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Le président somalien indemne après une attaque des shebab

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud est sorti indemne, mardi, d'une embuscade des islamistes somaliens shebab contre son convoi, près de la ville portuaire de Merka, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Mogadiscio.

"Des insurgés ont tenté de perturber le voyage du président (...) mais je peux vous confirmer que le président et sa délégation sont en parfaite santé et sont parvenus à destination, à Merka", a déclaré Mohamed Qorey, responsable militaire somalien, joint à Merka par l'AFP.

Selon un habitant de la localité de Bufow, Ibrahim Adan, contacté par l'AFP, "le convoi du président, constitué d'une vingtaine de véhicules blindés a été attaqué près de Bufow, mais ils ont pu reprendre leur route après 15 minutes d'échanges de tirs intenses".

Une source diplomatique à Mogadiscio, citant un membre de l'entourage présidentiel avec lequel il s'est entretenu, avait auparavant confirmé à l'AFP que le convoi présidentiel avait été pris dans une embuscade sur le trajet entre Mogadiscio et Merka et que le président et ceux qui l'accompagnaient étaient tous indemnes.

Des habitants de Merka ont indiqué à l'AFP avoir vu le président accueilli à son arrivée par des responsables locaux et saluant la foule. "Il se portait parfaitement bien et allait à la rencontre des gens venus le voir", a déclaré Nasir Abdirahman, contacté sur place par l'AFP.

Aucun bilan n'a pu être obtenu sur d'éventuelles victimes dans l'escorte présidentielle ou dans les rangs des assaillants.

Un porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab, avait affirmé dans la matinée à l'AFP que les insurgés islamistes avaient attaqué le convoi présidentiel peu avant Merka, dans Bufow, sans fournir de bilan de cette attaque.

"Nous avons tendu une embuscade au convoi escortant le président +autoproclamé+ de Somalie", a déclaré Abulaziz Abu Musab par téléphone à l'AFP, à propos du chef de l'Etat somalien, élu début septembre 2012 par un Parlement formé de chefs traditionnels, "nous surveillions tous ses mouvements".

Hors de la capitale, le chef de l'Etat somalien voyage habituellement sous la protection de troupes de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Contactée par l'AFP, l'Amisom, dont les 17.700 hommes épaulent l'embryon d'Armée nationale somalienne (SNA) dans le combat contre les shebab, a indiqué ne pas disposer d'informations dans l'immédiat sur cette attaque.

Merka est un ancien fief shebab, pris par l'Amisom fin août 2012.

L'élection d'Hassan Cheikh Mohamoud, portée à bout de bras par la communauté internationale, a été présentée comme le début du processus de reconstruction d'un Etat central dont la Somalie est privée depuis la chute du président Siad Barre en 1991, qui a plongé le pays dans plus de deux décennies de chaos.

Chassés de Mogadiscio en août 2011 par l'Amisom, les shebab ont depuis essuyé une série de revers militaires qui les a contraint d'abandonner la totalité de leurs bastions du centre et du sud de la Somalie. 

Mais ils contrôlent encore de vastes zones rurales et continuent de représenter une menace sérieuse pour le gouvernement central, qui peine à asseoir son autorité au-delà de Mogadiscio et de sa périphérie.

Le prédécesseur d'Hassan Cheikh Mohamoud, Sharif Cheikh Ahmed, avait échappé en mai 2012 à une embuscade des shebab contre son convoi près d'Afgoye, localité à une trentaine de km au nord-ouest de Mogadicio reprise quelques jours plus tôt aux islamistes.

Moins de 48 heures après son élection en septembre 2012, Hassan Cheikh Mohamoud avait été visé par un attentat suicide revendiqué par les shebab contre l'hôtel où il résidait dans la capitale somalienne en attendant d'emménager à Villa Somalia, le complexe ultra-sécurisé abritant la présidence.

Malgré l'optimisme affiché depuis un an, le jeune gouvernement du président Hassan Cheikh Mohamoud, présenté lors de son élection comme le premier véritable espoir de paix en Somalie depuis plus deux décennies, a peu à célébrer pour son premier anniversaire.

Parallèlement à l'affaiblissement des shebab, les chefs de guerre reviennent en force, les rivalités entre clans s'aiguisent et des régions affirment leur autonomie à l'égard du faible pouvoir central.

Le tout dans un climat de violence et d'insécurité persistantes, jusqu'à Mogadiscio, où la population subit à la fois les attentats des shebab et les agissements de la SNA, agrégat hétéroclite d'ancien miliciens, accusés de multiples violations des droits de l'Homme, dont de nombreux viols, un phénomène "généralisé" dans la capitale, selon l'ONU.

AFP

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