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Curage des collecteurs

Le District ne dispose pas assez de caniveaux et de collecteurs pour drainer les eaux de pluies

Les récentes inondations, dont ont été victimes plusieurs quartiers de la capitale, ont brutalement rappelé l'utilité de ces ouvrages

Le curage et la réhabilitation des collecteurs au titre de l’année 2013 s’effectuent actuellement dans le district de Bamako. Les travaux ont été officiellement lancés en juillet dernier par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa, au niveau du collecteur de « Ballassoko » près de l’ambassade de Russie. Outre le curage, les travaux d’entretien concernent aussi l’enlèvement, l’évacuation des déblais et la réhabilitation des bajoyers (réhabilitation du mur des collecteurs). Le coût total des opérations de curage se chiffre à 200 millions de Fcfa financés par le budget national. Les travaux sont répartis en 5 lots. Le premier lot concerne les collecteurs de « Banconi » (6000 mètres), de « Tienkolé » (2000 m), de « Molobalini » (2500 m). Ici, l’entreprise « Ibrahima Sacko et Frères » est chargée d’exécuter les travaux. Le délai d’exécution est de 30 jours. Le collecteur de « Banconi » est jonché de toutes sortes de débris et d'ordures sous les ponts, tandis que celui de « Molobalini » est de 50 à 60% de taux de remplissage sous les ponts. Le 2ème lot comprend les collecteurs de la commune II, de « Balassoko » sur 4500 mètres, de l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) sur 3800 m, Bagadadji et Niaréla (1700 m) et l’exutoire de N’Golonina sur 800 m. La longueur totale à curer est de 12500 m et la largeur est de 11600 m. Ici, si les travaux sont exécutés par l’entreprise « Debo construction »,i ls sont exécutés à 10,46% contre un délai consommé de 15%. Le délai d’exécution des travaux est aussi de 30 jours. La longueur à réhabiliter est de 100 mètres pour les collecteurs de « Ballassoko », 60 m pour l’OPAM et 1000 m pour celui de Niaréla. Quant au taux de remplissage, il est de respectivement 40%, 50%, 40%, 30% et 60% au niveau des différents collecteurs ci-dessus cités. Le 3ème lot regroupe les collecteurs de Badialan I (1400 mètres), Diafaranakô (4000 m), ASECNA (1500 m), Dontèmè II et Djikoroni-Para (500 m) et la mairie de la commune IV (500 m), les collecteurs de l’usine céramique (200 m) et du Motel (100 m). La longueur totale est de 8200 mètres linéaires à curer et 320 mètres linéaires à réhabiliter. L’entreprise Sambou Coulibaly est chargée d’exécuter les travaux de ces quartiers de la commune III et IV. Le lot 4 est composé des collecteurs de Daoudabougou I (1000 m linéaires), Daoudabougou II (1000 m) et Daoudabougou III (2400 m), de N’Torokorobougou marché (800 m), Baco-Djikoroni marché (3400 m) ainsi que la mairie de la commune V (2100 m). La longueur totale des collecteurs à curer est de 10.700 m. Les travaux concernant le collecteur de Daoudabougou se sont concentrés sur la réhabilitation de la partie finale de l'ouvrage. Le lot 5 touche les collecteurs maçonnés de Banankabougou (1390 m), de Sogoniko (2900 m), de l’Avenue UA (1190 m) et naturel de l’Association de santé communautaire de Niamakoro (ASACONIA) avec 2500 m et de « Kônibabla » à Djanéguéla (3600 m). La longueur totale des collecteurs est de 11580 m, dont 1100 m à réhabiliter. Blocage. Quant au collecteur de « Ballassoko, il est confronté à l’occupation anarchique de ses servitudes. Le pont reliant Niaréla au TSF est affaissé. De multiples ponts construits sans normes et la présence de câbles, de fils électriques et tuyaux de l’EDM constituent un blocage pour l'écoulement normal des eaux pluviales a constaté Drissa Traoré, le chef de la division Assainissement à la Direction nationale du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN). Certains collecteurs, notamment ceux de Ballassoko, de Niérala et de l’OPAM avaient été curés lors des actions citoyennes, mais les déblais n’ont pas été évacués. S’exprimant sur les inondations de mercredi dernier, Drissa Traoré a précisé que celles-ci étaient liées à plusieurs facteurs. Il impute la première cause à l'absence de caniveaux et de collecteurs pour drainer les eaux de pluies. La 2ème raison est l’occupation des emprises de certains collecteurs par des habitations. Les normes en la matière exigent de laisser 25 mètres de servitudes de part et d’autre. Autrement dit, les constructions doivent respecter la limite des 25 mètres pour ne pas empiéter sur les servitudes des collecteurs. Le spécialiste estime que le comportement des citoyens est aussi responsable des inondations. Les gens doivent cesser de déposer des ordures de toutes sortes aux abords des collecteurs et d’attendre que l'orage s'annonce pour les déverser dans ces ouvrages. Ainsi on y retrouve des ordures ménagères en passant par des appareils électriques, électroménagers, et autres objets encombrants. Drissa Traoré reconnaît également que la mauvaise conception ou construction des collecteurs constitue des obstacles pour les écoulements d’eaux pluviales. Il indexe l’insuffisance de dépôts de transit d’ordures et l’incapacité des groupements d’intérêt économique (GIE) pour exécuter correctement l'évacuation des déchets métalliques et plastiques. Ibrahima Coulibaly est un habitant de Konatébougou. Il fulmine contre les autorités communales et administratives. « Cela fait plus de 10 ans que notre rue est inondée du fait du manque de volonté des autorités communales de nous offrir des collecteurs ou caniveaux afin de drainer les eaux de pluies. Chaque année les pluies torrentielles font des dégâts énormes chez nous à Konatébougou. Et à chaque catastrophe naturelle, les autorités de la commune I, de la protection civile, les sapeurs-pompiers, la gendarmerie nationale ainsi que le commissariat du 12ème arrondissement nous envoient leurs techniciens pour constater les dégâts causés. Mais aucune suite favorable », a déploré Ibrahima Coulibaly. « C’est pour cela que nous avons battu campagne pour la candidate à l'élection présidentielle, Mme Haidara Aissata Cissé dite « Chato » qui était passée dans notre quartier. Nous lui avons dit que nous n’avions besoin ni de thé, ni de T-shirts, ni de pagnes ou autres, mais souhaitons seulement la réalisation d'un collecteur dans notre rue pour nous mettre à l’abri des eaux stagnantes. Elle nous a ainsi offert 1 million de Fcfa comme contribution, a indiqué Ibrahim Coulibaly. En plus de cette contribution, des chefs de famille ont accepté de cotiser afin de nous procurer un collecteur au grand soulagement des habitants de notre rue. « Depuis lors nous sommes à l’abri des inondations, des moustiques, des souris, des mouches, des cafards, ainsi que des eaux usées et pluviales, s’est réjoui le vieux Coulibaly.

S. Y. WAGUE

RD Congo : LES ELEPHANTS SEMENT LA TERREUR AU KATANGA

Des troupeaux de pachydermes sont sortis du parc Upemba et investissent depuis la mi-juillet les villages au grand dam des populations apeurées

Ces pachydermes, qui seraient à la recherche du pâturage, ont déjà tué une dizaine de personnes, détruit des habitations, ravagé des champs et provoqué des déplacements de populations. «Nous n'avons plus ni toit, ni sources de revenus», se plaint Alphonse Kilambwe, cultivateur au village Nkimba dans le territoire de Bukama. La famille Kilambwe est réfugiée depuis la mi-juillet à Bukama le chef-lieu du territoire, près de 80 kilomètres de son village, fuyant l'invasion des éléphants. «Ces bêtes ravagent des champs de manioc, d'arachides, de canne à sucre; des bananeraies, palmeraies… dans ces deux territoires», affirme Chirac Monga, le chef du bureau des affaires humanitaires du territoire de Bukama. Plusieurs villages de ces territoires, dont Mangi, Kabanza, Tshibinda, Kabenda… sont restés déserts. La situation humanitaire des populations poussées à l'errance, se détériore au jour le jour, ajoute Monga. A la mi-juillet, ces pachydermes étaient une cinquantaine à envahir les villages, explique Louis Bokalanagana, l'administrateur du territoire de Bukama. Mais leur nombre augmente progressivement. Aujourd'hui, ils sont plusieurs troupeaux qui sillonnent les plantations et les villages. «Ils ne laissent rien à leur passage», ajoute Bokalanagana. Tous viennent du parc Upemba situé entre les territoires de Bukama et Malemba-Nkulu à la recherche des herbes pour leur alimentation. Selon le bureau des affaires humanitaires du territoire de Bukama, l'invasion de ces bêtes a déjà fait d'importants dégâts matériels et humains. Les populations y ont perdu également des habitations et d'autres biens, en plus de leurs champs. «Ces bêtes ont déjà tué dix personnes et ravagé plus de 3.000 hectares de champs», indique Monga. Et comme les éléphants ne sont pas encore retournés dans leur milieu naturel, il craint une forte crise alimentaire pour les habitants de ces territoires dans les jours à venir. Dans le territoire de Malemba-Nkulu, les éléphants ont ravagé plusieurs hectares de cultures dans les groupements de Mondo et Bangwe. Les habitants fuient dans tous les sens. Les gardes du parc, impayés pendant des années, ne veillent plus sur ces bêtes et se sont reconvertis en agriculteurs. «A Bukama, l'afflux des villageois est important. Ceux qui n'ont pas de parent habitent dans les églises et les écoles, d'autres dorment à la belle étoile. Mais tous n'ont rien à manger», affirme Jean Pierre Mukenge, responsable d'une église de réveil. Trois missions composées des délégués de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), du Service provincial de l'environnement, du gouvernement et du parlement provinciaux sont se sont déjà rendues sur place. Elles ont évalué l'ampleur des dégâts et promis aux victimes l'intervention imminente du gouvernement pour retourner les éléphants dans leur habitat naturel. L'ICCN qui gère les parcs nationaux de la RDC, déclare avoir déjà mis en place un plan pour retourner au parc les éléphants en divagation. Il attend cependant que le gouvernement lui donne des moyens de mettre en ½uvre ce plan. «Organiser le refoulement de ces bêtes demande des moyens. Si le gouvernement met à notre disposition ces moyens maintenant, les éléphants vont rentrer tranquillement chez eux», assure le directeur du département technique et scientifique de l'ICCN, Martin Mbayima. Selon lui, ces pachydermes constituent le patrimoine national. Et pour leur permettre de vivre en bonne intelligence avec l'autre patrimoine qu'est la population, les autorités doivent agir de manière urgente. Le ministère de l'Environnement, dont dépend l'ICCN, rassure que le dossier est bien suivi. Intervenant sur la radio Okapi de l'ONU, le ministre de l'Environnement, Bavon Samputu, avait promis de donner une suite à cette question dans les prochains jours. Mais, Mbayima affirme que l'ICCN continue d'attendre le geste du gouvernement. Pourtant, le temps que l'attente prend suscite des inquiétudes chez les victimes, les défenseurs des droits de l'Homme et des droits de la nature. «Nos décideurs ne devaient pas prendre autant de temps pour simplement retourner les éléphants au parc», s'indigne François Mubenga, coordonnateur de l'Union paysanne des activistes des droits de l'Homme, une organisation non gouvernementale locale. Toutefois, les parcs nationaux devaient d'eux-mêmes faire face à ces situations, estime Jean-Pierre Mirindi, responsable du parc de Kundelungu. Mais, ils ne peuvent le faire cependant faute de recettes. «Les touristes qui craignent pour leur sécurité, ne voudraient plus visiter nos parcs et les recettes nous échappent», regrette-t-il.

L'essor

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