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Investiture 2013: Forces armées et de sécurité : LA GRANDE MUE DE LA “GRANDE MUETTE”

Humiliées et handicapées par les errements du commandement, une formation de faible niveau et une absence de discipline, les forces armées et de sécurité qui ont commencé à remonter la pente, espèrent être dotées d'équipements nécessaires pour retrouver les vertus qui ont jadis fait leur réputation

En plébiscitant Ibrahim Boubacar Keïta comme président de la République, nos compatriotes ont envoyé un signal facile à décoder : ils lui font entièrement confiance pour faire face aux défis colossaux que le pays doit relever après avoir traversé la crise la plus grave de son histoire récente.

Étant entendu qu'il n'y a pas de développement sans paix et sécurité et inversement, la refonte de l'outil de défense s'impose au c½ur des priorités du nouveau chef de l'État comme il l'a promis lors de la campagne électorale et confirmé dans sa première déclaration après la proclamation des résultats définitifs du second tour de l'élection. Tout comme les autres gros dossiers qui l'attendent, la reforme des forces armées et de sécurité s'avère un chantier de taille.

Ces forces armées attendent une rupture totale avec les pratiques de la période récente. Autant sur le plan de la gestion, de l'organisation qu'au niveau de la dotation en moyens adéquats. Les FAMAS ont aussi besoin d'un réarmement moral pour être à la hauteur des besoins d'une Nation qui a failli disparaitre.

L'une des toutes premières priorités à être inscrite sur l'agenda de la refondation de l'outil de défense sera la restauration de la discipline et de la cohésion au sein des FAMAS. Ces deux vertus qui font la force principale des armées ont été sérieusement  bafouées ces dernières années. Et cela pour plusieurs raisons. La moindre d'entre elles n'est pas la rupture de la confiance entre la hiérarchie et les éléments de la troupe. Sans compter les défaillances de la chaîne de commandement.

Le nécessaire rétablissement de la discipline et de la cohésion commence sans doute par la moralisation des opérations de recrutement. Nombre de responsables de la Défense et de la Sécurité conviennent qu'il faut mettre en place de centres de formation commune de base unifiés. En clair, que les recrues de l'armée, de la garde, de la gendarmerie, et de la police subissent ensemble une formation de base de 6 à 8 mois. Chacun rejoint ensuite son corps pour la spécialisation. L'élaboration et l'adoption d'un statut  général rigoureux, assorti de statuts particuliers et de plans de carrière spécifiques pour chaque arme ou service sont aussi essentielles. Cette approche devrait permettre d'éviter que les officiers supérieurs et généraux se retrouvent au « garage » une fois relevés de leur fonction. Aujourd'hui, cette situation est source d'amertume et de déception.

Mais si une armée digne de ce nom suppose la discipline et la cohésion en son sein, il lui faut aussi être équipée. Ce processus d'équipement des Forces armées et de sécurité enclenché à la faveur des opérations de reconquête de l'intégrité du territoire national doit donc être poursuivi et soutenu.

Comment comprendre dans cet ordre d'idées que l'aviation militaire malienne, jadis enviée et jalousée dans la sous-région et indispensable pour contrôler notre vaste territoire, soit pratiquement inexistante aujourd'hui ? Elle n'est pas opérationnelle car sa flotte a fondu et son personnel navigant a besoin de formation. Le même constat vaut pour les autres corps notamment les blindés, l'artillerie, le Génie et, dans une moindre mesure, l'infanterie.

Aujourd'hui, les vrais spécialistes se compteraient presque sur les doigts d'une main dans ces différents corps d'armes. Pour une raison simple : ceux qui étaient bien formés et avaient de l'expérience sont presque tous à la retraite. Or, les jeunes cadres n'ont pu bénéficier des mêmes opportunités de formation que leurs aînés.

Par ailleurs l'armée malienne, pionnière dans la participation aux opérations de maintien de la paix en Afrique et dans le monde depuis le Congo belge dans les années 60, n'a plus envoyé de contingent en mission de maintien de la paix depuis 1999. C'était en Sierra Leone, dans le cadre de l'Ecomog. Certes des observateurs militaires maliens sont actuellement présents dans différents foyers de tension en Afrique et dans le monde. Mais l'envoi de véritables contingents a comme premier avantage l'accroissement du professionnalisme des militaires et leur familiarisation avec les principes des missions de paix des Nations unies.

Le peuple malien jadis si fier de son armée attend beaucoup de ses nouveaux dirigeants pour reconstruire des forces de défense qui assurent sa sécurité et l'intégrité territoriale du pays pour effacer pour toujours l'image piteuse que la « Grande muette » a renvoyée au monde entier au moment de la crise du Nord et les divisions internes dont le point culminant a été les affrontements interarmes à Bamako pendant que les deux tiers du pays étaient occupés par des aventuriers de tous calibres.  Pour la refondation de l'outil de défense nationale, les nouveaux dirigeants ont du pain sur la planche. Mais comme le dit l'adage, à c½ur vaillant, rien d'impossible.

M. N. TRAORE

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Ecole : QUE D'ATTENTES !

Depuis plus de deux décennies, l'école malienne traverse une crise récurrente caractérisée une foule de facteurs négatifs

Le redressement du système éducatif s'impose en tête des chantiers prioritaires des nouvelles autorités. Celles-ci sont attendues avec impatience sur ce chantier par les acteurs de l'école parmi lesquels le Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup), la Coordination des syndicats de l'enseignement secondaire (Coses), l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) ou encore la Fédération nationale des associations des parents d'élèves du Mali (FNAPEM).

Depuis plus de deux décennies, l'école malienne végète dans une crise récurrente caractérisée par d'incessantes revendications corporatistes des syndicats d'enseignants ou de l'Association des élèves et étudiants du Mali et de débrayages. Les difficultés liées à l'insuffisance des infrastructures et du personnel enseignant ou encore aux effectifs pléthoriques dans les établissements ont aussi contribué à accélérer le plongeon.

Le Syndicat national de l'enseignement supérieur résume ses attentes en 4 points. Le Snesup souhaite que le nouveau pouvoir soit à l'écoute du monde des travailleurs de l'éducation, notamment des syndicats. Concernant particulièrement les enseignants et les chercheurs de l'enseignement supérieur, le gouvernement à venir devra veiller à l'amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. Pour ce faire, le Snesup demande d'application du protocole d'accord du 9 mai 2011 et la mise en ½uvre des recommandations du Forum sur l'éducation tenu en 2008. Dans le cadre de l'amélioration des conditions de travail des enseignants et des chercheurs, le syndicat demande, par exemple, que chaque chercheur soit doté d'un bureau et d'un laboratoire équipés.

Le Snesup préconise également le lancement d'un programme cohérent de formation des formateurs de l'enseignement supérieur et de la recherche. « Il existe déjà un programme dans ce domaine pour prendre en compte les préoccupations des assistants et des attachés de recherches dans le cadre de la préparation de la relève », explique Abdou Mallé, le secrétaire général du Snesup.

Autre doléance : le syndicat du supérieur veut l'amélioration de la gouvernance universitaire à travers l'appel à candidature puis l'élection des recteurs d'université ou des directeurs des grandes écoles.

La Coordination des syndicats de l'enseignement secondaire (Coses) attend, elle, du nouveau pouvoir de l'honnêteté et de la rigueur dans les actions. « Un pouvoir dominé par la malhonnêteté est voué à l'échec. La Coses ne laissera passer aucun acte d'injustice », prévient son secrétaire général, Adama Traoré.

La Coses demande au nouveau gouvernement de veiller au remboursement intégral des enseignants qui se sont retirés de l'Assurance maladie obligatoire (AMO). « Une grande partie des enseignants qui se sont retirés de l'AMO n'ont pas été remboursés comme l'avait promis le gouvernement », déplore notre interlocuteur.  La Coses demande également la concrétisation de l'octroi de statut particulier aux enseignants du secondaire et du fondamental et la poursuite des reformes en cours. « Les reformes sont bonnes, mais il faut une formation des enseignants pour leur application. Nous avons bien accueilli l'approche par compétence (APC) », a commenté Adama Traoré.

La Fédération nationale des associations de parents d'élèves du Mali (Fenapem) réclame pour sa part un audit du Programme décennal de l'éducation et de la culture (Prodec). « C'est un programme qui a été mis en place en 2001 sous la pression des partenaires techniques et financiers, sans consultation des autres partenaires de l'école », s'est insurgé le président de la FENAPEM.

Mamadou Lamine Diarra souhaite aussi la réhabilitation de l'école publique à travers des organes de gestion crédibles et efficaces. « Il faut une véritable refondation de l'éducation. L'école doit revenir aux parents d'élèves et aux enseignants consciencieux. Le nouveau président la République en est conscient », assure-t-il.

Be COULIBALY

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DES MESURES APPROPRIEES DE REDRESSEMENT

Répondant à une question sur le devenir de notre école le candidat Ibrahim Boubacar Keïta, avait répondu : « depuis 15 ans, la société malienne regarde, sans réagir, son école s'effondrer, prise en otage par les corporatismes et rongée par une corruption morale et une violence croissante. L'école malienne traverse une crise majeure, qui deviendra demain une crise sociale profonde si  rien n'est fait pour y mettre fin.
Les mesures de redressement viseront, notamment, à revaloriser la fonction enseignante, à moderniser les programmes d'enseignement, à renforcer les infrastructures du réseau scolaire, mais également à favoriser la formation professionnelle, à travers la création de plusieurs écoles de métiers, réparties sur l'ensemble du territoire national. Ainsi, nous allons répondre aux besoins réels de l'économie et de la société malienne, et former des jeunes partout sur le territoire. En plus, des mesures spécifiques découlant de la Refondation globale de l'École. Il s'agira de développer des politiques novatrices visant à accélérer l'éducation de la jeunesse en mettant l'accent sur la formation professionnelle, l'apprentissage, l'ouverture à la culture, le développement d'une pensée autonome, l'appropriation des facultés de réflexion, d'analyse et d'initiative, l'encouragement à l'expression ».

Un des challenges des nouvelles autorités sera, alors, sans doute de se donner les moyens d'appliquer cette thérapie proposée par le nouveau président de la République.

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ADAPTER L'OUTIL DE DEFENSE AUX NOUVEAUX DEFIS

Les différents candidats qui briguaient la magistrature suprême ont pratiquement tous mis l'accent sur la nécessité d'une reforme des Forces armées maliennes et de sécurité (FAMAS). Le président élu, Ibrahim Boubacar  Keita, qui connaît bien les conditions de vie et de travail de la « Grande muette », mesure l'ampleur de la tâche. Il a toujours fait état de sa volonté d'impulser le rééquipement et le réarmement moral des Famas. « L'une de mes priorités sera la sécurité des Maliens... Pour l'honneur du Mali, je rétablirai la sécurité sur l'ensemble du territoire national. Pour la garantir, je veux reconstituer une capacité de défense et de surveillance  du territoire. Je ferai voter et appliquer  de manière très rigoureuse  une loi d'orientation et de programmation militaire. Elle devra prévoir pour les 10 années à venir  les besoins nécessaires  pour remettre à niveau  notre appareil de défense et lui permettre de faire face aux nouveaux défis », a promis Ibrahim Boubacar  Keïta.

Dans son projet de société, il cite ses objectifs prioritaires par rapport aux forces de défenses et de sécurité : doter nos forces de défense et de sécurité des moyens humains, technologiques et matériels nécessaires à leur mission ; reformer la gestion des ressources humaines dans l'armée ; créer les conditions pour mieux utiliser les ressources financières des forces de défense et de sécurité ; améliorer les conditions de vie des troupes ; voter et appliquer une loi de programmation militaire correspondant aux besoins ; prendre l'initiative de l'aboutissement de la force de défense permanente africaine.

L'essor

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