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Sénégal: un nouveau gouvernement pour faire face

En nommant l'une de ses proches à la tête du nouveau gouvernement, le président sénégalais Macky Sall tente de répondre aux attentes de ses compatriotes, déçus par la lenteur des réformes socio-économiques promises à son élection triomphante.

"Avec la formation du nouveau gouvernement, le président Macky Sall montre qu'il a bien perçu le message des populations", explique à l'AFP un responsable de la coalition présidentielle, Malick Mbaye. 

"Il a compris que la cadence doit être accélérée"  en termes de réalisations et de satisfaction des préoccupations des Sénégalais", reconnait-il.

"Le niveau de satisfaction des populations est relativement bas" après 17 mois de pouvoir du président Sall, élu en mars 2012 face à Abdoulaye Wade qui était au pouvoir depuis douze ans, estime M. Mbaye.

Macky Sall a limogé dimanche le Premier ministre et ex-banquier Abdoul Mbaye, un technocrate, remplacé par Mme Aminata Touré, une responsable de l'Alliance pour la République (APR), le parti présidentiel.

Mme Touré a formé lundi une équipe de 32 membres contre 30 pour la précédente.

Essoufflement rapide

Abdoul Mbaye avait été nommé en avril 2012 pour s'attaquer aux "urgences sociales" mais a été victime d'un "essoufflement et d'une usure rapides", juge l'analyste Babacar Justin Ndiaye.

"Tout est urgent" dans le pays, déclarait après son élection triomphale en 2012 le président Sall, traduisant les difficultés quotidiennes des Sénégalais: coût de la vie, chômage, coupures d'électricité... 

Mais après 18 mois de présidence Sall, de plus en plus de Sénégalais estiment que les réformes promises tardent à se concrétiser.

Le pouvoir a plusieurs fois annoncé des mesures de baisse des prix de denrées de première nécessité comme le riz, l'huile et le lait, sans impact sur le coût de la vie, qui reste toujours élevé.

Les coupures d'électricité récurrentes, décriées sous le régime de M. Wade, se poursuivent et des inondations ont frappé ces deux dernières années Dakar et plusieurs villes de provinces.

"Les Sénégalais sont déçus. Ils sont découragés et sont en attente de la concrétisation des promesses mirobolantes faites par le candidat Macky Sall", a affirmé à la presse l'opposant Modou Diagne Fada.

Une équipe plus politique

Le gouvernement mis en place lundi renforce aussi le parti présidentiel, principale formation de la coalition au pouvoir. 

Au nom du slogan présidentiel "la patrie avant le parti", l'ancien gouvernement de M. Mbaye comptait des responsables des différents partis composant la majorité présidentielle, avec également des représentants de la société civile, comme le chanteur Youssou Ndour.

Avec Aminata Touré, c'est "un Premier ministre politique qui est à la tête d'une équipe politique", résume Babacar Justin Ndiaye.

L'APR "s'impose dans le (nouveau) gouvernement", avec une quinzaine de ministres, écrit mardi le quotidien privé L'Observateur, qui y voit "la satisfaction d'une doléance exprimée au plus sommet du parti" présidentiel.

La formation de la nouvelle équipe obéit à la volonté d'"appliquer pleinement le programme du président, qui a le souci d'être réélu (à la présidentielle de 2017) et de garder intact sa popularité qui est en train de s'effilocher", estime Babacar Justin Ndiaye.

Selon cet analyste, le nouveau gouvernement a également été mise en place "en prévision" des prochaines élections régionales, municipales et rurales prévues en mars 2014, qui seront un test majeur pour le chef de l'Etat.

Macky Sall avait été élu en mars 2012 avec plus de 65% des suffrages, se félicitant d'être devenu ainsi "le président le mieux élu d'Afrique".

Mais selon de nombreux observateurs, son parti, créé en novembre 2008, n'a pas encore une large représentation ni de forte assise dans le pays.

"Nous avons dans le pays une majorité plurielle avec une coalition de coalitions et des tiraillements, des télescopages d'ambitions et d'agenda. L'APR a souhaité une redistribution des rôles et des cartes" à son profit, juge encore M. Ndiaye.

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