestés. Mais la vigilance des services régionaux de protection des végétaux (SRPV) et les efforts des partenaires ont permis de réduire l'incidence de ces déprédateurs sur les cultures, sur les denrées stockées et les premiers semis surtout dans la région de Sikasso. Toutefois, des manifestations de certains nuisibles dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti ont été signalées. Les principaux déprédateurs rencontrés sont les sautériaux, les chenilles, les coléoptères, les pucerons, les oiseaux granivores et les rongeurs. En plus de ces ravageurs, quelques cas de maladies ont également été rencontrés. Des actions de lutte ont été menées contre l'ensemble des nuisibles afin de réduire leur effet pouvant causer la baisse de la production. Les méthodes alternatives de lutte ont été privilégiées par rapport aux méthodes chimiques. Les espèces à reproduction continue et le criquet sénégalais se sont manifestés et leurs larves ont été observées dans le cercle de Kati et le village de Sirakoro Niaré. Les espèces de sautériaux à reproduction continue et celles à diapause imaginale ont été observées sur les cultures maraîchères dans les bananeraies et sur des papayers dans la région de Kayes. Si les dégâts sont restés faibles de façon générale, les prospections ont porté sur 149 hectares, dont 42 infestés. Les prospections oothèques sur 325 sites et une superficie totale de 5 240 m2 ont été conduites dans les régions de Kayes, Koulikoro et de Mopti. Le parasitisme et la densité des oothèques sont faibles. Les coléoptères ont été observés sur la pomme de terre dans le secteur de Kati avec une densité variant de 0 à 2 individus par plant. De légers dégâts observés sur 3,5 hectares ont été prospectés, dont 1,5 hectare infesté et 0,5 hectare traité. Quant aux chenilles, elles ont été observées dans les champs de riz de contre saison dans la région de Ségou en zone Office du Niger (Macina et Kokry) et sur les cultures maraîchères dans la zone de Nara. Au niveau de Sikasso de faibles dégâts ont été observés sur le chou, la tomate dans les villages de Finkolo et de Diomaténé. Les agents ont prospecté 475 hectares, dont 99 étaient infestés et 82 ont été traités. Des groupes d'oiseaux granivores ont également été observés sur les champs de riz de contre saison en zone Office du Niger avec d’importants vols compacts dans les casiers rizicoles de Diabaly. Ils ont été observés dans les parcelles de riz de contre saison qui étaient au stade de floraison, d'épiaison et de maturation et dans les zones de Macina Fallah, Niono, Diabaly, N'Débougou, M'Bewani, Molodo et San. Dans ces différentes zones 530 hectares ont été prospectés, dont 95 hectares de dortoirs occupés. Des conseils pratiques pour préserver les stocks. Les rats rongeurs se sont surtout manifestés en zone Office du Niger et ont causé des dégâts assez importants dans les champs de riz de contre saison et sur les cultures maraichères dans la région de Kayes. Les agents ont prospecté 786 hectares sur lesquels 572 hectares étaient infestés et 486 hectares traités par battue physique à Kayes. Ces mêmes opérations se poursuivent en zones ON. Les mouches des fruits ont été observées dans les vergers de manguiers dans la région de Koulikoro avec une densité moyenne par piège qui variait de 0 à 23 individus par piège. Des traitements ont été effectués par des agents du groupement d’intérêt économique (GIE) recrutés par le Projet Cadre intégré. Des cératites ont été observés sur le gombo et les courges sans dégâts majeurs dans le cercle de Koutiala. Au total 62 hectares ont été prospectés, dont 37 hectares étaient infestés. Les pucerons ont été observés sur les cultures maraîchères à Kati, Kayes et Yangasso avec une densité variant de 1 à 2 individus. Au total, 89 hectares ont été prospectés, dont 31 hectares infestés et 7 hectares traités. Quelques maladies comme la virose de la tomate à Nara et l'anthracnose à Kati ont été également observées dans la région de Koulikoro sur la tomate et l'aubergine. L'incidence de ces maladies reste faible de 1 à 2 % des plants atteints. Les acariens ont été observées sur les cultures maraîchères et sur les parcelles de manioc avec une densité forte dans les régions de Koulikoro et Sikasso, 8 hectares prospectés sur lesquels 3 hectares ont été infestés et 2 hectares traités par le bio pesticide (un mélange d'eau de javel avec du savon et de l'eau). Le Directeur général de l’Office de protection des végétaux, le colonel major Békaye Thiéro a expliqué que les agents ont mené des prospections au niveau des banques de céréales et des magasins de stockage afin de s'assurer de l'absence de nuisibles qui détruiraient les récoltes. A la suite de cette inspection, les nuisibles les plus rencontrés ont été les coléoptères, les termites et les rongeurs. Des infestations de l'ordre de 2 à 5% ont été constatées. Elles sont dues aux mauvaises conditions de stockage dans les magasins ne répondant pas aux normes de stockage, au non respect des mesures d'hygiène des lieux de stockage, à la mauvaise gestion des stocks. Les conseils pratiques pour éviter ou minimiser l'incidence des nuisibles ont été prodigués aux responsables des stocks. Ils sont dorénavant mieux outillés pour préserver leurs stocks des attaques.

S. Y. WAGUE

RD Congo : COMBATTANTS RECONVERTIS EN AGRICULTEURS

RD Congo : combattants reconvertis en agriculteurs

Ils assurent ainsi leur réinsertion sociale et contribuent à la sécurité alimentaire. «Grâce à une formation et aux équipements reçus, j'ai produit 36 sacs de millet en 2012 dans un champ de deux hectares», témoigne Claude Nkaka, 43 ans, ancien militaire des Forces armées de la RDC (FARDC). Il a été démobilisé en 2006 et s'est engagé dans l'agriculture depuis 2009. Nkaka affirme que ces récoltes lui ont permis de gagner, après la vente, 1,080 million de francs congolais (environ 1.173 dollars, soit 469.200 Fcfa). «Je me suis facilement adapté à la vie civile et je contribue, d'une façon ou d'une autre, à la sécurité alimentaire», ajoute-t-il. Il produit à Lubungu, à 10 kilomètres de Kikwit, la principale ville de la province. Il déclare également être membre de l'Association de Ndeke-Zulu (un quartier de Kikwit) pour le développement agricole, une organisation paysanne de 22 démobilisés et de trois membres de la communauté d'accueil composée d'ingénieurs agronomes et d'agents de développement. Un autre démobilisé, Paulin Malewa, 38 ans, avait produit, en 2012, 78 tonnes de maniocs dans un champ de deux hectares à Lukamba, à 60 km de Kikwit. «Je suis fier de cette activité par rapport aux armes de l'époque», dit-il. Malewa appartenait au Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba qui, à l'époque, était un groupe rebelle et sévissait dans la province de l'Equateur dans le nord-ouest de la RDC, avant de devenir un parti politique. Démobilisé en 2008 à Mbandaka, dans l'Equateur, Malewa est revenu au Bandundu, sa province d'origine, pour sa réinsertion sociale. De son côté, Donat Mubiala, 40 ans, démobilisé en 2006 des FARDC, pratique l'élevage des porcs. «Le peu d'argent (300 dollars, soit 120.000 Fcfa) que le gouvernement m'avait donné grâce à la Banque mondiale et les deux porcs offerts par la FAO m'ont permis d'avancer dans cette activité. Actuellement, j'ai 12 bêtes», déclare-t-il. Nkaka, Malewa et Mubiala font partie des quelque 300 démobilisés réinsérés dans l'agriculture et l'élevage. Tous font donc partie des 2.486 démobilisés dont 11 femmes que compte toute la province. Les vieux, les enfants de moins de 18 ans, les malades, les blessés de guerre et d'autres volontaires, qui appartenaient aux groupes rebelles et ceux de la FARDC, étaient concernés par la démobilisation, explique Charlotte Lila, une des responsables de l'Unité d'exécution du programme national de Désarmement, démobilisation et réinsertion en RDC. Le pays a connu une guerre civile (1998-2002), après le renversement de l'ancien président Mobutu Sese Seko en 1997. Elle avait fait plus de trois millions de morts, selon plusieurs organisations de défense des droits humains. Le document sur la Stratégie nationale de la réinsertion note qu'il fallait «contribuer à la standardisation des approches et pratiques de réinsertion jugées pertinentes par l'ensemble des partenaires clés…», selon Lila. Elle confirme que chaque démobilisé recevait d'abord un pécule de 300 dollars (120.000 Fcfa) appelé « filet de sécurité » pour se prendre en charge avant la formation et un kit composé de couvertures, sandales, pantalons, polos… « Tout cela était venu du gouvernement congolais grâce au projet PARSAC II - IDA (Programme d’appui à la réinsertion socioéconomique dans le secteur agricole des ex-combattants) avec l'appui financier de la Banque mondiale », dit-elle. «La FAO avait facilité la formation de ceux qui avaient choisi l'agriculture, la pêche et l'élevage. Ils ont été formé au Centre d'orientation pendant trois semaines», déclare Jean-Baptiste Mbwengele, président de la Coopérative de production, de vente… Cette ONG avait signé un contrat avec la FAO pour exécuter les activités de formation et de distribution des intrants dans la province du Bandundu. Mbwengele ajoute que les intrants offerts comprenaient 20 kilogrammes de semences de maïs, 60 kg de semences d'arachides, 60 kg de millet, huit houes, 40 sacs vides, des boutures de manioc, un vélo… pour l'agriculture. Et pour l'élevage, il y avait deux truies de race locale, 442 kg d'aliments pour les porcs, quatre agneaux, un lot de produits vétérinaires… Les démobilisés de la pêche avaient aussi reçu un kit de réinsertion. «Devenus acteurs du développement, ces démobilisés suivent la philosophie des gouvernements provincial et national qui valorisent l'agriculture déclarée priorité des priorités», souligne Léonie Ndundu, la ministre provinciale de l'Agriculture. Toutefois, Emilienne Mudingi, une paysanne de Kikwit, exprime une crainte: «Après tout, ce sont des militaires bien formés; tout peut arriver pendant qu'ils vivent avec le reste de la population». basée à Kikwit.

L'essor

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