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Inquiets, les travailleurs veulent sauver l’entreprise

C'est un SOS que les travailleurs de la compagnie Cnan Nord ont lancé hier lors d'un rassemblement à l'appel du syndicat d'entreprise. Les employés décrivent la Cnan comme une entreprise dans laquelle les dirigeants pèchent par incompétence chronique. La réunion d'hier a été émaillée par les cris d'«Irhal !», «Dégage  !» lancés à l'attention de l'actuel PDG. Ils manifestent  pour éviter une mise à mort de la compagnie maritime dans laquelle certains ont servi pendant plus de 25 ans. Les travailleurs menacent de renforcer leur mouvement de contestation si les dirigeants de la compagnie ne daignent pas prêter une oreille attentive à leurs revendications. Autrefois fleuron du secteur du transport en Algérie, Cnan Nord (filiale de Cnan Group) a aujourd'hui une flotte composée de quatre navires vétustes : Djurdjura, Djorf, Ibn Khaldoun et Ibn Sina. Tous à l'arrêt. «L'outil de travail est inexistant. Malgré toutes les promesses entendues, nous n'avons pas encore vu un navire portant fièrement le drapeau algérien», nous dit- l'un des travailleurs protestataires. «Qu'est-ce qu'ils attendent pour vendre les navires défectueux et en acquérir d'autres qui seraient plus adaptés à une compagnie comme la Cnan», s'écrie Yacoub Hassaine, secrétaire général du syndicat. «Pendant ce temps-là, ajoute en écho un syndicaliste,  ce sont les compagnies étrangères qui assurent l'essentiel du transport des marchandises vers l'Algérie. C'est, d'ailleurs, l'une des raisons pour lesquelles l'inflation est aussi importante.» Tous parlent de l'espoir né après l'annonce du lancement du plan de redressement de l'entreprise, avec une enveloppe budgétaire de 37,4 milliards de dollars pour l'acquisition de nouveaux navires. «L'Etat a mis en place un plan pour sauver l'entreprise, mais les responsables font tout pour aller dans le sens contraire», lance, dans la foulée, l'un des protestataires. Un autre ajoute : «Les responsables de cette entreprise doivent assumer leurs responsabilités, activer le plan de redressement de la compagnie ou prendre la porte. S'ils ne veulent pas servir leur pays et leur entreprise, qu'ils laissent la place aux hommes qui veulent travailler.» «On veut sauvegarder notre gagne-pain» Les travailleurs disent craindre que la mauvaise gestion de l'entreprise la mène à sa perte. «Nous voulons sauvegarder notre gagne-pain», clament-ils. «On nous dit que l'état financier des entreprises est désastreux, mais on ne se prive pas d'augmenter les salaires des cadres dirigeants», s'insurge Yacoub Hassaine. Et un autre syndicaliste de préciser : «Le pavillon national n'a plus qu'une part minime dans le transport des marchandises, car ils préfèrent travailler avec la flotte internationale.» Les marins en colère se plaignent du «mépris» qu'afficherait le directeur de Cnan Nord à leur encontre. «Il n'y a pas de négociation possible avec lui. Nous avons tenté, à de nombreuses reprises, de dialoguer avec lui, en vain. Lorsqu'on parle de régulation des contractuels, il parle de compression du personnel. Quand on évoque le partenariat entre le syndicat et les cadres dirigeants, il nous traite comme des minables», soupire Hassaine. Lui se bat pour une relance de la compagnie sur des «bases solides». «Les navires tombent en ruine, les marins ont peur d'y embarquer, explique-t-il. Et même si les responsables de la compagnie investissaient enfin dans l'acquisition, il faudrait encore faire des mises à niveau et former le personnel.  Et puis, bien sûr, il y a la question salariale qui revient sur le tapis.» «Nous sommes les travailleurs qui ont les plus bas salaires du secteur maritime», soulignent les syndicalistes. Ils se déplorent que l'écart entre les revenus des employés de la Cnan et ceux des méthaniers des compagnies pétrolières soit très important. Beaucoup de travailleurs de la Cnan, faisant partie notamment du personnel navigant, ont préféré rejoindre des compagnies pétrolières de transport maritime, car le salaire passe du simple au double.

El Watan

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