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L’exportation dope les transferts illicites

L'essentiel des cas d'infraction de changes constatés durant l'exercice 2012 concerne des cas de non-rapatriement de devises sur des opérations d'exportation», a déclaré hier le ministre des Finances, Karim Djoudi, en marge de la cérémonie d'ouverture de la session d'automne du Parlement.  L'Etat, a assuré le ministre des Finances, s'attelle actuellement à combattre le fléau des transferts illicites, en mobilisant l'ensemble de ses institutions compétentes et de ses organes de répression. De même, a-t-il indiqué, le dispositif de lutte contre le phénomène des infractions de change fait actuellement l'objet d'une évaluation aux fins d'y apporter des améliorations, si celles-ci s'avèrent nécessaires. Interrogé sur l'ampleur des transferts illicites de devises vers l'étranger, le ministre a souligné que sur l'exercice 2012, un peu plus d'un millier de cas d'infractions de change pour un montant total de plus de 17 milliards de dinars, ont été constatés et les PV établis à cet effet par les agents compétents ont été transmis à la justice.   Chaque année, a-t-il tenu à préciser, les cas de transferts illicites de devises font l'objet d'un compte rendu établi conjointement par le ministère des Finances et la Banque d'Algérie (BA), sachant qu'il s'agit d'une démarche relevant de la répression des infractions à la législation de change, sur la base de constats établis par des agents des Douanes, du commerce, de la police judiciaire et de la BA et dont les PV sont transmis automatiquement à la justice. Dans le même ordre d'idées, Karim Djoudi a fait savoir qu'une évaluation globale a été effectuée sur la situation du commerce extérieur de l'Algérie et le premier constat établi en la matière et que les importations ont fortement augmenté, notamment sur trois postes essentiels, à savoir les biens alimentaires, les produits pétroliers raffinés et les véhicules, le reste étant surtout des postes qui accompagnent traditionnellement la croissance, tels que les biens d'équipement. Sans détailler, le ministre s'est contenté d'indiquer que le gouvernement a également entrepris de procéder à un travail d'évaluation afin d'améliorer les mesures de régulation liées au secteur du commerce extérieur. Selon les dernières statistiques rendues publiques par les services des Douanes, rien que pour les sept premiers mois de l'année en cours, la facture d'importations de l'Algérie a déjà atteint le seuil critique de 33,04 milliards de dollars. Alors que l'excédent de la balance commerciale ne cesse de se contracter, la barre redoutée des 60 milliards de dollars d'importations risque fort d'être largement dépassée à la fin de l'exercice. Et à mesure qu'enflent les transferts de devises au titre des opérations de commerce extérieur, les montants des transferts illicites continueront vraisemblablement à suivre la même courbe d'évolution, quels que puissent être les moyens de répression  mobilisés par les pouvoirs publics.      

El Watan

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